Devoir de mémoire pour les Engagés...

... indiens, chinois, malgaches et africains au Lazaret

13 novembre 2006

Par devoir de mémoire, des descendants d’Engagés indiens ont eu, samedi matin, une pensée pour tous les Engagés venus de l’Inde, de la Chine, de Madagascar, de l’Afrique autour d’une stèle posée au Lazaret à la Grande Chaloupe, à La Possession. Cela sa passait au 19ème siècle. Dans les bateaux qui les mènent vers l’île de La Réunion, les hommes comme les femmes ont connu les pires humiliations. Tout au long de ce voyage, de nombreux morts ont été jetés à la mer. Au Lazaret, des milliers d’hommes et de femmes, venus dans l’espoir d’améliorer leur condition de vie dans l’île, ont été placés en quarantaine dans une infirmerie. Après une traversée cauchemardesque, la sélection pour une main d’œuvre servile et corvéable s’opérait.

Une main d’œuvre servile humiliée

Le Lazaret pour cette main d’œuvre marque la fin d’un long périple. Certains y trouvaient le repos éternel. Aujourd’hui, il ne reste que quelques tombes comme témoins de cette histoire réunionnaise et française, passée jusqu’à peu sous silence. Une partie de ce patrimoine a été réhabilitée récemment, mais il est nécessaire de continuer ce travail de sauvegarde pour les générations futures.

La hache de guerre est enterrée

Événement. En public, les représentants des associations tamoules ont décidé d’enterrer la hache de guerre. Les intervenants ont tour à tour exprimé cette promesse en présence du Président de la Fédération tamoule de La Réunion. Certains avaient les larmes aux yeux.

L’action fraternelle

La stèle où se sont recueillis ce week-end les enfants de descendants d’Engagés, a été érigée en toute illégalité. Mais ceci est de l’histoire ancienne ! Une seule façade de ce monument est habillée à ce jour d’une plaque en mémoire des Engagés venus de l’Inde. Il en reste 3 autres pour les Engagés en provenance de Chine, de Madagascar et d’Afrique, et pour tous les autres Engagés qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Que ce souhait devienne réalité !

L’engagé, un prisonnier lui aussi d’un espace clos : la plantation

Les esclaves comme les Engagés ont assuré la croissance économique de l’île. Ils ont fait le bonheur et la fortune des grands propriétaires des sucreries de la colonie. Après l’abolition de l’esclavage, les affranchis désertent les habitations et les plantations. Pour eux, retravailler pour les anciens maîtres est une chose impensable. Une absurdité ! La colonie pour pallier ce manque recrute ailleurs. L’Engagé n’est pas un homme libre en réalité. Il est le prisonnier d’un espace clos, la plantation, et son habitation est un camp. Il est à la merci de l’engagiste qui ne paie pas ou fait des retenues sur les salaires de misère. Il a signé un contrat pour 5 ou 10 ans.
Par tous temps, des hommes ont dû se battre, combattre, se sacrifier pour obtenir leur liberté. Ce n’est pas fini d’autant qu’il y a l’égalité et la fraternité à gagner pour tous.

J.-F. N.


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Messages

  • Merci pour votre article, il n’est jamais inutile de remettre une couche.
    En remontant la famille de mon mari, nous avons trouvé son AAGP un engagé chinois marié à une affranchie africaine. Déjà je trouvais ce couple courageux, avoir des enfants et les élever ça tient du miracle. J’ai une profonde tendresse pour ces ancêtres qui au fil de mes recherches généalogiques, me font découvrir un peu de leu vie. Et je ne cesse de chercher, j’aimerais tant en savoir plus. cordialement Dany BARET


Témoignages - 82e année


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