“L’abécédaire de l’esclavage de Noirs” de Gilles Gauvin

23 juin 2007

« La composition des nègres ne ressemblant en rien à celle des Européens, je me dispense de lui donner ni médecin, ni chirurgiens qui lui seraient inutiles »

La sortie en librairie de “L’abécédaire (1) de l’esclavage de Noirs” (Editions Dapper) écrit par Gilles Gauvin est prévue pour fin septembre. C’est « un ouvrage de sensibilisation pour un large public. Il évoque les différents aspects de l’histoire des anciennes colonies françaises soumises à l’esclavage (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Saint-Domingue / Haïti). Ce qui permet de comprendre que cette histoire partagée fait partie intégrante de l’histoire nationale ».

Ouvert au monde anglo-saxon

Cet abécédaire « est également ouvert au monde anglo-saxon, qui a joué un rôle précurseur non seulement dans la mise en place de la traite négrière, mais aussi dans le combat abolitionniste en Europe. En effet, ce crime contre l’humanité a été perpétré par nombre de puissances européennes. Sans tomber dans le piège de la simplification, les textes fournissent des repères principalement historiques et économiques, compréhensibles par tout lecteur, notamment les jeunes ». Des illustrations accompagnent les textes.

Mais qui pouvait alors s’intéresser à de si lointains territoires ?

Plusieurs points au sommaire de cet ouvrage.
• Abolition : « La première abolition, en 1794, n’est pas due à un simple acte de générosité des députés de la jeune République française. Député et philosophe, Condorcet, membre de la Société des amis des Noirs, avait dénoncé un « crime contre l’espèce humaine ». Mais qui pouvait alors s’intéresser à de si lointains territoires ? Il y a bien la petite commune de Champaney en Franche-Comté...
• Toussaint Louverture : « Le 7 avril 1803, Toussaint Louverture est découvert sans vie dans sa cellule du fort de Joux, dans le Jura. Il y était emprisonné, sur ordre de Bonaparte, depuis le 23 août 1802. L’ancien général de division de la République française, qui s’était proclamé gouverneur à vie de Saint-Domingue en 1801, est assis sur une chaise, la tête appuyée contre une cheminée. Le “Spartacus noir” est alors âgé de 60 ans. L’ancien esclave avait en fait été condamné par Bonaparte à une mort lente ». “La composition des nègres ne ressemblant en rien à celle des Européens, je me dispense de lui donner ni médecin, ni chirurgien qui lui seraient inutiles”, avait déclaré le responsable de la forteresse quelques mois avant le décès de son prisonnier ».
• La traite négrière : « Quelle différence y a-t-il entre esclavage et traite négrière ? Réduire en esclavage est le fait d’enlever toutes ses libertés à un individu pour en faire une simple force de travail, alors que la traite négrière désigne le commerce des esclaves africains. Le mot “traite” recouvre en fait toute sorte de commerce ».

Cet abécédaire simple à lire est une mine d’informations pour qui veut s’informer sur le passé. Un passé qui n’est pas si lointain que cela. Davantage de personnes s’intéressent à cette page de l’Histoire pour qu’elle soit connue de tous, pour mieux se connaître et pour que de tels faits de se reproduise plus. Sur ce point, rien de sûr car récemment, des Chagossiens ont été traités comme des esclaves !

Jean-Fabrice Nativel

(1) Livre illustré pour l’apprentissage de l’alphabet, de la lecture.


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