“Kor, maison du vent”, une création du Théâtre Talipot

Entre oppression et désir de vivre

2 mars 2006

Depuis l’année dernière, Saint-Paul, la ville de naissance du Théâtre Talipot, l’accueille à nouveau en son sein. Ses artistes répétent “Kor, maison du vent” leur dernière création, qu’ils présenteront à La Réunion puis en Afrique australe.

Le jour de la Saint Valentin, Yann Lucas, chargé de communication au Théâtre Talipot, s’impatientait dans le hall de la salle municipale de spectacle Leconte de Lisle à Saint-Paul. Au premier étage, les chorégraphes, le caméraman, le DJ, l’ingénieur du son, de la lumière s’harmonisaient pour la présentation de leur dernière création “Kor, maison du vent” aux partenaires et journalistes. Elle a vu le jour l’année dernière.
Au bout de quelques minutes, les créateurs de ce théâtre, Philippe Pelen Baldini et Thierry Moucazambo les accueillaient. Ils revenaient sur l’actualité et le déménagement précipité de Talipot de l’ancien dépôt de rhum de Pierrefonds à Saint-Pierre vers cette salle de spectacle depuis l’année dernière. Un retour aux sources car Talipot a vu le jour dans le berceau du peuplement en 1986. Depuis, Philippe Pelen Baldini n’a cessé d’imaginer et de donner vie à des spectacles. De ces rencontres avec les peuples du monde (les Réunionnais, les Mauriciens, les Malgaches, les Sud-africains, les Brésiliens, les Européens, les Chinois, les Australiens...) jaillissent des récits de vie autour de l’eau, la terre et maintenant le vent.

L’eau, la terre et maintenant le vent

“Kor, maison du vent” débute au son d’un rite des aborigènes d’Australie. Thierry Moucazambo, Raveendran Peringaden Sankuru - de l’Inde -, de Prema Santhanagopal - du Sri Lanka - appellent le vent. Sur un écran disposé sur les planches, Eric Angels projette des gros plans de ces artistes, des visages de femmes et de divinités. Thierry Allaire et Jako Marron les revêtent de lumière et de son. Les tableaux défilent et dénoncent les tortures faites aux hommes, femmes et enfants. Soudain, un homme armé et cagoulé surgit, et une voix dénombre les victimes tuées dans des dictatures et des démocraties. Les survivants se souvenant de ces actes de barbaries sont oppressés. Certains meurent, d’autres résistent pour vivre.
Mais certaines victimes se réfugient dans la prière. Elles y trouvent la paix et le pardon pour leur bourreau. Le petit groupe de spectateurs sortait de “Kor, maison du vent” estomaqué. La devise du Théâtre Talipot est : "Je suis les liens que je tisse". Depuis 20 ans, leur toile s’agrandit, et cette année, après une tournée réunionnaise de ce spectacle, les artistes s’envoleront pour des représentations en Afrique australe. Ils séjourneront aussi à l’Île Maurice auprès des métis, des Noirs, les défavorisés de cette République. Avec eux naîtront des performances.

Jean-Fabrice Nativel


Programme des prochaines représentations

o Salle Vladimir-Canter (Université de Saint-Denis)
les 7, 8, 9 et 10 mars 2006

Renseignements et réservations : 0262-48-95-06
o Séchoir (28, rue Lagourgue - Piton Saint-Leu)
le 25 mars 2006 à 20h30
Renseignements et réservations : 0260-34-31-38
o Théâtre Luc Donat (rue Victor Le Vigoureux - Le Tampon)
5 avril 2006 à 20h30
Renseignements et réservations : 0262-27-24-36

Réseau Otébiyé : 0262-300-800


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus