Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
30 juillet 2004

- Interco-CFDT : "La légion d’honneur pour le Rwa Kaf"
Marlène Rodier, secrétaire adjointe du syndicat Interco-CFDT : "Gérose Barivoitse, dit Le Rwa Kaf, a contribué à enrichir la culture réunionnaise.
À une époque où le maloya était considéré comme subversif et était combattu, il a par sa détermination donné vie à cette musique de douleur et d’espoir, il l’a sorti du “fénoir”. À La Réunion, quelques artistes, trop rares peut-être, ont participé à cette lutte.
Aussi, nous considérons que ce patrimoine doit être préservé et honoré. Le Rwa Kaf a accompli une œuvre d’intérêt national. Il a perpétué la tradition, il savait que sans racine, nous ne sommes rien, sans passé, il n’y a pas d’avenir.
De kabar en kabar, il a pu honorer ses ancêtres et perpétuer avec d’autres toute la malgachitude de l’identité réunionnaise.
Au-delà des nombreux chercheurs passés chez lui afin de relater et questionner le sens, lo Rwa reste assurément l’homme des sirandanes, des “romans” gravés à jamais dans la mémoire réunionnaise.
Possédé jusqu’à l’âme que tes helu bilu viennent “ravager” davantage tout ton peuple pour que ce dernier affirme enfin avec fierté toute son authenticité.
Pèz si la ké kayman mon zanfan.
Il appartient à présent à chaque famille réunionnaise de raconter l’histoire du Rwa Kaf à ses enfants, à l’École de l’enseigner.
À ce titre, nous demandons solennellement aux autorités préfectorales d’attribuer à titre posthume la Légion d’honneur au Rwa Kaf, car il a œuvré “avec authenticité” à la préservation d’un patrimoine culturel.
Nous sollicitons le soutien des différentes assemblées départementales, régionales et communales.
“Lao Sainte-Suzanne, Néna lo Rwa Kaf
I zoué Maloya
I soulaz lèspri
Diaou minm, i fé roul zami”.
- Rasine Kaf : "Merci pour ces funérailles intenses"
Ida Latchimy, président de l’association Rasine Kaf : "Monseigneur Aubry merci !
Merci d’avoir permis au Rwa Kaf cette célébration culturelle et religieuse.
- Culturelle, parce que ce fut son combat de mettre en l’air ce maloya cabaret, transmis par ses parents, qu’il a chanté avec sa mère.
Par le courage qu’il a eu de le chanter encore et tout le temps en ralant sa pioche dans les champs de canne alors que c’était interdit. Par sa volonté de le transmettre à ses enfants d’abord dans sa case chemin 3 frères. Puis aux Réunionnais par la voix des artistes venus apprendre chez lui, pour le diffuser plus encore.
- Religieuse, parce que ce furent des funérailles tellement intenses de spiritualité qu’avec le chant de Danyèl ce n’était plus seulement lui qui chantait, mais toute l’assistance avec leur cœur, avec leurs yeux gonflés de larmes. Tous ceux qui étaient là dans cette église pleine, priaient Dieu à leur façon avec le curé et pour le Rwa.
Merci au curé qui a su, par sa messe en créole, animer cette cérémonie. Une célébration de cette force réconcilie les Réunionnais avec leur passé, et peut être un début de réparation.
Merci encore pour le Rwa, et pour nous, descendants d’esclaves et d’engagés."
Nos peines
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