Culture et identité

« Il a interdit en direct de parler créole »

Culture et identité - Langue créole à l’école

Témoignages.re / 16 avril 2008

Le Principal d’un collège interdit à un de ses élèves de s’exprimer en créole aux journalistes d’une télévision locale. Il estime donc que la seule langue bonne à parler est le français. Est-ce à dire que le système éducatif français fait machine arrière ? Faut-il encore se battre pour faire valoir la place de la langue et de la culture créoles à l’école ?

Le chef d’établissement est fier du journal scolaire, qui prône l’ouverture sur les activités de son collège, et favorise le lien entre cycle scolaire, de l’école primaire au lycée. “Katrépis” est un outil de qualité en effet, produit exclusivement par les élèves. On y lit un titre en créole, les élèves revendiquant « sé nou la fé ». On peut y découvrir un groupe de maloya, qui chante, je l’espère, en créole. “Katrépis” vante même la langue “régionale” castillane. Le film “Bienvenue chez les Ch’tis” de Dany Boon a bien évidemment conquis le cœur des collégiens, reflétant la richesse culturelle française. Bref, “Katrépis” n’oublie pas les langues et les cultures régionales, quand bien même il s’agit de langues et de cultures minorées.
Pourquoi le Principal du collège Adrien Cerneaux a-t-il interdit à un de ses élèves de s’exprimer en créole dans un reportage d’une télévision locale ? Quand on sait qu’il s’agissait d’un reportage du journal en créole, on pourrait se demander s’il ne s’agissait d’un message fort, d’un “anti-langue-créole-à-l’école” ? Est-ce encore un des fils spirituels du Vieux Tangue ? Est-ce par simple respect d’une consigne académique ? Cela nous étonnerait en fait, puisque la place du créole à l’école est en respect de la loi. Et nous ne sommes plus du temps où l’on brimait les élèves récalcitrants qui “causaient” mauvaise langue. La loi Deixonne, vous dis-je !

Pour quelles raisons ?

Pourquoi le Principal du collège s’est ouvertement prononcé contre le créole ? Est-ce par peur du qu’en dira-t-on ? Peut-être que l’explication est du fait de la présence de l’inspecteur d’Académie ? Ou est-ce tout simplement pour marquer sa ferme volonté d’éradiquer le créole, comme certains s’y sont résolus depuis belle lurette, sans y parvenir ? S’il s’agit du qu’en dira-t-on, sachez que bon nombre de penseurs, de médecins, de professeurs, de banquiers, de grands patrons réunionnais, mais aussi de chômeurs s’expriment en créole, sans pour autant souffrir de lacunes en langue française. Sachez aussi, puisque de nombreux scientifiques l’affirment, que parler créole ne nuit pas à l’apprentissage du français, ni de l’anglais, de l’espagnol, de l’italien, du chinois, et j’en passe. Si cet interdit s’explique par la présence de l’inspecteur d’Académie, sachez qu’il est comme tout le monde. En poste à La Réunion, il doit être capable de s’insérer dans la société qui l’accueille, comme on le demande si facilement à un “étranger” malgache ou comorien. Et je n’ose imaginer que ce chef d’établissement se range derrière les promoteurs de l’éradication du créole. Ce serait dire qu’il a interdit de parler créole, sans arguments.
Pourquoi l’entretien devait-il se faire en français ? Seulement pour faire bon genre ? Par souci de ne pas dénigrer l’effort pédagogique ? Parler en créole n’est pas dénigrer la pédagogie. Un collège placé en Zone d’éducation prioritaire serait-il stigmatiser, parce qu’un de ses élèves s’exprime en créole ? Quelle différence établit-il entre le français et le créole ? Reconnaît-il le créole comme une langue après tout ?

La lang kréol sé in lespèss la pa loin mor

Voilà qui soulève encore la question du créole à l’école ! Pourquoi s’entêter à lutter contre un bilinguisme nécessaire ? Les Réunionnais ne peuvent pas se séparer de leur langue maternelle, comme ils ne doivent pas se désintéresser de la langue nationale. Les parents préfèrent l’odieux sacrifice. « Moin lé pa dakor mon zanfan i koz kréol dann lékol. Odrémié li koz bien fransé, li va rant gran. Moin mi panss le dirèktèr na rézon intèrdi kréol dann lékol, sirtou kan i koz èk in journalis. Demoun va kroir marmay lé mal édïké, i aprann mal lékol », déclare un parent d’élève. C’est nourri d’incohérences. Il aurait fallu donc dire, puisqu’il prône des déclarations en français aux médias : « Je ne suis pas d’accord que mon enfant parle créole à l’école. Il vaut mieux qu’il s’exprime aisément en français. Je pense que le directeur est dans son droit en interdisant le créole à l’école, surtout quand on s’adresse à un journaliste. Les gens croiront que l’enfant a une piètre éducation, qu’il n’est pas un bon élève ». Mais bon ! Un professeur de créole souligne le défi actuel, pour convaincre les parents de la place importante que tient l’enseignement du créole. « Les parents pensent que le créole nuit à l’apprentissage du français, parce que certaines personnes du monde éducatif véhiculent des idées en ce sens. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi un Principal de collège s’est aussi facilement donné en spectacle devant les téléspectateurs réunionnais. Il a interdit en direct de parler créole », poursuit-il.
Un père de famille fait appel à la logique. « Té po in journal an kréol, lé normal le marmay i koz an kréol. Mèm si lékol i rann aou intélijan, i fo nior la lang nout moman nout papa. Toultan banna i di anou i fo prézèrv nout lorijinalité, nout lespèss andémik. Dawar, la lang kréol sé in lespèss lé pa loin mor, moin mi di koz ali », déclare-t-il.
Où sont les associations protectrices de la Nature réunionnaise ?

Bbj


Respect pour la langue créole

Les Verts-Réunion réprouvent le positionnement contre l’usage de la langue créole à l’école et finalement passéiste d’un personnel de Direction de l’Académie de La Réunion qui a interdit à des collégiens de s’exprimer en créole, dans la cour de l’établissement, devant une caméra de télévision.
Les Verts-Réunion ne veulent pas faire une attaque personnelle.
Ce comportement est symptomatique et reflète malheureusement un vieux réflexe ancré à La Réunion qui considère le créole comme une sous-langue qui nuit à la réussite des élèves.
Nous rappelons que le Réunionnais a besoin de se sentir respecter dans ses racines et ses origines pour pouvoir construire son identité et se sentir français dans sa différence culturelle.
Les Verts-Réunion ne souhaitent pas se lancer dans une guerre contre l’Education nationale, qui a fait beaucoup d’efforts ces dernières années dans la valorisation de la langue et de la culture réunionnaises.
Les Verts-Réunion profitent de cet incident pour rappeler que le créole fait partie de notre patrimoine culturel. Vouloir bâillonner le créole, c’est nuire à l’épanouissement des Réunionnais.

Pour les Verts-Réunion
Les porte-paroles régionaux
Véronique Denes et Vincent Defaud



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Messages






  • Malheureusement pour le créole il y a des pressions de la part de réunionnais aussi et surtout !!!, des réunionnais sans doute nostalgiques des temps coloniaux, pour que l’école ne lui donne pas son statut de langue...l’institution scolaire peut et doit aller contre ce lobby post colonialiste, les textes officiels existent, ils donnent toute sa place au créole. Appliquons-les avant que notre langue ait disparu, absorbée par le français...

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  • Je ne comprends pas bien où vous situez le problème ? La question n’est pas doit-on ou peut-on apprendre le créole a l’école ! Mais maîtrise t-on le français à l’école ? des scientifiques on conclu que l’apprentissage du créole ne nui pas à la maîtrise du français ; grand bien leur fasse, à eux et à nos enfants qui s’en trouverons enrichis. Le créole, ne crions pas au loup, n’est pas prêt de disparaitre, ce qui serait souhaitable c’est que les partisans de l’apprentissage du créole aillent au delà des arguments d’origine, d’identité, de culture...il n’y à pas à discuter d’une vérité. Le créole est et sera la langue des réunionnais. Mais après... Quand un de ces marmailles, poussé par la pression démographique (on sera bientôt plus d’un million d’âmes sur un territoire qui ne grandi pas) et un taux de chômage fantasmagorique (n’en déplaise aux plus optimistes, on ne créera jamais assez d’emploi pour tout le monde) , ira voir du coté de la métropole pour s’assurer un avenir décent, j’espère pour lui qu’il aura été en bon termes avec ses profs de français !

    Voir en ligne : kaina

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  • Nous sommes encore à parler de ce qui est bien ou pas pour nos enfants et leur avenir:c’est normal !Une chose est certaine:laisser aux enfants s’exprimer dans la langue avec laquelle ils se sentent plus à l’aise pour communiquer.L’acculturation est très grave comment voulez-vous faire intégrer à un enfant ou adulte autre chose s’il n’est pas en accord avec lui-même ?Ce chef d’établissement a un patronyme à consonnance bien de chez nous a t-il un complexe d’existance face à un collègue métropolitain ou pour image personnelle :"je suis Réunionnais je sais parler le français et surtout je sais mener mon établissement"....Laisser les gens vivre leur unicité au contraire ça leur permettra une prise de conscience :"qui ils sont et ceux qu’ils veulent devenir"qu’ils soient en zone prioritaire ou non.Soyons fiers de ce que nous sommes il ny’a que nous et nous seuls à gérer notre identité cela ne nous empêchera nullement d’être de bons éléments en classe et de bien maîtriser la langue française et autre selon les options choisies.Tant que nous aurons honte de nous rien n’avancera...

    Voir en ligne : INTERDICTION EN DIRECT DE PARLER CREOLE

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  • a la reunion ont méprise la langue créole , un constat sévére se sont toujours les meme qui méprise la langue créole , se sont ses descendant de colonialistes d’antemps qui une foi palanqué a la reunion se voit au dessus du lot , ils nous ressort les éternelle idées reçu sur notre culture notre façon d’etre , notre culture créole les dérangent ! pauvre reunion , les corse sont des warriors , les ch’tis de france et de la reunion nous devance ils sont fier de leur langue maternelle , sans oubliez les bretons fier de leur culture spécifique .

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