J’ai appris à me taire...

11 octobre 2008

J’ai appris à me taire, sans doute en partie à cause de ce que j’ai ressenti tout jeune au Maroc, cette impression que les peuples du désert apportent une réponse à notre monde pléthorique, un monde d’excès de langage, d’excès d’objets de consommation. Si le désert porte en lui l’image de la mort, il incarne aussi celui de la force de la survie pour ces peuplades que je qualifierais de sociétés du très peu.

Avec Jémia, nous sommes allés au Sahara occidental, et ce qui est frappant, c’est l’absence cruelle d’eau. Il n’y a pas d’eau pour boire, pas d’eau pour faire la cuisine. Celle-ci est réservée à quelques usages comme les ablutions rituelles. Mais on se lave dans le sable. Et pourtant on y éprouve un tel sentiment de liberté !

J. M. G. Le Clézio


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Témoignages - 82e année


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