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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Rencontre avec deux protagonistes du premier festival des arts de la rue de Saint-Benoît
28 octobre 2006

“L’ambians dan somin” de Saint-Benoît, c’est ce soir dès 18 heures avec plus de 200 percussionnistes des 13 quartiers de la ville, et la compagnie Transexpress. Le défilé de percussionnistes habillés par les costumes et chapeaux confectionnés par les élèves du lycée Patu de Rosemont accompagneront le “lâcher de violons”, sorte de grosse rosace qui s’élèvera dans les airs. Un spectacle gratuit, pour lequel la municipalité attend plus de 5.000 personnes. La Mairie encourage d’ailleurs le public à suivre le défilé qui partira des quatre coins de la ville (collège Hubert Delisle, angle des rues Hubert Delisle et Georges Pompidou, le Lycée Amiral Bouvet et la piscine du Butor) pour rejoindre le marché forain. Pour ce premier festival des arts de la rue, des navettes sont également mises en place. La soirée s’achèvera dans l’ambiance avec Françoise Guimbert. À quelques heures du spectacle, rencontre avec Brigitte Rhode Burdin de la troupe Transexpress et avec Jacky Martin, maître tambour bénédictin
Brigitte Rhode Burdin
Vivre de sa passion, Brigitte Rhode Burdin l’a réalisé en partie grâce à la troupe Transexpress. Mais pour y arriver, elle et son mari Gilles Rhode, tous deux à l’origine de la troupe, ont dû s’accrocher à leur rêve de saltimbanque. En 1982, les deux artistes sont loin de s’imaginer que cette petite compagnie, dont ils sont les seuls membres à l’époque, célèbrera le passage à l’an 2000 à Baubourg, fera l’ouverture de Jeux Olympiques et sillonnera le globe à la rencontre des populations pour les faire participer aux spectacles. Lorsque le couple décide de former Transexpress, Brigitte est danseuse, avec derrière elle dix ans de formation en Allemagne. Gilles est quant à lui plasticien, il a suivi 9 années d’études en arts appliqués à Paris. Les deux artistes veulent donner vie à leurs propres spectacles, allier leurs passions respectives pour l’art et les partager avec le public. « Nous sommes allés là où on se sentait bien et nous avons décidé de mélanger la danse, le volume et la sculpture pour apporter ce bonheur au gens », raconte Brigitte. A la danse, au volume et à la sculpture, est venu s’ajouter la percussion, cadeau de l’Afrique. Brigitte et Gilles découvrent l’Afrique, notamment l’Afrique de l’Ouest, lors de voyages pour des spectacles auprès des villages. « On allait partout ou on pouvait, de temps en tant dans les centres culturels, mais surtout dans la brousse, pour les chefs des villages, c’était l’aventure », se souvient l’artiste. Une aventure qui leur a donné l’idée de créer une petite équipe de tambours.
Au fur et à mesure des voyages et des rencontres, les spectacles se sont affinés. Le premier spectacle baptisé Mobil homme, est composé de 7 percussionnistes et d’un trapéziste. Le deuxième spectacle, Maudits sonnants, invente une nouvelle structure associant huit sonneurs de cloches. Le “lâcher de violons” est l’aboutissement de ces différents apports. Influencé par Alexander Calder (fondateur du cirque Calder, mécanisme composé de figures faîtes de fil de fer dans lequel l’artiste joue le rôle de maître de cérémonie, de chef de piste, et de marionnettiste, le lâcher de violons insiste sur la gestion de l’espace. Artistes en l’air et artistes à terre se répondent, et le mobile rase les gens au sol. Le spectacle associe une chanteuse lyrique, un quatuor à cordes et des trapézistes.
La particularité du spectacle est de s’adapter aux spécificités locales. Pour une heure de parade en ville et une demi heure de réunion des percussionnistes autour du spectacle en l’air, la troupe a intégré des morceaux de maloya. C’est même la première fois qu’autant de percussionnistes prennent part au spectacle. Les échanges entre la troupe et les associations de quartier ont commencé en avril, pour mettre en place les répétitions, apprendre à se connaître, fabriquer les chars à rythme puisque Transexpress n’a pas pu les transporter.
La compagnie Transexpress fait vivre aujourd’hui une centaine de personnes. Un troupe qui fonctionne bien avec de l’expérience et la ténacité. Brigitte ne regrette pas ses dix ans de galère. Ce qu’elle apprécie dans ce métier c’est la rencontre, le côté social que la réparation du spectacle permet.
Portrait 2
Jacky Martin, percussionniste
Jacky Martin participe ce soir au spectacle. il est l’un des 13 maîtres tambour qui va donner le rythme aux 200 percussionnistes. Un grand moment qu’il compte partager avec les 11 percussionnistes qu’il a entraîné dans le quartier du Cratère. « Nous nous sommes entraînés une fois par semaine pendant deux heures. Des gens qui n’ont jamais joué ont découvert la percussion. Ils ont vite appris même si ce n’est pas forcément simple d’apprendre des morceaux, avec la différence de niveau entre les personnes. » Jacky Martin, éducateur sportif à Saint-Benoît a l’habitude de travailler avec les enfants, de mener des actions pédagogiques. Son expérience de percussionnistes dans des groupes bénédictins (Matalon) ont fait de lui un des maîtres tambour pour le spectacle, mais pas seulement. Grâce à ce spectacle, une association de maîtres tambour a vu le jour pour valoriser ce vivier d’artistes bénédictins. « Nous espérons que l’aventure ne s’arrêtera pas à ce spectacle. Une cinquantaine de personnes vont certainement donner suite à cette expérience, mais nous en espérons plus. Notre objectif est de continuer à animer les rues, les manifestations culturelles dans toute l’île. » Jacky Martin espère que le lâcher de violons servira de déclic à la création d’un groupe actif d’artistes bénédictins qui ne manquent pas de talents, et qui n’attendent que d’être fédérés et valorisés.
E.P.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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