Miel Vert : journée avicole demain

Informer les éleveurs sur le développement durable

11 janvier 2007

La fête Miel Vert commence vendredi à la Plaine des Cafres, avec une première journée consacrée à la filière avicole. Les éleveurs sont invités à y participer. Deux conférences sur l’environnement leur seront réservées. L’une sur les aides pour un élevage soucieux de la protection de la nature, l’autre sur l’utilisation des effluents d’élevage pour la production d’énergie. Il s’agira surtout d’une journée d’information pour les éleveurs. Aucune volaille ne sera exposée.

Faute de poulaillers pour les accueillir sur le site de Miel Vert, les volailles ne seront pas présentes à la fête. Miel Vert met de toute façon traditionnellement à l’honneur les bovins, et il s’agit seulement de la deuxième participation de la filière avicole à la foire. Mais la première journée sera bien consacrée à la filière avicole.
Des éleveurs pourront ainsi répondre aux questions du public sur l’élevage des volailles à La Réunion, même si la journée a d’abord pour objectif d’informer les éleveurs sur le développement durable. Deux conférences sont ainsi organisées par la FRCA et l’ARER. L’une sur « la réforme de la PAC, l’éco-conditionnalité des aides », et l’autre sur « l’utilisation énergétique des effluents d’élevage ».
Pour faire découvrir au public les saveurs des poulets péï, « une gamme de produits transformés sera présentée : rillettes, pâté en croûte, merguez... », précise James Hoareau, Président d’Avipôle Réunion, la coopérative de production de volailles péï.
Cette découverte gustative se poursuivra dimanche prochain. Les éleveurs préparent un barbecue géant, gratuit, avec 80 kg de volailles élevées à La Réunion. La dégustation aura lieu le week-end, pour permettre à un plus grand nombre d’y assister. « C’est une façon de faire connaître nos produits, à la fois le goût et la traçabilité. Nous avons l’habitude d’organiser ces barbecues géants. Nous l’avons fait à Sainte-Suzanne et à la foire de Bras-Panon », rappelle James Hoareau.
Cette coopérative, créée en 2005, regroupe une centaine d’éleveurs sur les 115 que compte le département. 75% des éleveurs de volailles ont des exploitations dans les Hauts.
Poulets fermiers, dindes fermières, pintades, canards, oies... ce sont 12.500 tonnes de poulets vifs qui sont produits par an. Les éleveurs disposent en moyenne de 700 m2 de production, ce qui correspond à 10.000 poulets. Les éleveurs péï fournissent les marques bien connues comme Crête d’Or et Ti Gayar. « Mais La Réunion consomme 30.000 tonnes de volailles par an.
Plus de 50% des volailles proviennent de l’exportation », souligne James Hoareau. Il existe donc un créneau important à prendre localement pour les éleveurs de volailles, même s’il n’est techniquement pas possible de remplacer ces 50% d’importation. « Le développement potentiel est évalué entre 2.000 à 3.000 tonnes de volailles par an. Pour un élevage de 500 m2, il nous faut en réalité environ 6 hectares. Or, 3.000 à 4.000 hectares sont disponibles pour permettre cet élevage. On tient compte des rivières, du Parc national des hauts, etc..., explique le président d’Avipôle Réunion. La coopérative travaille d’ailleurs avec d’autres organismes sur un projet de développement de la filière qui permettrait à environ 60 jeunes de s’installer sur une période de 5 ans en tant qu’éleveurs ».
Et le président de la coopérative de souligner la création de 80 à 100 emplois indirects lorsque 1.000 tonnes de volailles sont produites localement. L’Université et le CIRAD travaillent également sur la combustion des litières de volailles pour produire de l’électricité. Le projet est labellisé par le Pôle de compétitivité.
« C’est un enjeu économique fort, soutenu par la Région et le Département. Nous en sommes encore à la phase de recherche et développement, mais déjà, les industriels sucriers comme Bois Rouge et le Gol ont un rôle à jouer dans la pérennité de la filière avicole », conclut James Hoareau.

Edith Poulbassia


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