Gilberto Gil, frère de lutte et de culture

’Kan li mars dan somin, domoun i koné pa ki sa i lé li va koz èk li !’

19 juillet 2006

Gilberto Gil à La Réunion, c’est un peu comme la visite d’un ami avec lequel d’emblée on partage beaucoup de choses. Telle est une des tonalités des réactions que “Témoignages” a recueilli lors de la visite de l’artiste et ministre au Foyer des dockers.
Au-delà de cet événement et du succès de la veille, il est difficile à chaud de saisir la portée de cette rencontre. Gilberto Gil est le ministre de la Culture d’un gouvernement qui a la responsabilité de diriger un pays 18 fois plus grand que la France en superficie, et qui est peuplé par plus de 150 millions de personnes. Un pays dont le président de la République est un syndicaliste qui a ensuite dirigé le Parti des travailleurs.
Ces chiffres peuvent sembler montrer un fossé de différences entre La Réunion et le Brésil, accentué encore par la distance. Mais l’histoire et la culture nous rapprochent. La plupart des ancêtres des Brésiliens viennent de l’Afrique, ils ont traversé les océans et avec les apports de l’Europe, de l’Asie et des premiers habitants, ils ont réussi à créer une société métissée, à l’image de ce que nous connaissons à La Réunion.
Brésiliens et Réunionnais partagent aussi une histoire faite d’esclavage, de café, de canne à sucre, de chaînes brisées et de luttes syndicales et politiques pour arracher le droit d’être respecté et de vivre dans une démocratie.
À l’image du moringue, frère de la capoeira, beaucoup plus de choses nous rapprochent que nous éloignent, ce qui fait dire à Gilberto Gil que "La Réunion est un petit Brésil".
Et lorsque le ministre de la Culture du Brésil vient à La Réunion, rien ne permet de le distinguer du Réunionnais moyen. C’est ce que rappelait hier Nathalie au Foyer des dockers : "Ali in kréol, kan li mars dan somin, domoun i koné pa ki sa i lé li va koz èk li !".

Manuel Marchal


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