Culture et identité

Je lis avec ma culture et mon environnement

Mini-camp de vacances autour des livres au Brûlé

Témoignages.re / 7 août 2004

Les livres ne sont pas faits que pour être lus : il y a des livres à chanter, à illustrer. L’école perfectionne la lecture, mais l’acte de lecture s’apprend avant tout auprès des parents, de la famille, de l’entourage. Combattre l’illettrisme en donnant le goût de la lecture, un pari que veulent gagner la Direction départementale de la jeunesse et des sports et le Centre culturel lecture environnement.

Dans le cadre du plan de lutte contre l’illettrisme et d’incitation à la lecture et à l’écriture, la Direction départementale de la jeunesse et des sports et le Centre culturel lecture environnement (CCLE) du Brûlé organisent une série de mini-camps de vacances, d’une durée trois jours et deux nuits, pendant les mois de juillet-août.
Lors de ces séjours, les enfants de différentes communes de l’île participent activement à des jeux avec et autour des livres. Toute une palette d’animations leur est proposée dans la joie et les rires.

Un acte social, militant, démocratique

Dominique Dambreville, directrice du CCLE, l’affirme : "C’est la culture, c’est l’environnement qui donnent le texte. Il ne faut pas enfermer la lecture dans les écoles. L’école n’a pas le monopole de la lecture. D’autant plus que l’école réussit chez les enfants qui ont autre chose à la maison, qui fréquentent l’écrit dans la sphère privée ; des enfants témoins des actes de lecture des parents".
Pour cette militante du livre, "la lecture est un acte social : c’est parce que je vis que je lis, parce que je suis curieux, que je milite, que j’ai un projet de vie personnel, c’est parce que je m’engage que je lis". La lecture dépend donc de la qualité de vie que nous avons en tant que citoyen. Aussi les textes proposés aux enfants pendant ces mini-camps sont des textes de la vie.
Les enfants, tous inscrits en centre de vacances, ont demandé à participer aux mini-camps. Le matin, dès le réveil, durant le petit déjeuner, et cela jusqu’au coucher, des textes en relation avec les moments de la journée sont présentés aux enfants. Ils sont autant de prétexte à la découverte de l’autre, du village, de la vie, de la culture réunionnaise. Car, pour Dominique Dambreville, "la vie sociale, privée, familiale, c’est le gazon d’riz, l’école met le carri dessus".
Faire patauger les marmailles dans le bain de l’écrit en dehors des périodes scolaires, c’est justement la vocation du CCLE. Le centre accueille également des enseignants pour réactualiser les moyens de rencontres avec le texte, pour une meilleure politique de lecture dans l’école. C’est un des lieux de référence pour vivre les textes différemment, en unissant à l’approche scolaire une autre approche, plus vivante, de les questionner.

Enfants et animateurs ravis

Là-haut, au Brûlé, depuis le 19 juillet et jusqu’au 13 août, les groupes d’enfants se succèdent par roulement. Tous les trois jours, trois ou quatre groupes se retrouvent pour découvrir des livres à lire, à chanter, à illustrer. Jeudi, un groupe d’enfants de Saint-Pierre (5-6 ans), un autre du Port (6-12 ans) et un dernier de Saint-Benoît (13-14 ans) sont arrivés au mini-camp.
Les enfants parlent avec les yeux qui brillent des différents ateliers auxquels ils ont participé. Il y a le coin cuisine où, à partir des recettes, les enfants font des gâteaux, pâtés créoles, bonbons millet... Il parle de la lecture dans le salon du matin, de la rédaction d’une lettre sur leur journée l’après-midi. Sans oublier les activités sportives comme un tournoi de football dont les Portois sont sortis vainqueur. "C’est super", nous confient Jonathan (8 ans), Willy (9 ans) et Judicaël (12 ans).
Les plus grands apprennent même aux plus petits à lire.
Lors des ateliers en chanson, on discute sur ce qu’elle veut dire, sur ce dont elle parle.
Puis les animateurs (deux par groupe) amènent la troupe visiter le village, en leur expliquant l’histoire de la Vierge au Cristal et d’autres monuments.
Sophie, animatrice de l’Association pour le développement de l’animation portoise (ADAP), est satisfaite de l’expérience : "À refaire, en plus long, pour passer plus de temps sur chaque atelier". Pour elle, une semaine entière n’aurait pas été de trop. Et pour les enfants non plus puisque la plupart ne veulent pas quitter cette ambiance.

Eiffel