“De Confucius à Qu Yuan”

Humanisme, courage et poésie chez les lettrés chinois

31 juillet 2006

Les éditions Azalées publient selon l’actualité. La parution de l’essai d’Edith Wong Hee Kam “De Confucius à Qu Yuan” ne saurait être sans lien avec la fête de Guan Di qui vient de se terminer.

Même si la parution du dernier livre d’Azalées Éditions est proche de la célébration de Guan Di, cette fête ne saurait être seule à l’origine de ce choix éditorial. Christian Vittori travaille davantage sur ce thème depuis l’année de la Chine en France. Il a d’ailleurs organisé depuis une nuit de la poésie autour du Prince Vinh San et a fait paraître un premier ouvrage sur la fête chinoise du double cinq avant de s’intéresser à la vie et à l’œuvre de Qu Yuan.

Suicide rituel

Christian Vittori nous explique son intérêt : "Qu Yuan est un disciple confucéen, il connaît très bien les classiques chinois, est proche du courant taoïste. Deux fois exilé, il meurt en se sacrifiant dans une rivière. Il est celui qui a provoqué un électrochoc dans la conscience du peuple chinois par son engagement politique et son engagement littéraire. Il est le premier à employer le “je” dans sa poésie, le premier à introduire l’individu dans la poésie chinoise".
À propos de son sacrifice, l’auteur Edith Wong Hee Kam parle de suicide rituel : "ce dernier constituait non seulement un acte de désespoir, mais était aussi et surtout une forme de protestation contre la corruption régnante." La célébration de la fête du Double-Cinq commémore le jour de sa mort.

Confucius et moi...

L’auteur s’attache à montrer quelles ont été les répercussions de Confucius, créateur de l’humanisme chinois, sur les lettrés chinois. Non seulement sur la figure emblématique du poète Qu Yuan, mais jusqu’à aujourd’hui. "Naître chinoise à La Réunion. Mais non n’être que chinoise. Etre aussi créolophone, francophone, sinophone. Et avoir trouvé dans son berceau tant de richesses de civilisations qu’il a été difficile de démêler un écheveau aussi complexe. Il a fallu du temps pour remonter à certaines sources, dont celle de l’influence de la pensée de Confucius", confie-t-elle. "Confucius et moi (...) c’est une longue histoire. Sa tradition qui a rayonné avec tant de force au-delà des frontières de la Chine a fini par me rattraper sur ce caillou planté en plein Océan Indien.

Francky Lauret


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