Jean Joly : un nom pour un lycée

8 février 2007

L’attribution d’un nom à un lycée - et son inauguration - est parfois un moment intense de partage, quand les différents intervenants participent à un événement qui fait appel pour certains aux souvenirs, et pour d’autres à l’appropriation d’un passé porteur de messages. C’est ce qui s’est passé hier au lycée de la Rivière Saint-Louis devenu... Lycée Jean Joly.

Hier, plus d’une centaine de personnes, des jeunes lycéens et des moins jeunes assistaient au dévoilement de la plaque qui donne un nouveau nom à leur établissement, avec, dans la foule, des officiels, des anciens combattants ainsi que la présence remarquée des descendants de Jean Joly. Et également, il y avait un homme qui présidait cette cérémonie qu’il avait tant souhaitée, parce qu’il avait bien connu Jean Joly, compagnon de combats communs.

Quand les jeunes s’emparent du passé...

Paul Vergès, à la mort de son ami, a voulu rendre hommage à ce résistant qui fut déporté et qui traversa avec courage une époque terrible, hommage en donnant son nom à un édifice public. Ce fut le lycée de la Rivière Saint-Louis qui se manifesta aussitôt. Un lien ténu existait entre l’établissement scolaire et Jean Joly. Le hasard des rencontres fit que le résistant déjà vieux rencontra les lycéens à la faveur d’un travail sur l’histoire de la résistance pendant la guerre de 1939-1945. Et ce travail de mémoire continua puisque sous la direction d’un professeur d’Histoire-Géo, Monsieur Delpech, des élèves entreprirent de préparer ce qui devait être la cérémonie qui eût lieu hier. Plaquette retraçant la vie de Jean Joly, avec ses souvenirs de l’enfer du camp d’extermination de Mauthausen, et un mot manuscrit du résistant aux générations futures. Et d’autres qui chantèrent le chant des Partisans.

Le Président de la Région Réunion, visiblement très ému, évoqua la mémoire de son compagnon et des moments d’engagements communs. Mais, c’est en s’adressant aux jeunes rassemblés que ses paroles prirent toute la valeur du message que l’ancien combattant voulait transmettre. Il leur posa surtout des questions : « la jeunesse actuelle se lèverait-elle d’un même élan pour affronter une épreuve où chacun engage sa vie ? »... Il n’attendait pas de réactions immédiates, sachant que c’est dans l’action et l’engagement que réside la réponse.

Les combats ne sont pas de même nature, mais ils existent. Et c’est dans l’Histoire que l’on peut puiser les forces des batailles d’aujourd’hui. « Pour être Réunionnais, disait Paul Vergès, nous devons accomplir un devoir de mémoire en nous réappropriant l’Histoire qui fonde notre identité. Il faut se souvenir avec les témoins encore vivants, avec nos parents ou grands-parents. » Et pour conclure, le combattant qu’il fut et qu’il reste, le Président ajouta que des hommes comme Jean Joly sont des signaux forts « donnés à toute La Réunion de la part de ceux qui ont pris le risque de mourir pour leurs idées ». Ce message résonna dans la cour du lycée, comme un acte essentiel de transmission à tous ces jeunes rassemblés dans leur lycée Jean Joly.

A. W.


Larjan jété la pa pèrdï pou toulmoun

Kèl kantité larjan bann péi i mèt dan la gèr ? Sirman i kont par million sansa par milliard l’ëro shak l’ané. Ala pa k’George Bush, lë prézidan bann zamérikin, i di son kongré, la pa’ssé mèt ankor in bon takon million pou fé la gèr dann l’Irak épi dann l’afghanistan. Total, péi-la la fine dépanss 700 milliard depü lo bann gèr la komanssé.

Souvan dé foi, mi antan demoun i di : « Avèk tousala larzan noré pï soulaj la mizèr dann mond. Larjan pou la gèr, sa larjan jété sa. »
Lé vré konm pa. Lé vré si ou kalkïl sa larjan l’inpo i pèy së bann dépanss-la épï sa i raport pa arien lo bann zamérikin, mem pa la pé.
Lé pa vré si i kalkil tousa larzan bann kapitalis i ramass : dépi sak i fé bann zarm épi tousa matériel la bézoin pou in gèr modern, sak i fé transpor, sak i amen lo ravitayman....

Larzan la gèr sé in larjan jété, mé la pa in larjan pèrdï pou toulmoun.

Justin


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Témoignages - 82e année


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