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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Indigènes
10 août 2006

Hier mercredi, “Témoignages” célébrait la ’Journée Internationale des Peuples Autochtones’. Aujourd’hui, nous revenons sur cet événement pour mettre l’accent sur l’association Survival qui est la seule organisation mondiale soutenant les peuples indigènes par des campagnes d’opinion.
Elle fut fondée en 1969 à la suite d’un article de Norman Lewis, dans le journal britannique “Sunday Times” dénonçant les massacres, le vol des terres et le génocide en Amazonie brésilienne. Tout comme beaucoup d’atrocités contemporaines, l’oppression raciste des Indiens du Brésil était accomplie au nom de la “croissance économique”.
Aujourd’hui Survival a des sympathisants dans 82 pays. L’organisation agit en faveur des droits des peuples indigènes dans trois domaines complémentaires : l’éducation, les campagnes et la recherche de fonds. Elle offre aussi aux peuples indigènes une tribune pour s’adresser au monde. Elle travaille en liaison étroite avec les organisations indigènes locales et se concentre sur les populations les plus fragiles, généralement celles qui sont récemment entrées en contact avec le monde extérieur.
La France montrée du doigt pour la Guyane
Depuis 1994, l’Assemblée générale des Nations unies a fait du 9 août la "journée internationale des peuples autochtones". L’association Survival, qui a pour but d’aider les populations indigènes à défendre leur volonté de décider de leur propre avenir, a lancé, à l’occasion de l’édition 2006 de cette journée, plusieurs appels sur des situations souvent méconnues. Survival dit se "réjouir du récent vote du Conseil des droits de l’Homme en faveur de la "déclaration des peuples autochtones"". Elle rappelle néanmoins que dans la partie amazonienne du département français de la Guyane vivent aujourd’hui quelque 10.000 Amérindiens dont les droits à la propriété collective de leurs terres - sur lesquelles ils étaient autrefois souverains - ne sont toujours pas reconnus.
Ainsi, cette déclaration adoptée par 30 voix - dont celle de la France - (2 voix contre et 12 absentions) risque fort de ne comporter aucun aspect contraignant. En effet, même si elle est votée par l’Assemblée générale des Nations unies, ce texte qui reconnaît les droits spécifiques des peuples indigènes sur leurs terres et leurs modes de vie, ne possèdera dans sa nature-même pas de portée susceptible de lui donné un véritable poids.
La France refuse de signer la Convention qui invite à respecter les droits des peuples autochtones
Survival rappelle ainsi que le seul instrument juridique international promouvant les droits des peuples autochtones est, à ce jour, la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux “peuples” dits “indigènes et tribaux” qui invite les États à respecter les droits collectifs détenus sur les territoires d’établissement, y incluant l’ensemble des ressources naturelles qui y sont attachées. Cette convention n’a été signée et ratifiée que par 17 États, dont, pour l’Europe, le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas. D’autres pays ont soit envisagé sérieusement une ratification prochaine, soit ont d’ores et déjà accordé à leurs minorités autochtones des droits territoriaux dépassant les dispositions de ladite convention.
La France, de son côté, a refusé sa signature au motif que la reconnaissance de droits spécifiques au profit de certaines catégories de citoyens entre en contradiction avec la Constitution. Elle a pourtant défendu en 2001 le droit des peuples autochtones devant le Conseil des Droits de l’Homme et a soutenu l’adoption par l’UNESCO de la Convention sur la diversité culturelle.
Jean-Patrick Razon, directeur de la section française de Survival, a déclaré : "Alors que l’inauguration du Quai Branly il y a quelques semaines célébrait “l’infinie diversité des cultures” et le “génie des peuples et des civilisations”, la France serait bien inspirée de faire reconnaître solennellement par son droit interne les revendications légitimes des populations amérindiennes de Guyane française".
Source “Nouvel Observateur”
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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