Exposition de peinture traditionnelle chinoise

L’art impérial dans ses avatars contemporains

11 février 2006

La peintre chinoise Mengyu Aixingjueluo, invitée par l’École des Beaux-Arts de La Réunion, expose ses toiles pendant quelques jours dans le hall de l’Hôtel de Région, au Moufia.

L’entrée dans l’année du Chien de feu s’accompagne ces jours-ci de plusieurs manifestations culturelles préparées avec le concours d’associations de Réunionnais d’origine chinoise.
L’exposition visible pendant encore quelques jours dans le hall de l’Hôtel de Région est présentée avec le soutien de la Fédération des associations chinoises (FAC) et l’École des Beaux-Arts où Mengyu Aixingjueluo a déjà conduit des stages d’introduction à la peinture traditionnelle chinoise, un art dans lequel elle a acquis dans son pays une renommée sûre. Elle compte parmi les représentants les plus célèbres de la tradition de l’art impérial chinois. Elle serait aussi la seule femme peintre d’une sélection des "cent femmes les plus célèbres de Chine" distinguées par une association de recherche et le magazine Guide économique : les villes de Chine.

La peinture depuis l’enfance

Descendante du dernier empereur, Pu Yi, Mengyu Aixingjueluo s’est formée à la peinture depuis l’enfance auprès de maîtres tels que Aixingjueluo Fuzuo, Aixingjueluo Songchuang et He Haixia. Sa biographie évoque des années de formation à l’Université de Nankai, à la Faculté d’art oriental. Et depuis une vingtaine d’années, Mengyu Aixingjueluo s’est adonnée à une étude approfondie de la tradition impériale et de ses différents héritages : peinture à main levée, précision du pinceau, étude des couleurs... Mais à l’inverse de la tradition qui cloisonne les peintres de cette école dans des genres étroits (chevaux, fleurs, oiseaux, paysages terrestres ou marins...), elle pratique avec un certain bonheur et beaucoup de liberté l’ensemble de ces thèmes dans leur diversité.
Un critique chinois, Han Xiaojing, a dit de sa technique de peinture qu’elle était "incontestablement influencée par l’école de peinture de Huang Quan (dynastie Song) et l’école de peinture Yuanti (Ming)" et qu’"elle dessine avec le savoir-faire d’application des couleurs de l’école de Lingnan" - ce qui trace en quelque sorte le portrait d’une “innovatrice de la tradition” par un métissage audacieux de quelques-unes de ses techniques les plus remarquables. Les connaisseurs soulignent également l’originalité de structure de ses tableaux et l’élégance d’un style qui "rajeunit les peintures impériales".
Cet art est aujourd’hui très éloigné des grandes tendances de l’art chinois contemporain, comme pourront le vérifier ceux qui s’intéresseraient à la 6ème Biennale d’art de Shangaï, en préparation pour cette année. La dernière Biennale d’art contemporain chinois avait rassemblé en septembre 2004, sous le titre "Techniques du visible", un panel d’artistes chinois et du monde entier explorant aussi bien la peinture que l’art digital, la photographie ou l’art vidéo, dans des perspectives radicalement autres.

Élue de Tianjin

Depuis quelques années, Mengyu Aixingjueluo expose beaucoup en France, au Japon, à Singapour, Hong-Kong et Macao notamment. Elle vit et travaille à Tianjin, ville portuaire de la capitale chinoise avec laquelle notre île tisse des liens étroits depuis quelques années. Elle est notamment élue au Comité municipal de la Conférence consultative politique du peuple chinois et dirige l’Académie féminine des Arts de Tianjin.
Présente au sein de la délégation invitée pour la Foire des Mascareignes 2004, dédiée aux "merveilles de la Chine", Mengyu Aixingjueluo n’avait pu alors se voir offrir un lieu spécifique où exposer son travail, et le directeur de l’École des Beaux-Arts, Alain Séraphine, s’était promis d’organiser dès que possible une telle exposition.
À voir dans le hall d’entrée de la Région jusqu’au 14 février.

P. David


Dictionnaire des plantes chinoises

Le premier dictionnaire thématique consacré aux plantes chinoises vient de paraître, ont annoncé ses co-éditeurs, les Editions du Cerf et l’association Ricci, selon le “Quotidien du Peuple”.
Selon un communiqué des co-éditeurs, ce dictionnaire botanique chinois-français, latin et anglais de 902 pages comporte 20.000 entrées et des index permettant de se reporter à la description botanique et géographique ainsi qu’à l’utilisation des plantes.
C’est le premier d’une série de dictionnaires thématiques chinois-français, qui viendront étendre le corpus du Grand dictionnaire Ricci (près de 14.000 caractères, 2001) afin de transformer "le plus grand dictionnaire chinois en langue occidentale, sans équivalent dans le monde, en une véritable base de données évolutive, un dictionnaire perpétuel", ajoute le communiqué.
Le dictionnaire a été réalisé par Francine Fèvre, spécialiste de botanique chinoise, et Georges Métailié du Museum national d’Histoire naturelle. L’ouvrage a été édité grâce à un accord de mécénat avec la Fondation Yves-Rocher/Institut de France.
Le Grand dictionnaire Ricci - du nom du jésuite Mateo Ricci débarqué en Chine en 1583 - est le plus grand dictionnaire chinois-français édité en France. Son histoire s’étale sur 4 siècles.


Exposition à Saint-André

"Écrits et lieux de mémoire des Chinois de La Réunion"

Du 3 au 25 février, l’Association culturelle chinoise de La Réunion présente, avec le soutien de la ville de Saint-André, un programme d’activités construit autour d’une exposition sur les "Écrits et lieux de mémoire des Chinois de La Réunion", à la médiathèque Auguste Lacaussade, à Saint-André.

Ce programme propose notamment :

- des stages de calligraphie (samedi 11 et mercredi 22 - 14h à 17h30) ;

- des démonstrations de Mah-Jong (mercredi 15 et samedi 18 -14h30 à 17h) ;

- un atelier de peinture sur verre (samedi 18 - 14h à 17h) ;

- des contes chinois avec l’écrivain Daniel Honoré (mercredi 22 - 14h à 17h) ;

- la projection du film “La Boutik Chinois”, réalisé par Marie-Claude Lui-Van-Sheng et Ciné-Horizon en co-production avec RFO (vendredi 24 - 18h) ;

- un atelier animé par le Cercle généalogique de Bourbon (samedi 25- 9h à 17h) ;

- Deux conférences :
o l’histoire de l’immigration chinoise à La Réunion, par Edith Wong-Hee-Kam : vendredi 17 à 18h.
o Identité et métissage culturels chez les Chinois de La Réunion, par Live Yu-Sion : samedi 18 à 18h.

Informations complémentaires et contacts : ACCR, 108 centre commercial - 97440 Saint-André. Tél : 0692.881.931 - mail : [email protected]


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