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Franc succès de la conférence de Danyel Waro

Maloya est Liberté

jeudi 21 septembre 2023, par Julie Pontalba


Hier soir, mercredi 20 septembre, Danyel Waro tenait une conférence à l’Université de La Réunion. Ouverte par Carpanin Marimoutou, la conférence de Danyèl Waro s’est poursuivie avec Salim Lamrani. Devant une salle comble, Danyèl Waro a évoqué pendant près d’une heure sa vie, l’oppression coloniale, son entouraz politique, et tout ce qui a fait de lui le combattant pour la Liberté qu’il assume, sans regret, sans animosité. Pour lui, Maloya est Liberté.


On se serait cru à une rentrée universitaire des étudiants en première année, il y avait bien plus d’étudiants que de places assises dans cette Amphi Geneveau qui en compte deux cents. Et pour cause, tous les ingrédients étaient réunis : un chanteur idole de plusieurs générations et un lieu destiné aux jeunes. C’était une rencontre naturelle. Et puis, il y avait de nombreux militants du Parti communiste réunionnais parce que l’histoire de Danyèl Waro et ses réflexions croisent celles du parti. Parmi l’assistance, bien sûr, de nombreux acteurs culturels, des défenseurs de la langue créole ainsi que des curieux désireux d’entendre et de voir cette personnalité hors du commun.

Une jeunesse entre amusement et dureté de la vie, va construire un homme révolté et un peu désinvolte. Il est très bon élève mais à mesure du temps il rejette les injustices. C’est une prise de conscience qui naît avec le climat de répression culturelle et politique. Son père est militant du PCR. Il parlera de la Fête de Témoignages avec son podium d’artistes de Maloya et une fête militante.

En 4e, il rend une rédaction en kreol ! À l’époque le créole est formellement interdit. Est-ce par inconscience ou par rébellion, toujours est-il que lui, l’élite de la classe, obtient un zéro. Il n’est pas révolté mais « trace son chemin ». Deux autres illustrations vont ponctuer cette expression. Il refuse de faire son service militaire et fera 22 mois de prison. Il en profitera pour écrire des textes en créole. Il fera un plaidoyer en faveur de la diffusion de la langue créole.

Entrecoupée de chants, dans un style de conteurs pour tenir l’audience, sa conférence donne à écouter et à étudier, tellement il a fait jaillir la philosophie de la civilisation réunionnaise et une certaine liberté à casser les codes. Beaucoup de codes. Par exemple, c’était la première fois qu’il s’exposait dans cette enceinte consacrée à l’étude et la recherche, notamment sur les phénomènes de société. Il n’accuse pas.

« Mi trace mon chemin », disait-il. Ce pourrait-être le titre de la Causerie que vous verrez bientot sur la chaine numérique de l’Université.

Julie Pontalba


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