Culture et identité

Grande fête du maloya dimanche à Sainte-Suzanne

Un partenariat entre la commune, la Région et l’Éducation nationale

Manuel Marchal / 26 septembre 2018

L’édition 2018 de la Fête du maloya organisée par la Région en partenariat cette année avec la Mairie de Sainte-Suzanne et l’Éducation nationale sera marquée notamment par une grande soirée au Bocage Lucet Langenier le dimanche 30 septembre, en présence de nombreux artistes, afin de commémorer l’anniversaire de l’inscription du maloya sur la liste du Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, le 1er octobre 2009.

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Un groupe de Sainte-Suzanne présent hier lors de la conférence de presse.

Le 1er octobre 2009, une action de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise était couronnée de succès : le maloya était inscrit sur la liste du Patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Cet événement marquait la reconnaissance de plusieurs décennies de combat menée par le Parti communiste réunionnais et des acteurs culturels sur plusieurs points. Pour tout d’abord que survive le maloya, victime de la répression des autorités de l’époque et interdit d’antenne. Pour ensuite le faire connaître, ce qui fut notamment marqué par la production par le PCR des premiers disques de maloya, à la suite du 4e Congrès du Parti en 1974 qui avait vu le maloya monter à la tribune par l’intermédiaire de Firmin Viry. Enfin, pour qu’il soit l’égal d’autres pratiques culturelles de civilisations qui ont contribué au peuplement de La Réunion, tâche qui fut accomplie par la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise auprès de l’UNESCO.
C’est cette date du 1er octobre qui constitue la raison d’être d’une manifestation organisée par la Région et qui vivra cette semaine sa 7e édition : « La Réunion célèbre le maloya ».

Le temps fort à Sainte-Suzanne

Hier à la Maison du Patrimoine de Sainte-Suzanne, une conférence de presse était tenue par les différents partenaires. Représentant le maire de Sainte-Suzanne, Anselme Vitry a souligné que « le maloya est un facteur d’identité » et que « le classement au Patrimoine de l’humanité a une importance capitale ». Il a rappelé l’engagement de longue date de la commune dans la promotion des éléments structurants de l’identité réunionnaise et de l’histoire de notre île. Sainte-Suzanne a d’ailleurs été le lieu de vie de plusieurs personnages qui ont joué un grand rôle. Il y eut notamment Edmond Albius, inventeur de la fécondation artificielle de la vanille alors qu’il était esclave, et qui mourut dans le plus grand dénuement alors que son invention permit l’accumulation de fortunes colossales. Il y eut également le Rwa Kaf, un Zarboutan nout kiltir, qui fut un des acteurs de la promotion du maloya.
Anselme Vitry a également mis l’accent sur le temps fort de cette commémoration : une grande journée culturelle organisée le 30 septembre au Bocage Lucet Langenier. Elle sera conclue par plusieurs concerts dont celui de Danyèl Waro.

La représentante de la Région, Aline Murin Hoarau, a mis en avant « une commune à laquelle elle est très attachée » et a souligné son action dans l’organisation de cette manifestation de la Région sur le territoire de la Municipalité de Sainte-Suzanne. Elle a dit en substance qu’elle a permis une union sur cette question.

Un combat à poursuivre

Delphine Collin, déléguée académique à l’éducation artistique et culturelle, a souligné l’ampleur de l’implication de l’Éducation nationale dans ce partenariat. 90 écoles sont concernées, 77 ont reçu la visite d’artistes et 13 se rendront au village du maloya les 27 et 28 septembre à l’ancienne usine sucrière de Stella Matutina. Le maloya pénètre donc de plus en plus dans les écoles, grâce notamment au travail d’enseignants qui intéressent les jeunes à cette part du patrimoine réunionnais.
Même si la lutte menée pour la reconnaissance du maloya permet aujourd’hui une diffusion sans contrainte, Laurent Dalleau, membre du groupe de Danyèl Waro, a rappelé que rien n’est acquis. Il faut toujours se battre pour que cet état de fait perdure. Cela passe par le soutien de jeunes qui veulent se lancer dans le maloya.

M.M.