Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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4 août 2008

Jeux, échanges de savoir-faire, podium et repas en commun... la ZUP du Port était en fête samedi et dimanche, avec le soutien de Pass’Port et de nombreux partenaires.
Samedi, plusieurs associations étaient regroupées place Jean Monod, dans la ZUP, sous des tentes dressées sur le parking, au pied des blocs de la SHLMR.
L’association Pass’Port, et plus précisément son référent de secteur pour la ZUP, Olivier Mela, s’était entouré de plusieurs bénévoles pour l’organisation de ces journées. « C’est important de motiver les bénévoles dans ces activités. C’est devenu un rendez-vous annuel, pour réunir des gens qui se croisent toute l’année, chacun dans ses activités, et qui n’ont que cette occasion pour valoriser leur savoir-faire », a dit Olivier Mela. Autour de lui, les bénévoles animaient plusieurs activités de jeux pour les enfants du quartier : jeu de massacre, pêche à la ligne...
Les associations “Liaison” et des “chômeurs et mal-logés du Port” étaient là avec quelques-uns de leurs travaux. Un groupe d’habitants de la ZAC avait confectionné des gâteaux et préparé une petite loterie. Un podium attendait son heure en envoyant ses décibels vers les appartements voisins. Tant et si bien que les voisins, justement, sont descendus voir.
L’organisation avait prévu deux pôles d’animation pendant les deux jours. Samedi, à proximité du magasin Champion, près du Foyer des Jeunes travailleurs. Et dimanche, dans la ZUP communale.
Plusieurs partenaires se sont joints à Pass’Port dans la préparation : l’APM (les médiateurs urbains), le TCO avec deux bus d’animation - un pour l’informatique et un pour l’information sur le tri des ordures ménagères -, l’OMS, la SHLMR, la ville (avec Pass’Port), le Foyer des Jeunes travailleurs et le réseau “OTÉ” de médecine préventive contre les risques des abus de consommation de drogues. Ces derniers ont beaucoup discuté avec les membres des associations présentes (voir ci-après) et avec quelques jeunes du quartier. Ce n’est pas tant que la consommation y soit plus forte qu’ailleurs. Mais ici, comme ailleurs, « les jeunes ont surtout besoin de savoir à quoi ils touchent », explique l’un des animateurs du réseau dans l’Ouest.
La fête s’est très bien déroulée, dans une ambiance très conviviale où quelques liens se sont tissés avec les habitants de la ZAC. Eux aussi, à leur tour, feront une fête autour de leur centre d’animation. Encore des échanges en perspective !
P. David
OTÉ : Un réseau de prévention et de soins
Freddy Lebeau et Graziella Madzoubia, deux des bénévoles de la région Ouest de ce réseau de prévention et de soins, se tenaient à la disposition des habitants du quartier, samedi matin, avec beaucoup de documentation, des affiches et une grande disponibilité devant les questions ou les curiosités des gens. « Nous faisons beaucoup d’information pour l’éducation aux risques encourus. Tant de jeunes prennent du zamal sans savoir ce qu’ils prennent. Ils le font parce que nous sommes dans un pays producteur, où existe presque une consommation “culturelle”. Nous devons leur parler des risques qu’ils prennent », explique Freddy Lebeau, en faisant voir à un adolescent qui s’approchait une image du cerveau humain disposée sur la table, avec plusieurs couleurs identifiant les différentes parties. Dans le cannabis, le principe actif est le tetrahydrocannabinol (THC), qui agit sur le cerveau, mais on est encore assez éloigné de savoir tout ce qu’il y déclenche. Ce que les médecins du réseau Oté savent, c’est que le zamal de La Réunion a le plus fort taux de THC au monde, paraît-il : « 12%... alors que le taux est habituellement de 7% à 9% ailleurs. On est des bons ! », plaisante l’éducateur. « Notre action de prévention consiste plus à parler de la substance “drogue” - dans les différents produits - et des effets qu’elle provoque - y compris le plaisir, qu’il ne faut pas nier - plutôt que de manier la morale ou la répression », poursuit-il.
Question de métier. La discussion se met à courir sur les différentes drogues et les animateurs font émerger trois catégories différentes - les “stimulants”, les “dépresseurs” et les “perturbateurs” - dont les effets vont dépendre de la substance elle-même, de l’individu et du contexte. C’est l’équation “Effet = SIC” que le réseau s’efforce de diffuser pour mettre les gens - les jeunes surtout - devant leur risque et devant la possibilité, s’ils ne peuvent s’arrêter, d’au moins “apprivoiser” ce qu’ils absorbent.
Le réseau Oté est joignable dans l’Ouest à la Grande Fontaine (Saint-Paul) au 0262.45.19.26
PD
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