Maud Fontenoy et Paul Vergès à Stella Matutina

’J’ai appris à m’arracher une dent’

14 octobre 2006

À quelques jours de son départ et en plein dans les préparatifs, la navigatrice Maud Fontenoy donnait, jeudi, une conférence de presse au musée Stella Matutina, en compagnie du Président de Région, Paul Vergès. Il lui a dit son admiration, elle a dit sa motivation.

La première question fût “pourquoi ?”, et les “parce que” n’ont pas tardé à fuser dans la bouche du Président de Région. Paul Vergès et la navigatrice Maud Fontenoy donnaient jeudi une conférence de presse commune au musée Stella Matutina à Piton Saint-Leu. Parce qu’elle rappelle aux Réunionnais leur passé de marin aujourd’hui oublié, parce qu’elle donne de l’espoir et parce que "tout ce qui va faire que les Réunionnais s’intéressent à la mer est positif". Voilà donc pourquoi le Conseil régional soutient Maud Fontenoy dans son aventure de tour du monde contre vents et courants. Paul Vergès voit même en elle un exemple de courage pour les hommes politiques. "Il faut savoir affronter l’opinion si on a la conviction de la justesse de ses analyses", déclarait-il.
À quelques jours du grand départ, Maud Fontenoy se montre plus pragmatique et pourtant étonnement détendue. Au détour d’une phrase, la navigatrice concède à peine se sentir un peu angoissée, mais répond aux questions des journalistes avec naturel et générosité. Si elle a peur d’oublier des choses ? Bien sûr ! Lors de sa dernière traversée, elle a dû se laver les dents avec un peigne à cils parce que qu’à force de faire des listes et des listes, elle avait oublié l’essentiel. Cette fois, elle a déjà prévu 2 brosses. Si elle a pris des livres ? Oui, mais elle n’aura certainement pas le temps de les lire. "Je dormirai par tranche d’une demi-heure, la fatigue arrive vite, surtout les premiers jours où on est souvent malade. Il faut juste tenir le coup jour après jour", explique-t-elle. Celle qui diffuse du rêve auprès des écoliers défend la nature et voudrait partir avec son petit frère, Nicolas Hulot ou sa meilleure amie, selon les circonstances, appréhende le départ et le Cap Horn, a appris à se faire des points de suture ou s’arracher une dent... Une leçon de courage.


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Témoignages - 82e année


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