3ème Festival mondial des arts nègres - Dakar, 1-21 juin 2007

L’Afrique regroupe sa diaspora

4 février 2006

Au prix des immenses efforts que l’on peut imaginer dans le contexte africain actuel, le Sénégal se prépare à la 3ème édition du Festival mondial des arts nègres. La Réunion est invitée, ainsi que l’île Maurice, à participer au Comité international d’orientation qui se réunit à Dakar depuis mardi.

Le défi lancé par le Sénégal est de réunir pendant trois semaines, à Dakar, tous les pays de l’Union africaine, ceux où vivent des communautés noires, tels le Brésil, la France, la Grande-Bretagne et les autres terres d’accueil de la diaspora noire, comme les îles des Caraïbes ou les nôtres, dans l’océan Indien. L’annonce en a été faite par le président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade, qui préside le Comité international d’honneur.
Un comité d’organisation a été installé en avril 2005 par le ministre de la Culture, Mame Birame Diouf. Le Comité international d’orientation en est une des composantes.
Il travaille à la conception de cet événement et se compose d’artistes, écrivains, chercheurs ou personnalités politiques - certains, bien connus à travers le monde.
S’y retrouvent, venus de France, le chanteur MC Solaar, le directeur général adjoint de la Culture à l’UNESCO, Mounir Bouchenaki ou encore le chorégraphe et danseur Maurice Béjart, qui participa à la création de la troupe Mudra, dans les débuts du festival ; Maurice Sonar Senghor, qui dirigea au Sénégal le théâtre national Daniel Sorano ; beaucoup d’Afro-américains des États-Unis - Shirley Franklin, maire d’Atlanta, le cinéaste Spike Lee et le responsable du département des études africaines de l’université de Harvard, Henry Louis Gates Jr - des Bahamas, de la Jamaïque, Haïti, la Barbade...
Ce comité s’est réuni le 30 janvier sous la présidence du ministre de la Culture et du patrimoine historique classé. Il a accueilli aussi le responsable réunionnais du Festival du film d’Afrique et des îles de l’océan Indien, l’écrivain Alain Gili, ainsi que le poète mauricien Édouard Maunick.
En marge de la rencontre autour du 3ème Fesman, Alain Gili doit rencontrer à Paris et à Dakar ses interlocuteurs sénégalais pour le Festival du film d’Afrique, dont l’édition 2005 a été dédiée à l’historien Joseph Kizerbo. L’édition 2006 prévoit de faire une place particulière aux films africains traitant des problématiques de l’identité africaine.
Le premier Festival mondial des arts nègres est né en 1966 à Dakar. Il s’est renouvelé à Lagos (Nigeria) en 1977, puis cette grande rencontre culturelle autour des arts africains s’est heurtée à une multitude de chaos.
La volonté de la faire renaître répond à la nécessité, ressentie par de nombreux dirigeants africains, à la faveur des mouvements suscités par la “globalisation” économique, de resserrer les liens entre le continent et ses diasporas et de faire de la culture un "levier du développement durable".
Le comité d’organisation a prévu de participer à partir de 2006, à trois cérémonies de lancement de l’événement : en France, au Nigeria et aux États-Unis. Il est seulement regrettable que la sphère anglophone soit aussi largement dominante, alors que les hispanophones - bien que présents - semblent avoir du mal à se faire entendre.

P. David


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