Concert

Jozéfien, Jozéfienne ! Grand rendez-vous avec Jozéfinn’

13 septembre 2007

Jozéfinn’. C’est un nom que l’on a intérêt à conserver présent dans nos mémoires. Parce que c’est l’artiste réunionnais le plus rayonnant du moment, et pour longtemps encore, je crois. Maître de l’improvisation, producteur d’un jazz renouvelé par des apports musicaux planétaires, imprégné par l’identité indocéanique, Jean-Pierre Joséphine est la cheville ouvrière du renouveau musical à l’île de La Réunion. Concert à découvrir absolument ce samedi 15 septembre, 20 heures, au Palaxa, à Saint-Denis.

Jean-Pierre Joséphine, leader du groupe Jozéfinn’, apporte un métissage génial dans le jazz. À entendre ce samedi à l’ancien Palaxa à Saint-Denis.
(photo BBJ)

Jean-Pierre Joséphine, dit Jozéfinn’, est un guitariste d’exception, un soliste qui donne vie à l’instrument et aux genres musicaux les plus disparates. Là, son jazz est d’une énergie sereine, prêt à bondir pour nous livrer la clé. Tantôt chaloupée, épicée de touches locales, la musique de cet artiste nous incite à un voyage poétique. Chaque note prend son sens, pour nous surprendre, nous faire danser, et puis bouche bée taquiner la corde sensible.
Si initialement Jozéfinn’ s’initie à la guitare de manière autodidacte, sa passion l’amènera à l’IACP de Paris, pour une sérieuse formation d’orchestration et d’écriture jazz, sous la houlette du contrebassiste américain Alan Silva. En parallèle, il s’épanche sur les nuances de la guitare classique, avec un maître en la matière, Alberto Ponce, lui-même disciple d’Emilio Pujol, pédagogue et créateur d’une méthode pour les solistes de la guitare classique. Le jeu polyphonique de Jozéfinn’ tirerait ses origines de cette formation nourrie, et sera déjà apprécié au sein de Joséphine group, qui sévissait à la fin du 20ème siècle dans la banlieue parisienne, et les clubs jazz de Paris aussi. Son retour sur son île natale sera ponctué de rencontres avec les artistes locaux et de la zone. On le retrouve alors avec l’anjouanais Djimbo, à Saint-Denis, puis au festival interculturel de Mayotte, en 2001. En 2004, il s’envole aux Seychelles aux côtés du groupe Tapok. Il joue, arrange, et compose au sein du groupe Walla. Même parcours avec le groupe Soubik. Il dirigera et arrangera l’opus de Karen Nora. Récemment, on appréciait son jeu dans le groupe Tibleu, aux côtés de Christine Salem. Mais, le plus notable dans sa carrière d’artiste est, sans nul doute, la création de sa propre formation. Jozéfinn’ est fondé en 2001.

Les surprises jozéfiennes

Depuis son premier vrai concert donné à la salle Vladimir Canter en 2004, Jozéfinn’ n’a pas cessé d’impressionner le public réunionnais, connaisseurs et néophytes. En 2006, naît "Mascamad", un opus qui n’est pas mascarade en la matière. C’est plutôt une approche musicale originale profondément Jozéfinienne, ou la perfection de l’improvisation.
Comment définir le concept Jozéfinien ? « C’est une formation tendance jazz à géométrie variable », explique Jean-Pierre Joséphine. Il est structuré autour d’un quartet, formé de rigoureux musiciens. Bernard Permal à la basse, un des meilleurs de La Réunion ; François Legros à la batterie, spécialiste de cet instrument, reconnu sur l’île et même outre terre. Et puis, on ne peut faire l’impasse sur l’impressionnant travail vocal de Jean-Louis Léon, qui appuie l’improvisation du leader. Jean-Pierre Joséphine s’entoure également de dalon zwar. La géométrie variable s’explique surtout par l’apparition d’invités surprises, tous initiés au jeu jozéfien. Sur l’album d’abord, avec l’harmoniciste malgache Mahé Dera, poly-instrumentiste de génie, les percussionnistes réunionnais Nicolas Moucazambo et Vincent Philéas, que l’on ne présente plus.
Remarquez que l’illustre René Lacaille lui confie l’arrangement d’une de ses compositions, que l’on retrouve sur "Mascamad". Et puis, même sur la scène, Jozéfinn’ aime partager, avec ses surprises. On retrouve toujours des invités, tous surprenants par leur talent. Jozéfinn’ est défenseur du métissage musical. Chut ! On n’a pas le droit d’en dire plus. À l’espace Jeumon, l’ancien Palaxa, venez nombreux ce samedi 15 septembre. Les surprises, ce seront les musiciens, le jeu, les nouvelles compositions, les naturelles improvisations, dans un Palaxa qui a pris un coup de jeune.

Babou B’Jalah


Jozéfinn’ s’écoute à l’international

Nul n’est prophète en son pays, mais pas de tragédie. Après une prestation époustouflante lors du dernier Sakifo, qui aurait pu lui valoir le prix Alain Péters d’ailleurs, Jozéfinn’ parcourt l’île. Concert par concert, « ti lanp ti lanp, gran bobèss », le cheminement se veut plus précis, plus reconnu aussi. Parce qu’il s’envole en octobre pour Madajazzcar, festival malgache de jazz où il trouve toute sa place, le groupe de Jozéfinn’ a du renoncer à une prestation à l’Office Départemental de la Culture (ODC). Voilà maintenant qu’un producteur belge s’intéresse à la relation possible entre artistes du continent et ceux de La Réunion. Jozéfinn’ surprend, et se voit embarquer dans une aventure fabuleuse, à découvrir en deux sets, ici et puis en Belgique. C’est une piste vers l’international, à découvrir un jour, je l’espère, de New York à Tokyo, en passant par tous les grands lieux dédiés au jazz, métissé cela va de soi. Jozéfinn’ a déjà tracé sa carte, qui passera coûte que coûte par l’Afrique du Sud. Je l’espère, comme beaucoup d’autres. Pour l’heure autoproduit, le concept de Jozéfinn’ ne demande qu’à voyager à travers le monde. À bon entendeur...

Bbj


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