Pour le chef de l’État, ’l’écriture de l’Histoire, c’est l’affaire des historiens’

Jacques Chirac : ’il n’y a pas d’Histoire officielle’

10 décembre 2005

Il n’y a pas d’Histoire officielle et ce n’est pas à la loi d’écrire l’Histoire qui est l’affaire des historiens. C’est ce qu’a déclaré hier le chef de l’État.
Jacques Chirac annonce la création d’une "mission pluraliste" pour évaluer l’action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l’Histoire, face au débat suscité par la loi du 23 février 2005 qui reconnaît un "rôle positif" à la colonisation française.
"Dans la République, il n’y a pas d’Histoire officielle. Ce n’est pas à loi d’écrire l’Histoire. L’écriture de l’Histoire, c’est l’affaire des historiens", a-t-il souligné.
"L’Histoire, c’est la clé de la cohésion d’une Nation, mais il suffit de peu de choses pour que l’Histoire devienne un ferment de division, que les passions s’exacerbent, que les blessures du passé se rouvrent", a-t-il dit lors d’une déclaration solennelle à l’Élysée.
Il a demandé que "les esprits s’apaisent" et qu’une "réflexion sereine" s’engage sur les zones d’ombre de l’Histoire française.
"Face au débat suscité par l’article 4 de la loi du 23 février 2005, j’ai proposé au président de l’Assemblée nationale, M. Jean-Louis Debré, qui l’a accepté, de constituer une mission pluraliste pour évaluer l’action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l’Histoire", a dit Jacques Chirac lors d’une intervention solennelle.
"Cette mission devra écouter toutes les sensibilités, elle devra s’entourer d’historiens", a-t-il précisé, ajoutant que ses conclusions pourraient être rendues dans "un délai de 3 mois".
Jacques Chirac a invité par ailleurs le gouvernement à créer "dans les meilleurs délais" la Fondation sur la mémoire, prévue à l’article 3 de la loi du 23 février 2005 relative à l’indemnisation des rapatriés.


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