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10ème anniversaire du groupe Salem Tradition
21 février 2008

10 ans, cela se fête. Et quand il s’agit de Salem Tradition, on invite à la fête avec beaucoup plus d’enthousiasme. N’oubliez pas de venir aux 2 soirées du 22 et 23 février prochains, à l’ancien Palaxa. La Grande Halle de Jeumon accueille une princesse du maloya, une voix féminine exceptionnelle.
L’histoire de Salem Tradition est rattachée à celle des Camélias, qui a vu naître Christine Salem, l’a vu grandir, l’a vu chanter, composer, s’investir pour son quartier. Bref, Christine Salem, c’est the “tantine la kour”, the “tantine La Rénion”, the “tantine Maloya”. A l’âge de 12 ans, elle gravait ses premiers textes. Sa première chanson, un blues en anglais, la destine tout naturellement pour le blues de chez nous, le maloya.
Elle commence, à la guitare, quelques morceaux, qu’elle chante dans les rues avec quelques copains. L’aventure commence. En 1997, elle fonde son groupe, Salem Tradition. Sons africains et réunionnais se mêlent aux sonorités indocéaniques, pour un maloya blues costaud. Comment oublier la première rencontre avec cette voix de blues ? Je ne m’y résous pas. Pour Salem, les débuts sont prometteurs, et le groupe connaît un succès lors du Kabaréunion de 2000.
Salem Tradition suivra Ziskakan dans sa tournée et assure brillamment la première partie. Nous voilà emportés par la voix envoûtante de Christine, accompagnée de Nadège Ichambe au chœur. Le groupe rencontre son public, sur les scènes locales, dans les bars aussi, dont le mémorable L’Escobar, du temps des bons concerts la kour. Et puis, avec Salem Tradition, c’est aussi le voyage du maloya, sur les 5 continents, le groupe ayant marqué les esprits au Womex 2002. Et 3 albums, "Waliwa" (2000, Réunion Music), "Krié" (2003, Cobalt) et "Fanm" (2005, Cobalt), qui ont reçu bonnes critiques aux niveaux national et international. S’il fallait parler de la presse locale ! La force vocale, et rythmique, de ce groupe précieux pour le rayonnement du maloya a donc percé au-delà de nos frontières.
Après Mémé, Tantine Zaza, et tant d’autres, le paysage musical est marqué par cette femme du maloya, cette artiste au grand cœur, qui n’a pourtant jamais délaissé sa fonction première, aider les siens. Christine Salem est aussi travailleuse sociale, et le fait savoir. C’est fièrement qu’elle contribue au développement de son quartier, si souvent décrié. Et pourtant, quel quartier de vie, d’histoires, de contes, de chanteurs, et chanteuse. Christine Salem est une figure incontournable du maloya réunionnais.
La fête, la fête...
Les 22 et 23 février, c’est la fête à Jeumon. Notez-le de suite dans vos agendas. “La kiltir, Zanzio, la Kiltir...”. Une culture maloya, qui porte haut la voix de la femme. Nathalie Natiembé, Laurence Beaumarchais, Belinda Justine, Ker Fanm et notre Tantine Zaza nationale. Les maloyèz ont la part belle ce week-end, et ouvrent le rond pour Pink Floyd, Danyèl Waro, Lindigo d’Olivier Araste, et Arsène Cataye, ce grand chanteur de maloya qui mériterait à davantage de notoriété. Et puis, comment ne pas “kraz maloya”, danser, quand les rythmes nuancés du groupe Simangavol claquent le pas fouetté du moringèr ?
La fête ne promet pas d’être belle. Elle le sera sûrement. Chantera la Christine Salem, kayanm entre ses mains, avec son groupe du feu de dieu, qui force le respect. Les voix d’abord. Celle de Christine prend au cœur. On ne peut nier aussi l’importance de la présence de Nadège Ichambe. Deux voix de femmes nuancées, soutenues par voix d’hommes, et une force rythmique somptueuse.
Les percussionnistes sont réputés pour leur efficacité redoutable. David Léocadie, Vincent Philéas et Odilon ne sont plus à présenter, et notamment sur la planète Maloya. Ce sont des étoiles, disons même du quatre étoiles. Alors, à demander si la fête sera grande, c’est forcément Oui. Et donc, on ne peut pas manquer l’événement. On se retrouve donc à la grande Halle de Jeumon à Saint-Denis, à 20 heures. 22 février, Gran Lanivèrsèr. 23 février, Rogaton. Et vous connaissez l’adage, « kan na pu... n’ankor ».
Le vendredi 29 février, Salem Tradition donne un concert plus intimiste, mais “defé mounoir”, à Saint-Paul, à la Salle Leconte de Lisle, à 20 heures. Une exposition sur le Groupe et son quartier, proposée par les jeunes des Camélias et du Chaudron, retracera ce parcours envié d’un groupe qui perce, avec à l’esprit le développement de son quartier, l’affirmation d’une musique, le Maloya. Mon dieu ! le meilleur de notre pays...
Babou B’Jalah
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