Culture et identité

Journée de sensibilisation sur les « Evénements de 1947 »

A l’initiative de l’Association REAGIES, dimanche 4 décembre au Domaine de la Pointe des Châteaux (Saint-Leu)

Marlène Sitouze / 24 novembre 2016

Dans le prolongement de la conférence de presse organisée, hier matin à Saint-Denis, au nom de l’association REAGIES, Simone Yée Chong Tchi Kan a relayé un seul et même message sur le plateau de Télé Kréol : bienvenue à toutes et à tous à la journée de sensibilisation sur les « Evénements de 1947 à Madagascar », organisée le dimanche 4 décembre au Domaine des Chateaux » à Saint-Leu, moyennant une participation de 20 euros.

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Monument commémoratif à Moramanga.

« Pour pouvoir nous projeter dans l’Avenir, nous avons besoin de connaître notre passé » ; c’est ce qu’a rappelé hier soir Simone Yée Chong Tchi Kan, à l’unisson de Manuel Marchal.

Invités sur le plateau de Télé kréol, la secrétaire de l’Association REAGIES et le rédacteur-en-chef de Témoignages, répondaient aux questions de Jismy Ramoudou, sur ce qu’il est convenu d’appeler « Les Evénements 1947 ».

Une dénomination « politiquement correcte » d’événements qui se sont soldés par la mort - officiellement - de 100 000 Malgaches, au terme d’une sanglante répression au sein de cette population qui aspirait à l’indépendance. Une aspiration à laquelle le pouvoir colonial français de l’époque s’était savamment et hypocritement prêtée en n’hésitant pas à l’accompagner afin de mieux pouvoir la réprimer !.

Cette sanglante répression a donné lieu dans l’île rouge à la création du Comité de Solidarité de Madagascar, créée à l’initiative de Gisèle Rabesahala, alors secrétaire auprès des avocats des insurgés, relayé à La Réunion, par le Comité de Solidarité, présidé par la fondatrice de l’UFR, Isnelle Amelin. Deux structures qui n’ont eu de cesse d’unir leurs forces, énergies et moyens pour obtenir un procès équitable des personnes arrêtées, condamnées et, en particulier, celles du MDRM et qui, des années après, n’ont cessé d’œuvrer pour exalter la solidarité, la fraternité ainsi que la coopération dans le cadre d’un co-développement solidaire, durable et profitable aux deux îles sœurs.

Une démarche dans laquelle les représentants de l’Association représentée par Simone Yée Chong Tchi Kan continuent à s’inscrire, 32 ans après la création de cette structure. Une démarche indispensable et nécessaire, au regard notamment des enjeux posés et défis à relever dans le cadre d’un co-développement de nos deux pays ainsi que l’a souligné Manuel Marchal. Invité à revisiter cette tranche de l’histoire liant nos deux iles, le rédacteur-en - chef de Témoignages a, notamment, rappelé les enjeux en termes de démographie et de besoins économiques : « d’ici une quinzaine d’années, Madagascar comptera 40 millions d’habitants alors que notre île en dénombrera un million. Cela nous oblige à une réflexion sur les pistes à ouvrir en vue d’un modèle de relation fondé sur la réciprocité et le respect mutuel », a poursuivi le journaliste en soulignant par ailleurs que cette exigence de solidarité se pose dès aujourd’hui, en allusion en direction de la famine qui sévit dans le Sud malgache et l’augmentation de la paupérisation.

Autant de problématiques qui seront au centre de la journée programmée le 4 décembre au Domaine des Châteaux à Sain-Leu. Une journée pour mieux comprendre cette page de l’histoire de l’île rouge, une page intrinsèquement liée à la nôtre et repartir à la conquête d’un avenir placé sous le signe de la fraternité et du respect de la dignité humaine renforcées.

M.S.