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Slam...
2 mai 2008

Slamaster en règle avec son art, slameur, cela va de soi, poète conscient, fervent défenseur de l’indocéanie, Stefan Hart de Keating est de ceux qui disent les choses du fond du cœur, se rappelant de l’enfance authentique, de la nèf corail de Robert Edward Hart, son grand-cousin mauricien, mais toujours avec l’esprit voyageur. C’est un poète globe-trotter, « comme Rimbaud », aime dire Patrice Treuthardt.
Il se définit comme « poète, slameur, aventureux de l’océan Indien ». L’océan Indien, qu’il veut marquer de son empreinte, comme a su le faire Robert Edward Hart. Si Stefan est converti aux règles du slam, il n’en demeure pas moins un fervent défenseur de l’œuvre laissée par une plume mauricienne. Il raconte avec ardeur la vie originale de ce poète, osant afficher son homosexualité, et prônant le partage des cultures, la tolérance des religions les plus diverses. Robert Edward Hart aura nourri notre regard sur l’océan Indien. "La mère indienne" est un recueil mettant à l’honneur l’indocéanisme. On sait aussi de lui qu’il fait parti de ces écrivains de l’avant-garde qui, avec Jules Hermann et Malcom de Chazal, ont pensé la lémurie, mythe fondamental, donnant à regarder autrement les cultures de l’océan Indien. N’allons pas jusqu’à dire que Malcom de Chazal n’aurait jamais écrit "Pétrusmok" si Robert Edward Hart ne l’avait mis en lien avec Jules Hermann. Ce sont 3 auteurs révélés par le Grand océan. Stefan est, lui, révélé par le slam. Et c’est un bien pour la mise en relation des beaux causeurs de langue, des fonnkézèr aux poètes en passant par les slameurs.
Défenseur du slam, mais pas contre le kabar
L’ambassadeur aujourd’hui, c’est Stefan Hart de Keating. Que dis-je ! Marc Smith, fondateur du mouvement slam, a trouvé son plus fidèle apôtre, lui qui prêche le slam dans toute sa noblesse. Bien loin de Chicago, et des scènes dédiées au slam à travers la planète, Stefan entreprend de délivrer les langues, délier les bouches cousues. Né en 1971, Stefan a toujours été poète. Cela coule sous le sens. Mais, comme il le dit lui-même, c’est le slam qui lui a donné l’élan salvateur. L’histoire du slam, il la connaît sur le bout des doigts. Dans les années 1980, on voyait naître des matchs entre bons causeurs, mais ouverts aux seuls initiés. Rien à voir avec l’esprit du slam, qui veut que tout le monde puisse dire, crier, chanter, vomir, scander, vociférer, mais dans un temps défini, sans accessoires, ni instruments de musique.
En 2002, la rencontre avec le slam se déroule à Paris, pour Stefan. C’est Pilote le Hot qui l’initie. De retour à Maurice, il tient des ateliers, fait découvrir le slam. Il fera un petit détour sur notre île, et rencontrera des poètes réunionnais, dont Patrice Treuthardt. Le slam réunionnais n’est pas encore né. Il faudra attendre Slam la kour pour pallier à cette carence. Cela ne doit pas aller à l’encontre du kabar, le rond des fonnkézèr réunionnais. D’ailleurs, Stefan Hart de Keating s’est toujours défendu de vouloir porter atteinte à cet espace de parole réunionnaise, tout comme son année de slam à Madagascar ne peut déjouer les fondamentaux du Kabary. Pour autant, le slam est une mouvance qui prend de l’ampleur. Bon nombre de jeunes Réunionnaises et Réunionnais s’y intéressent, comme l’auront si bien démontré les derniers ateliers tenus par le slamaster mauricien.
Vous avez dit visa
Stefan Hart de Keating a toujours une actualité mouvementée, et tant mieux pour lui. Des ateliers à Maurice, à Rodrigue, à La Réunion. Récemment, il nous présentait son dernier recueil, volontairement slamasterisé, "Pages d’une vie". Cette année, du mois d’août au mois d’octobre, Stefan Hart de Keating tiendra plusieurs ateliers, avec Slam la kour, notamment pour la tenue d’une grande interscolaire, où les jeunes slameurs des collèges et lycées réunionnais pourront affronter leur slam. Par ailleurs, durant le mois d’octobre prochain, il organise un stage de slamaster, pour tous ceux qui veulent organiser et tenir selon les bonnes règles une soirée slam. Reste qu’il faut que l’artiste puisse profiter d’un visa. Et oui, les artistes des îles de l’océan Indien se félicitent de la création de la Commission de l’Océan Indien (COI), mais regrettent tous les tracas douaniers.
Il n’est pas facile pour les citoyens de la COI de se déplacer d’une île à l’autre. Voilà qui mérite toute l’attention des autorités compétentes, tous ceux qui prônent la coopération entre les îles de l’océan Indien. Cela commence par la culture ?
Bbj
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