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LE PORT
22 septembre 2008

Pendant le mois du Ramadan, l’iftâr - le moment où les musulmans rompent le jeûne - est un événement quotidien important que l’association Islâhoun-nissâ a voulu partager samedi avec d’autres citoyens de la Ville. Elle n’avait pas choisi par hasard le week-end de la fête du patrimoine pour tendre la main aux autres.
L’association Islâhoun-nissâ’ est une association de femmes musulmanes menant des activités autour de la vie de la medersa de la mosquée chaféite de la cité maritime, rue de Nîmes. Les femmes se retrouvent dans une salle de prière installée au domicile d’une grande famille du Port, la famille Omarjee, soit pour lire et débattre de questions liées au partage de leur foi, soit pour des activités telles que pâtisserie ou brocantes.
Samedi, l’iftâr - le repas pris en fin d’après-midi pour rompre le jeûne du Ramadan - préparé par les femmes de la medersa et leurs élèves a pris une ampleur inhabituelle avec l’invitation lancée à d’autres portois et portoises à partager un goûter fastueux.
Pendant que les hommes rompaient le jeûne au premier étage de la medersa de la mosquée, les femmes de l’association, les élèves et leurs enseignantes ont accueilli dans une maison voisine des élues de la ville, des syndicalistes et quelques-unes de leurs amies pour leur faire partager ce moment.
Elles avaient mis beaucoup de soin à préparer la rencontre. Les fillettes ont entonné un chant de bienvenue, puis offert une rose blanche aux invitées. D’autres, un peu plus âgées et déjà collégiennes, avaient écrit avec lucidité et humour un sketch mettant en scène les conflits qui peuvent naître, dans les familles musulmanes, entre générations différentes, au sujet de la pratique ou de l’absence de pratique religieuse.
Les jeunes femmes qui animent les rencontres religieuses deux fois par semaine, ont été formées pendant 5 à 6 ans dans des universités à Londres, en Afrique du Sud ou en Inde. Elles sont intervenues pour exposer à l’assistance le sens du jeûne et de l’iftâr, dans la tradition musulmane, puis sur l’eid-ul-fitr et le travail habituel de la medersa.
Tout comme son collègue Ismaël Ibrahim resté avec les hommes, Mémouna Patel, élue au conseil municipal du Port, a fait le lien entre la communauté musulmane et les invitées. « En ce jour de fête du patrimoine, protégeons notre “patrimoine du vivre ensemble” » a-t-elle dit aux personnes rassemblées dans la cour, où a eu lieu un échange de questions et remarques entre les jeunes femmes musulmanes et les invitées.
Ce fut ensuite le partage du repas - la soupe de la fraternité (hâslim) et de très nombreux gâteaux, salés et sucrés, confectionnés là encore dans un souci de mélange des cultures, avec des tartelettes, des sortes de quiches et de pizzas, des gâteaux d’origine indienne et d’autres d’origine comorienne.
Cette initiative d’une petite partie de la communauté musulmane - qui s’est excusée, en raison d’un espace limité, de ne pas avoir pu élargir le nombre des invitations - a été très bien reçue par les élues du Port et les autres invitées. Manuela Valsin, Nadège Bénard, Huguette Poulot, Sabine Letoullec, Paule Wolf, Edwige Lebreton, Chantal Séraphine, Gisèle Adois et bien d’autres ont fait part à leurs hôtes de leur satisfaction devant ce moment d’échanges, pour mieux se connaître et s’apprécier. Cette rencontre a en effet été l’occasion de découvrir des parcours individuels différents, certes très absorbés par la religion, et cependant très proches de ce que peuvent vivre d’autres femmes dans la société réunionnaise.
P. David
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