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4 juin, parNos peines
André Basson militant au PCR
11 avril 2009, par

Le 20 mai prochain, André Basson fêtera ses 76 ans. Une année de plus “à courir” les rues de l’Entre-Deux pour une vente militante de “Témoignages”. Adhérent au Parti Communiste Réunionnais, ce retraité agricole l’est depuis 1959.
Il est samedi matin à l’Entre-Deux, André Basson levé avec le soleil va et vient dans son jardin, écoute le gazouillis des oiseaux, le murmure du vent et guette surtout la venue du facteur. Il n’attend pas un mandat non, non, mais des “Témoignages”. Le voilà justement qui arrive déposant les journaux dans la boîte aux lettres. Pas une seconde à perdre, baskets aux pieds, ses “Témoignages” dans la main, il démarre une vente militante qui l’amènera de la Mare (le centre-ville) au Bras-long (un écart). Une petite marche de deux heures. Cette scène, André Basson la répète depuis longtemps et jusqu’à ce que ses jambes le porteront.
À l’orée de ses 76 ans, André Basson en pleine forme a l’esprit vif et sa mémoire est une réserve de vie de l’Entre-Deux. Elle déroule des pages d’histoire, de “zistoir”, des fournées d’anecdotes croustillantes. D’ailleurs, on les a recueillies et sans plus attendre, on les partage.
La vente militante de “Témoignages” le samedi
Vous voulez tout connaître de la vie de ce militant du Parti Communiste Réunionnais. Il naît le 20 mai 1933 à la Mare l’Entre-Deux. On parlera de son enfance et de la vie dans cette ville des hauts du Sud dans une prochaine édition. Dans celle-ci, on aborde son abonnement à Témoignages.
« Je m’abonne à “Témoignages” le 17 juin 1956 », confie-t-il et de préciser avec « Daniel Lallemand ». Il est vif, réfléchi et ses réponses spontanées. Il continue « il était venu animer une réunion et préparer un rassemblement avec les planteurs d’ici ». Ils revendiquaient « la modification du mode de partage des produits et sous-produits de la canne entre le planteur et l’usinier : 3 quart 1 quart au lieu de 2 tiers ». Bien après ses exigences ont trouvé des réponses. Mais il fallait bien commencer le combat. « Une centaine de planteurs de l’Entre-Deux s’étaient rendus à ce rassemblement », explique-t-il.
Mon abonnement avec Daniel Lallemand
Deux jours après le 19 juin, « je reçois “Témoignages” qui paraissait deux fois par semaine ». On y parlait « des revendications des planteurs ». « Une “Une” de l’année 1956 a retenu mon attention, elle est gravée dans ma mémoire : « La Fédération des exploitants agricoles est née » ». Attendez un peu ! Des souvenirs lui reviennent « cette fédération était présidée par Paul Dabadie, conseiller général, adjoint au maire de Saint-Paul Evnor Lucas et Agriculteur ». André Basson l’était agriculteur.
Bien avant son abonnement, André Basson lisait “Témoignages” comme son père Joseph Fidélis Basson, colon. « Mon père a même lu le premier numéro de cet organe de défense des sans défense », se plait-il à relater. « C’est Charly Rivière qui l’a acheté en 1944 à la criée à Saint-Pierre ». Dés lors, ils ont convenu s’abonner et d’y participer chacun de moitié. La note arrivait chez Charly Rivière. « Je me rappelle d’un article, il parlait de François Biloux communiste qui habitait la région de Marseille (France) ».
Souvenir de Charly Rivière
« Charly Rivière était gardien de cimetière, le père et maire de l’époque Dujardin le remercie et le remplace par “Ti Paul la mort” », raconte André Basson. Il devient charpentier « la famille Émile Payet lui a demandé de construire sur leur terre une case en bois sous tôle ou il habite tout en étant colon chez eux et Mme Pierre-die ». Les vents du cyclone 1948 dévastent les maïs, maniocs, patates de Charly Rivière. Il décide de tout abandonner et de partir cultiver la terre du côté de “Commandeur”, un endroit qui surplombe Grand-Bassin. « Il plante des songes, des patates car dit-il plantées dans la terre, le vent ne peut emporter ses cultures ». Il ne renouvelle plus son abonnement. « Mon père oui », dit André Basson avant de tomber malade en 1951 et à son tour de ne plus le renouveler et de décéder le 29 août 1952. Il a une famille de 11 enfants à nourrir. Cette année est marquée par « le procès de Sarahmito, conseillère générale et membre de la fédération du Parti Communiste Français à La Réunion », se ressouvient-il.
De 1951 à 1955, il ne reçoit pas “Témoignages” et n’a pas pu suivre « la campagne menée contre la fermeture de l’usine de quartier Français (Saint-André) en 1955 ». Sauf qu’à partir de 1956 jusqu’à ce jour, il reçoit chez lui son journal. Samedi prochain, il nous parlera de son adhésion au PCR depuis 1959 et camarade Maxime Beldan.
Jean-Fabrice Nativel
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