“Alliance des civilisations” et M.C.U.R. (suite)

Jacques Chirac : Faire ’accepter le visage et la voix de la différence’

15 septembre 2006

Mercredi dernier, à l’occasion du lancement du premier atelier culturel Europe-Méditerranée-Golfe, Jacques Chirac a prôné la relance d’un dialogue favorable au ’rétablissement de la confiance’ pour éviter un divorce des cultures entre islam et Occident. Pour le Président de la République, il y a ’urgence’ à ’dissiper les stéréotypes’ entre le monde occidental et le monde musulman. Il propose la création d’un Erasmus Méditerranée.
Après l’annonce de la poursuite des travaux en faveur de l’Alliance des civilisations sous l’égide de l’ONU (voir “Témoignages” d’hier), tout cela est encourageant : on est toujours dans la même dynamique que le projet de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise (MCUR).

Jacques Chirac a prôné mercredi la relance d’un dialogue favorable au "rétablissement de la confiance" pour éviter un divorce des cultures entre islam et Occident.
S’exprimant à l’Élysée devant plus de 250 personnes à l’occasion du lancement du premier atelier culturel Europe-Méditerranée-Golfe, le chef de l’État français a appelé à œuvrer pour faire "accepter le visage et la voix de la différence" dans un monde "menacé par la peur et la haine".
De l’avis du Président, les attentats du 11 septembre 2001, l’affaire des caricatures du prophète Mahomet montrent qu’il y a "urgence" à "dissiper les stéréotypes, les peurs et les mauvais souvenirs" entre l’Occident et le monde musulman.

"Un effort mené en commun"

"On ne résoudra rien par la force. On n’apaisera rien non plus par la caricature et l’exclusion", a dit le Président de la République. "La diabolisation de l’Occident d’un côté, de l’autre la suspicion envers l’islam, présenté comme réfractaire à la modernité, autant de dangereux stéréotypes qui doivent être combattus par un effort mené en commun".
Les conflits du Moyen-Orient "qui tous se renforcent et s’amalgament" sont "au cœur de l’instabilité du monde", a fait remarquer Jacques Chirac, pour qui la question israélo-palestinienne a engendré le "sentiment de frustration si profondément ressenti par le monde arabe et musulman".
Face aux crises régionales, a-t-il estimé, "seul un traitement politique négocié, associant l’ensemble des acteurs avec l’appui et la garantie de la communauté internationale peut amener des solutions durables".

Des projets concrets

Lancé l’an dernier lors du Sommet euro-méditerranéen de Barcelone, cet atelier de 3 jours réunit des représentants des États, universitaires et membres de la société civile, dont l’épouse du Président égyptien Hosni Moubarak et le Ministre des Affaires étrangères turc Abdullah Gül.
Les travaux se poursuivront en février à Séville, en Espagne, puis à Alexandrie, en Égypte, en juin. Ils pourraient déboucher sur des projets concrets tels que l’écriture de manuels d’Histoire ou d’œuvres audiovisuelles faisant participer des producteurs et des scénaristes issus des 2 rives de la Méditerranée.

La création d’un Erasmus Méditerranée

Jacques Chirac a fait ses propres propositions, notamment la création d’un Erasmus Méditerranée. Ce système d’échanges d’étudiants sur le modèle du programme en vigueur dans les universités de l’Union européenne "pourrait s’inspirer de la figure d’Averroès", a expliqué le Président français à la séance inaugurale de l’atelier culturel Europe-Méditerranée-Golfe. Mis en place en 1987, le programme Erasmus a permis à 1,2 million de jeunes Européens d’étudier dans un autre pays que le leur.
Jacques Chirac a également suggéré une coopération dans le domaine de la codification et de la réforme du droit, et la mise au point d’une charte du dialogue des cultures "qui fixe les règles du vivre-ensemble dans la mondialisation".


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