La Clameur : le groupe Lao, anlèr !

« Fé plézir anou ansanm »

11 février 2008

Lo Griyo en troisième position, Yaëlle Trules en seconde, la première place de la nouvelle clameur revient à Lao qui nous a offert sur scène une ambiance de kabar la kour, une prestation festive aux rythmes créoles oscillant entre ballade et pulsion maloya. De la poésie, que de la poésie...

Lao est né au début des années 2000 de la rencontre entre Steeve Chalon, Sébastien Técher et Mikael Kourto. « Tousa lé né dans les hauts Salazie. Dans une petite case, autour d’un feu ». se souvient Mikael Kourto. Le groupe naît et grandi dans les Hauts de Salazie, près de Mare à Vieille Place, au lieu dit “Karozin”, titre d’ailleurs d’un des recueils de poèmes de Mikael. Ils décident de s’appeler Lao, en référence aux hauteurs de l’île, là où ils puisent leurs forces, leurs inspirations.

Tout le monde chante

Depuis 3 ans, le groupe évolue avec une nouvelle formation, sans Steeve. Sébastien Técher au kayanm et au chant, Claudel Turpin, choriste, joue du rouleur et fait aussi “batteur de kayanm” (ça ne s’explique pas, ça se voit), Charly Lallemand, guitariste est également choriste tout comme Mikael Kourto, chanteur et musicien. Lao, c’est donc un groupe à plusieurs voix, un groupe où tout le monde chante et joue.

De la poésie et de la chanson

Rien de changé dans les orientations musicales : « Nou fé romans, maloya, fonnkèr... la poésie et de la chanson. Nout stil lé varié, lé difisil dir : ballade un peu jazzy, romance, plus maloya en passant par le reggae, le ska », confie Mikael, l’un des deux paroliers, avec Sébastien.
Samedi soir, sur la scène du Kabardock, ils ont interprété “Ekrir”, “Kabaré” et “Babadimoué”, des morceaux que vous pouvez entendre sur leur espace Internet : www.myspace.com/laolareunion.
Le texte de “Ekrir” se trouve également dans le recueil de Mikael Kourto “Kabarèr” (Editions Ka), celui de “Kabaré” est issue de son premier livre “Karozin” et fait référence par endroits au poète réunionnais Carpanin Marimoutou. Le dernier texte “Babadimoué” est plutôt un cri « pour apprécier ».

Communion avec le public

Ils ont donc fé pété la kol hier comme ils ont l’habitude de le faire à la kour mao, à Artsenik ou dans les bars, parfois en compagnie des zarboutan Ti Fred et Lansor. Cette victoire de la musique locale intervient après 2 semaines intenses où les membres du groupe ont enregistré leur première maquette avec Kaloubadia studio. Pour Mikael, écrire, chanter, partager est nécessaire : « C’est un équilibre, on a tellement de choses qui traînent en nous que les mettre sur un bout de papier aide à se sentir mieux. C’est un dialogue avec ou minm, tous les maux mis en mots, les joies les peines, les questions... Si ou ékri pa, i rès tro an ou ».

Entrer en scène

Le maître mot de Lao, c’est « Fé plézir anou ansanm », c’est d’avoir le plaisir de jouer ça sur scène, de rencontrer un public, de sentir cette communion, de garder un bon esprit entre tous, avec les gens. Et surtout de faire la fête. Et le public, samedi, était là, répondait. Le courant est passé, au-delà des attentes.
Ce premier Prix, ils espèrent que « va done anou plus de possibilité de jouer dans les salles avec un bon public, jouer à La Réunion et pourquoi pas à l’extérieur, trouver des partenaires que la envi de jouer avec nous ». C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Kozman Francky Lauret la ramasé


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