Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Saint-Gilles
23 octobre 2008

Le défilé préparé à Saint-Gilles les bains par l’Office du Tourisme, ce samedi, prend place dans une fête culturelle du village - de Carosse au port - réhabilitant certains aspects trop galvaudés de la culture réunionnaise. Gran Mèr Kal est une des grandes victimes d’une interprétation hâtive et malveillante. La municipalité rend cette année Gran Mèr Kal aux enfants.
Ce samedi, les enfants sont invités par d’autres enfants, de l’association Marmaillous à Carosse, à se joindre à un défilé costumé avec Gran Mèr Kal et un train de percussionnistes, danseuses “africaines” et moringèr. Le défilé va converger vers la place Paul J. Bénard où plusieurs démonstrations et spectacles les attendront, ainsi que des ateliers, de l’artisanat, des jeux...
Au nombre des spectacles : du moring, des danses, des contes dits par Ketty Lisador, les Vwadhéva et Yaëlle Trulès pour clore la soirée sur la place Bénard, tandis que l’esplanade des Roches noires résonnera des tambours bénédictins et des accords des groupes Andemya et Lindigo.
Alors pourquoi "réhabiliter" Gran Mèr Kal ? Huguette Bello était avec les membres de l’office du tourisme pour évoquer cette figure très connue de l’imaginaire réunionnais.
Mais d’abord, elle a voulu faire taire certaines rumeurs qui font croire depuis mars que la municipalité laisserait tomber Saint-Gilles et ses activités. Huguette Bello a apporté un démenti très net, en réaffirmant son soutien « aux commerçants eux aussi confrontés à cette conjoncture économique qui n’en finit pas de se dégrader, et dont le gouvernement UMP et ses représentants locaux portent une part de responsabilité ». Les projets d’aménagement de la municipalité vont, au contraire, porter la plus grande attention à la redynamisation de Saint-Gilles dans le cadre du développement touristique de l’Ouest et « en concertation avec les commerçants et les riverains ».
Les animations comme le défilé porté par l’Office du tourisme - avec le soutien de deux sociétés sponsors - ont leur place dans cette perspective. Et donc, Gran Mèr Kal aussi, que tous les enfants connaissent par le jeu de “Gran Mèr Kal kèlèrilé ?”
La manifestation est, pour cela même, dédiée aux enfants, avec l’organisation d’un concours de poésie sur la thématique de Gran Mèr Kal auquel plus de 300 enfants de 15 écoles de la commune (CP/CE1 et CE2 à CM2). Les poèmes seront exposés à l’Office du Tourisme.
P. D
Pour plus d’information sur le programme : [email protected]
Qui est Gran mèr Kal ?
La légende a produit plusieurs figures de Gran Mèr Kal. Selon l’artiste Florans Waro, c’était une esclave de La Réunion, une femme fière, avec de grands pouvoirs car elle savait guérir par les plantes et avait le don de parler aux esprits. Même les maîtres la respectaient et la craignaient. Un jour elle s’est enfuie (la parti maron) avec sa fille et son petit-fils Ti Kala. Rattrapée par les chasseurs de noirs, la petite troupe a été assassinée et jetée dans un ravin. Et les gens dirent que Gran Mèr Kal, avec tous ses pouvoirs, a continué de vivre en âme errante et qu’elle revenait pour venger Tikala. On dit aussi qu’à la nuit tombée, elle vient en oiseau Fouquet, en bébèt Tout, pour voler les enfants.
La maire de Saint-Paul a rappelé hier les écrits de Rose-May Nicole, qui viendra raconter la légende à la chapelle Pointue, pendant la semaine créole et ceux de Catherine Lavaux. Toutes deux racontent l’histoire d’une femme qui aurait perdu la raison après la perte de son fils, et serait allée jeter son corps dans l’océan à la Pointe du Diable, réapparaissant à la nuit tombée en poussant le cri du Fouquet, semblable à un cri d’enfant. Elle aurait dit avant de mourir qu’elle reviendrait sous cette forme avertir les familles d’un malheur qui va leur arriver. Le cri du Fouquet est pour cela perçu comme un signe de mauvaise augure.
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