Tribune Libre

In pié dboi san rasine i tienbo pad bout !

16 octobre 2008

Sans désir d’alimenter une polémique, je souhaiterais néanmoins apporter quelques précisions en réponse aux différentes parutions récentes de la presse quotidienne.

Tout d’abord, les subventions reçues par Ziskakan n’ont toujours été versées que pour appuyer des projets précis permettant de valoriser notre culture tant à La Réunion qu’à l’extérieur de notre île.
Ils nous ont permis notamment de parvenir à hisser la musique réunionnaise au travers du titre "Kaskasnikola" au top ten de Californie durant plusieurs semaines en 1994.
En 1997, "Soley Glasé" a reçu le prix Kora Awards à Sun City en Afrique du Sud, récompensant le meilleur groupe d’Afrique de l’Est sous la présidence de Youssou N’Dour.
En 2007, c’est le prix Césaire du meilleur groupe qui a été attribué à Ziskakan et à Gramoun Sello pour la musique traditionnelle.
Chaque année le soutien non seulement d’institutions mais aussi et surtout de sponsors privés que je remercie vivement, a permis au groupe de poursuivre son travail durant ces 30 années.
Ce soutien est indispensable pour nous, comme pour les autres artistes réunionnais car, les concerts joués à La Réunion et même hors de notre île ne peuvent permettre de maintenir un statut professionnel aux artistes. Les cachets perçus étant, en effet, insuffisants à faire vivre les musiciens et les coûts des transports aériens pour les tournées ne pouvant être rentabilisés par les seules dates de concert, même lorsqu’elles sont nombreuses.
Quant à la subvention du Conseil Régional, il s’agissait d’une convention passée avec plusieurs groupes de La Réunion pour 3 ans afin de les aider à maintenir et développer leur statut professionnel tant à La Réunion que hors du département. Je me suis exprimé pour défendre mon métier de musicien.
Contrairement à ce qui a été affirmé, c’est parce que la subvention que nous devions percevoir n’a pas été versée dans son intégralité que le projet de résidence d’artiste avec de grands musiciens indiens n’a pu aboutir.
C’est d’autant plus dommageable pour le rayonnement de notre culture que différents projets en découlaient, comme la réalisation d’un DVD sur lequel un producteur privé s’était engagé. Deux chaînes de télévision indiennes étaient également intéressées par le projet. J’avais également pensé à associer à cette réalisation de nombreux artistes réunionnais, musiciens, plasticiens, conteurs, slameurs...
Lorsque je m’exprime pour m’élever contre les salles de spectacles réunionnaises trop peu souvent enclines à programmer des artistes locaux, ce n’est pas bien sûr pour Ziskakan, mais si des groupes reconnus ne peuvent accéder à ces salles, qu’en sera-t-il pour les jeunes artistes ?
D’autre part, quand j’interpelle NRJ, mon intention est seulement de lancer un appel à la responsabilité de chacun des acteurs de notre culture.
Enfin, depuis toujours, Ziskakan a soutenu de jeunes artistes en leur offrant de partager la même scène. C’est ainsi que récemment Loïc Païnay, les jeunes du Centre d’Education Motrice de Sainte-Suzanne, Slam Lakour ont pu se produire sur scène en première partie de Ziskakan et ainsi se faire connaître du public.
Dans le passé, de nombreux groupes ont été produits ou enregistrés par Ziskakan : il en est ainsi pour la première cassette de Baster ou Zordi, Zoun Lézard Vert...

In pié dboi san rasine i tienbo pad bout !

Gilbert Pounia


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