“Nout léritaz”, 3ème album de “Ras mélé”

Hommage aux ancêtres et regard sur la société

4 janvier 2006

Fin décembre de l’année dernière, les “maloyers” du groupe “Ras mélé” lançaient “Nout léritaz”, leur 3ème album. Ces Saint-Louisiens souhaitent transmettre cet héritage ancestral aux générations de l’Internet et des jeux vidéos vivant dans un monde valorisant les vibrations en vogue.

En 2001, les musiciens de “Ras mélé” présentaient leur 1er album maloya “Met ansamn”, puis 2 années après, un 2ème, “Mangoustan”, et en décembre dernier “Nout léritaz”. Charles-Henri Guelon, auteur et compositeur des 9 titres de cet album, pose son regard sur la société présente.

"Aswar nou kraz maloya"

Pour Charles-Henri Guelon, le maloya représente "un médicament". Avec les chants “Ouvé, ouvé pa”, “Nout léritaz”, “Liberté”, “Kisa milé”, il exprime son attachement à cette musique trop longtemps réprimée. "Ouvé oui ouvé pa, mi sa dann kabaré, trap ton kayanm, mèt ton sapo mimi, aswar nou kraz maloya". Les paroles - "la mizèr monmon la po pasé isi, paké zafèr po péyé" - posent le problème de l’augmentation du coût de la vie à La Réunion et les conséquences sur les ménages les plus modestes. Les mêmes nana in “paké zafèr po péyé”.

"Zot la pa asé fé lo kouyon..."

Charles-Henri Guelon est fier d’être Réunionnais. Mais son cœur se remplit de tristesse lorsqu’il porte son regard vers le berceau de l’humanité. Il regrette les guerres et les divisions des peuples du “Péi monmon”. "Zot la pa asé fé lo kouyon dann péi la gèr", chante-t-il. En effet, certaines puissances étrangères maintiennent depuis des années ce climat de souffrance, d’insécurité, où des familles, des populations entières meurent de faim.

"Travaye po bondié"

Des artistes comme Danyèl Waro soutiennent “Ras mélé” pour la transmission du maloya aux générations du monde virtuel et des jeux vidéos. À l’occasion d’une rencontre avec la veuve de Gramoun Baba, cette dernière lui fredonne "travaye po bondié, mi plant an lèr pié coco-o-o, la sézon pankor arivé, li doman a mwim maï po kasé". De ces mots naît “Nout zancet”.
Charles-Henri Guelon tient à remercier la mairie de Saint-Louis et ses commerçants pour leur contribution. Par le biais de ces partenaires, “Ras mélé” se produisait à Paris et à Lyon l’année dernière. Il souligne aussi l’implication de l’association “Mouvman maloya”, d’Elisyen Béton "pou son coudmin dan lo bann tex", de Mickaël Talpot "pou laranzman bann voi" et du lycée Antoine Roussin "pou le prêt d’une salle de répétition".

Jean-Fabrice Nativel


“Nout Léritaz” (extrait)

Dépi mon péi lé né
Nout sante maloya
Nou sante maloya oué
Oui nou sante
Po fé fann nout traka

Dépi mon péi lé né
Nou fé kabaré
Nou fé kabaré oué
Oui nou fé po la mémwar nout zancèt

Sa nout maloya
Sa nout gayar sa la pa volééé
Sa nout kabaré
Sa nout gayar sa la pa volééé


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