Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Billet d’humeur de Babou B’Jalah
9 août 2007

Quelle affreuse misère, quand quinze jeunes “kaniar” rouent de coups un jeune festivalier, abandonné à lui-même. D’autres festivaliers marchent pourtant près de lui, voient, observent la scène, sans la moindre intervention. Des portiers de la salle 211 avouent même avoir vu un jeune courir, avec derrière lui une bonne quinzaine de bagarreurs, mais n’interviendront pas. Nous traversons un pont, le stade de football et la boutique du chinois derrière nous. Nous voyons nous aussi un jeune criant au secours, appelant à l’aide. Derrière lui, les quinze “kaniar” veulent en découdre, disons plutôt abuser sur une tierce personne. Coups de pied au ventre, au visage, sur les côtes, au cou même. Le jeune festivalier reçoit également des coups de poing, mais n’a aucune chance d’esquiver tous les coups portés. C’est à se demander ce qui a pu générer autant de haine. Un des “kaniar”, vêtu de son survèt’ rouge, saute même les pieds joints sur l’abdomen du festivalier, alors qu’il était allongé par terre. « Oté, ga là lé mor, apré in kou parèy », crie un vieux rasta. Il reste figé sur lui-même.
Un confrère journaliste et moi-même témoins de la scène tentent le dialogue, expliquant qu’un autre coup de ce genre risque de tuer l’adolescent, déjà bien abîmé. Mais à deux, comment vraiment s’interposer ? Le même “kaniar” en survèt’ rouge, réitère son attaque, en sautant à nouveau les deux pieds en l’air. Malheureusement pour nous ou heureusement pour l’adolescent, le coup nous enverra tous deux par terre. Il paraît que j’ai pu dormir cinq minutes (c’est au moins ça de gagné pour récupérer du Sakifo). Entre temps, l’autre journaliste et une festivalière appellent les secours et les forces de l’ordre, ces derniers trop occupés à chercher le petit Alexandre et son ravisseur. Les pompiers arriveront cinq minutes en retard. Nous verrons quinze minutes après les événements une fourgonnette de la gendarmerie faire une petite ronde à travers Saint-Leu.
Bref ! pour le Sakifo 2008, prévoyez, en plus d’acheter vos billets à l’avance, de payer les services d’un garde du corps. Encore que, à bien y réfléchir, il faudrait que les vigiles du Sakifo apprennent à gérer ce genre de situation. Peut-être faudrait-il une présence policière sur toute la période du festival ! ou éradiquer l’artane, le riptol, le rivotrile, pourquoi pas l’alcool. Pour ce qui est du jeune festivalier, il a préféré fuir l’aide des pompiers, prétextant n’avoir pas le droit de boire en tant que mineur. En fait, il faudrait revoir la copie de la sécurité pour les festivaliers. Ce cas est certes isolé. Mais n’attendons pas qu’une grande baston dégénère. Je le dis sans pointer du doigt les organisateurs de ce merveilleux festival, sans même vouloir leur faire la morale. Mais bon !
Bbj
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