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1er juin 2007

Ethnologue, résistante et opposante à la torture en Algérie, elle a fêté mercredi dernier son centenaire.
Pionnière de l’ethnologie, résistante de la première heure, opposante à la torture en Algérie, Germaine Tillion fêtait ce mercredi 30 mai ses cent ans avec ses proches dans sa maison à l’orée du Bois de Vincennes.
Née le 30 mai 1907 à Allegre (Haute-Loire), Germaine Tillion fête son centenaire dans sa maison de Saint-Mandé (Val-de-Marne) où elle vit depuis un demi-siècle, en présence de sa sœur, âgée de 98 ans, de sa nièce et de quelques proches.
Les chanteurs, qui interprèteront à partir de samedi au Théâtre du Châtelet à Paris "Le Verfügbar aux Enfers", une "opérette-revue" dont elle a écrit le texte au camp de concentration de Ravensbrück, viendront chez elle pour lui en chanter quelques passages.
Jamais joué sur scène et inédit jusqu’à sa parution au printemps 2005 aux éditions de La Martinière, le "Verfügbar" (mot désignant les prisonnières corvéables à merci, "à la disposition" des SS) est une grinçante parodie d’opérette en trois actes qui cite notamment l’"Orphée aux enfers" d’Offenbach.
Germaine Tillion y évoque l’horreur concentrationnaire avec un humour noir voulu comme un antidote à la barbarie nazie.
Premier réseau de résistance
De 1934 à 1940, la jeune ethnologue réalise quatre missions dans le massif montagneux des Aurès (sud-est algérien) sur la population berbère chaouia.
De retour en métropole en juin 1940, lors de la débâcle, Germaine Tillion, révulsée par le discours de Pétain annonçant l’armistice, cherche dès le 17 juin à résister et participe à la fondation du Réseau du Musée de l’Homme, le tout premier des réseaux de la Résistance.
Dénoncée et arrêtée en 1942, elle est déportée l’année suivante à Ravensbrück où elle résiste en restant ethnographe décrivant l’univers concentrationnaire. Cachée dans une caisse, elle écrit son "opérette-revue" sur l’enfer des prisonnières, pour distraire ses compagnes.
En 1957, en pleine bataille d’Alger, elle réussit à obtenir pour quelques semaines l’arrêt des attentats contre l’arrêt des exécutions capitales de militants du FLN, après une rencontre secrète avec Yacef Saadi, chef militaire de la région d’Alger. En même temps, Germaine Tillion s’élève avec véhémence contre la torture avec l’historien Pierre Vidal-Naquet ou le journaliste Henri Alleg.
Depuis 2005, une école de Saint-Mandé porte le nom d’Émilie et Germaine Tillion, par ailleurs l’une des cinq Françaises à avoir été élevée à la dignité de grande croix de la Légion d’honneur.
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