Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
À propos d’une émission de RFO-Télé
27 décembre 2004

Jules Arlanda a formé deux orchestres de jeunes (les Play Boys et les Rangers), créé la troupe folklorique “Bourbon y chante, Bourbon y danse”, enseigné la musique à Saint-Denis, enregistré de multiples chansons. À 80 ans bien sonnés, il reste l’un des musiciens réunionnais les plus emblématiques.
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Jules Arlanda naît le 2 août 1923 rue des Remparts à Saint-Denis (actuellement rue Lucien-Gasparin), où il vit encore. Son père Jules Albert était cordonnier par profession et musicien par passion. Jules Albert Arlanda faisait partie de la fanfare municipale de Saint-Denis, tout comme Jules Fossy, et avait créé un orchestre créole, l’Orchestre Arlanda, qui participait à certains enregistrements du grand Georges Fourcade.
Jules Arlanda s’essaie à tous les instruments. Son père lui enseigne les premiers rudiments du solfège et de la musique. Il va à l’école de musique municipale de Saint-Denis, où Jules Fossy est son professeur. Après avoir essayé la mandoline et le violon en compagnie de Luc Donat, il est intéressé par l’accordéon de Loulou Pitou, qui joue dans l’orchestre de son père. Très jeune.
Il joue dans l’orchestre Arlanda et parcourt l’île de bals mariage en bals la poussière, bals la cour... À l’époque on danse des marches, des fox-trot, des valses, des one step, des scottish, des polkas, des quadrilles et des ségas.
Vers la fin de la guerre, Jules Arlanda, influencé par toutes sortes de musiques venues d’ailleurs, surtout d’Europe et des États-Unis, monte sa première formation. Elle est composée d’un accordéon, d’un banjo, d’une guitare hawaïenne, d’un trombone à piston, d’un jaz (batterie), de maracas et de bangoué (bongo). Antoine Véloupoulé, alors patron du restaurant dionysien “Le Délice colonial”, l’engage en 1943 pour y animer des soirées dansantes.
Après l’incendie de ce restaurant en 1947, Antoine Véloupoulé achète l’hôtel d’Europe et Jules Arlanda anime les bals grillés du samedi soir et le bal dominical. Jules Arlanda est logé et nourri dans l’hôtel.
En 1956, Serge Barre, flûtiste de formation classique, qui exerçait son talent à Tananarive, arrive à La Réunion à l’occasion d’une tournée de l’orchestre Luc Donat. Il s’intéresse au séga et devient vite le chef de l’orchestre de l’hôtel d’Europe.
À la fin des années 50, le tout Saint-Denis se retrouve dans cet hôtel, devenu un haut lieu réputé pour ses soirées, à une époque où les musiciens n’ont pas encore été détrônés ni par les chaînes hi-fi, ni par les DJ.
Jules Arlanda, qui pratique également l’accordéon et la contrebasse dans la philharmonie de Saint-Denis depuis 1953, continue à assurer les séries de séga à l’hôtel d’Europe. Il y a à l’époque une multitude d’orchestres qui évoluent dans l’île : le Groupement Créole de Jules Fossy, l’orchestre de Jules Arlanda père, de Jules Arlanda fils, l’orchestre de Loulou Pitou, des frères Legros, de Chane Kane et bien d’autres. On y danse des ségas endiablés, des boléros, des paso dobles, des sambas, des calypsos. Ambiance assurée.
L’orchestre de l’hôtel d’Europe est tellement réputé qu’il anime des bals prestigieux comme le bal de la Gendarmerie ou le bal de la Croix-Rouge. Lorsque, au début des années 60, Jules Arlanda reprendra la direction de l’orchestre de l’Europe (jusqu’en 1967), il lui donnera une couleur plus créole.
Pendant les années yé-yé, Julot enseigne la musique à Saint-Denis. Il forme deux orchestres de jeunes musiciens : les Play Boys et les Rangers. La vogue du twist et du cha-cha arrive à La Réunion. Alain Peters jouera dans les Play-Boys ainsi que Narmine Ducap, Bernard Brancard, Louis Decotte, Jean-Marc Pounoussamy.
En 1970, sous l’impulsion d’Henri Cario, directeur artistique à l’ORTF, Jules Arlanda crée la troupe folklorique créole "Bourbon y chante, Bourbon y danse", avec Maxime Laope, Henry-Claude Moutou, Marie-Armande Moutou, Pierrette Payet, jeunes chanteurs issus des radio-crochets. On les verra régulièrement à la télévision, ils feront ensemble des tournées à Maurice et enregistreront des disques.
Jules Arlanda est nommé directeur de l’école municipale de musique de Saint-Denis en 1976 ; il est également professeur de solfège et d’accordéon au conservatoire municipal. En 1979, le parolier Louis Jessu, qui lui avait déjà écrit plusieurs chansons à succès, lui demande de composer la musique de la comédie musicale “Le gâteau mal cuit”. Cette comédie musicale sera représentée au Théâtre de Saint-Gilles, à Maurice et aux Seychelles. Michel Debré viendra féliciter en personne Jules Arlanda pour ce travail.
1984. Jules Arlanda publie une brochure d’une quarantaine de pages intitulées "Danses anciennes à La Réunion". Dans cette brochure, on retrouve le passé musical réunionnais : valses, polkas, mazurkas, quadrilles, ségas, maloyas, scottish, javas. En 1985 il co-écrit avec Maxime Laope “32 ans de chansons créoles” ou 32 refrains à succès de 1953 à 1985.
En 1990, Jules Arlanda signe un nouveau recueil de chansons créoles “Mon île y chante”, qui fait honneur aux travaux d’auteurs tels que Jean Albany (Bouillon brèdes, Verger Saint-André), Louis Jessu (Nout p’ti case en paille, Bichiques la monté), Jules Arlanda (Roul ton maloya, Le p’tit coupeur de cannes), sans oublier la fameuse chanson de Fourcade pour les paroles et de Fossy pour la musique : P’tite fleur fanée.
En 1994, un nouveau recueil de chansons est publié : “Chansons Longtemps”, qui devient un grand spectacle où plusieurs générations se côtoient en harmonie. À cette occasion, Loulou Pitou, Maxime Laope et Julot remontent sur scène ensemble.
En 1996, consécration, il accompagne le Groupe Folklorique de La Réunion dans une tournée internationale, aux États-Unis, au Québec ainsi qu’en Europe. En 2003, un spectacle-hommage est organisé par le PRMA et l’ODC qui rassemble de nombreux artistes autour de Julot.
Eiffel
Jules Arlanda, une belle surprise pour Noël
Très représentatif du musicien professionnel dionysien d’avant et d’après-guerre, Jules Arlanda (surnommé “Julot”), a appris le solfège et l’écriture musicale et peut tout jouer. Ce talentueux auteur compte à son actif plus de trois cents chansons.
Mais Jules Arlanda est également et surtout un compositeur, un rassembleur et un professeur. C’est ce qui lui a valu de faire l’objet d’un reportage diffusé le 25 décembre par Télé Réunion.
Le film revient sur son parcours, rassemble à ses côtés ceux qui ont partagé cette grande aventure musicale. Lors du concert organisé en son honneur par l’Office départemental de la culture, Jules Arlanda n’était pas sur scène ; ce portrait nous offre le plaisir de le voir aujourd’hui à la contrebasse ou à l’accordéon, ou encore dans son intimité, devant quelques partitions de son cru. Pas de commentaires dans ce portrait, sinon ceux de ses proches, de ses amis, et puis ses propres confidences. En ce jour de Noël, c’est une belle surprise que nous a offert RFO.
Après le portrait de Jules Arlanda, Anaa Production proposera celui de Françoise Guimbert, sur RFO, le 1er janvier, à 22 heures. Préparez vos magnétoscopes.
Nos peines
In kozman pou la rout
Nouvelle illustration de la faillite du système néocolonial
Négociations internationales sur la lutte contre la crise climatique
Des aides publiques de la France possibles
Paris tombera-t-il dans le piège tendu par ceux qui veulent saboter le succès prévisible des prochains Jeux des îles aux Comores ?
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Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
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Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
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À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture
Messages
29 mai 2014, 16:50, par Jean Michel LAURET
Vous faites erreur : dans les années 60, Alain Peters était bassiste du groupe "The Rangers" aux côtés de Gérald Guichard (guitare soliste) et son frère Roland Guichard (guitare rythmique) et Alain Legros (batteur). Désolé, mais j’étais moi-même musicien à l’époque, je sais donc de quoi je parle. Le soliste des Playsboys était Michel Técher, Bernard Brancard était le batteur, le jeune chanteur s’appelait Gigi. On oublie trop souvent les frères Guichard qui ont été et sont toujours des musiciens hors pair et méritent tout autant d’être cités et applaudis pour les merveilleux moments qu’ils nous ont fait vivre dans les bals du samedis soir. Ce fut les plus beaux moments de ma vie.
9 décembre 2020, 17:53, par law chune yoland
Bonjour
Je recherche le titre du morceau que chantait Alain LEGROS "mascotte".
C’était à l’époque je crois des "LORD’s".
merci .