Conférence du professeur Wei Aoyu à la Région Réunion

L’apport culturel de l’Inde à la Chine : ’une rencontre fructueuse’

29 août 2006

Jeudi soir, un professeur de philosophie d’origine chinoise, enseignant à l’Université de Paris, a fait un exposé sur ’l’influence de la philosophie bouddhiste indienne sur la culture chinoise’. Au-delà de la richesse de cette conférence du professeur Wei Aoyu sur ’l’histoire d’une rencontre fructueuse’, ce qui a marqué cette soirée c’est l’amitié, la fraternité qui ont uni les Réunionnais de toutes origines, cultures et croyances, tous se sentant à la fois “sinoi”, “kréol”, “malbar”, “zarab” etc... et en même temps profondément “rénioné”, partageant la même interculturalité. C’est le sens de la future Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise.

Au nom du président du Conseil Régional, Radjah Véloupoulé, Président de la commission du Développement humain, a salué tous les partenaires de la conférence organisée jeudi soir à la pyramide inversée et toutes les personnes présentes. Il a rappelé l’importance que Paul Vergès accorde à "la problématique soutenant le projet de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise" (MCUR). Il a également rappelé que l’Inde et la Chine, évoquées par le professeur Wei Aoyu, sont porteuses de "civilisations qui ont fortement contribué à l’édification de l’identité réunionnaise".
L’élu de la Région a souhaité que "les générations présentes et à venir aient conscience des sacrifices consentis par nos aînés, qui ont quitté la terre ancestrale pour venir enrichir le sol réunionnais". Il a aussi émis le vœu "qu’elles puissent s’investir dans une démarche qui possède du sens : connaître l’autre pour mieux se connaître soi-même".

Un "éclairage nouveau"

Chargée de mission pour la MCUR, Françoise Vergès a souligné l’importance du fait que "de grandes philosophies du monde se sont rencontrées à La Réunion". Et Krishna Badamia, Président de la Fédération des associations et groupements religieux hindous et culturels tamouls de La Réunion, a rappelé que "l’Inde et la Chine représentent aujourd’hui trois cinquièmes de la population mondiale".
Enfin, Henri Chane Tèf, président de l’Association bénédictine culturelle chinoise, s’est félicité de "l’éclairage nouveau" apporté par le conférencier "sur le système de pensée chinois" et que son exposé va "rapprocher les Réunionnais de différentes cultures". Il a souhaité pour finir "que chaque Réunionnais se sente chinois, malbar, zarab, kaf, créole... et que la convergence l’emporte sur la divergence".

Par la route de la soie

Pendant une bonne heure et de façon parfois très érudite, le professeur Wei Aoyu a rappelé que la culture indienne a influencé la culture européenne et expliqué en détail comment elle a influencé la culture chinoise et celle de l’Asie du Sud-Est. Tout a commencé par la voie économique, plus précisément par la route de la soie à l’époque du haut empire romain, au 2ème siècle avant l’ère chrétienne. La soie, la porcelaine et le thé chinois sont échangés contre des pierres précieuses, des diamants et des épices d’Inde.
Finalement, en 67 après Jésus-Christ, des commerçants indiens font entrer en Chine le bouddhisme en convertissant l’empereur et les princes de la haute société. Durant huit siècles, des moines et des penseurs bouddhistes indiens traduiront le canon bouddhique en chinois. Et peu à peu, le bouddhisme indien sera sinisé ; il fusionnera avec le taoisme et le confucianisme, les fondements de la pensée chinoise, pour donner naissance à la pensée zen (ou chan).

"Le paradis c’est les autres"

Pour le professeur Wei Aoyu, "l’école zen est une école bouddhique sinisée". Elle aura une grande influence sur le progrès économique et social de la Chine mais également sur les arts et la littérature chinoise. Au point que "le bouddhisme est devenue une référence pour tout Chinois jusqu’à aujourd’hui ; il lui permet de toucher aux valeurs universelles".
Le conférencier a conclu que ces grandes philosophies et valeurs partagées par tous les humains font que "l’humanité vit comme une famille ; nous sommes tous frères et sœurs ; nous partageons les mêmes valeurs dans le même village qu’est la planète Terre ; nous vivons dans la même maison des civilisations, qui est magnifique car le paradis c’est les autres".
La soirée s’est terminée par de magnifiques danses indienne et chinoise, très appréciées par le public. Et le public s’est retrouvé dans le hall de la Région pour un cocktail, des rencontres amicales et des échanges fraternels sur cette riche diversité qui nous unit et sur cette unité réunionnaise, forte de notre interculturalité.

L. B.


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Témoignages - 82e année


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