La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Douze années d’existence
19 avril 2006

Du 12 au 14 avril dernier se tenait sur le campus de l’Université de La Réunion la 5ème édition de la Semaine culturelle comorienne. L’occasion pour nous de revenir sur les 12 ans d’existence de son initiateur, l’Association des étudiants comoriens de La Réunion (AECR), l’une des plus anciennes et plus dynamiques associations d’étudiants de l’Université de La Réunion. Elle est présidée par une jeune réunionnaise.
Julia Hantalama, fruit d’un réussi métissage réunionnais et comorien, est la pétillante présidente de l’AECR. Elle nous explique la raison d’être de l’AECR, créée voici 12 ans : "Notre association a pour but de présenter et défendre les intérêts des étudiants d’origine comorienne, tout en essayant de maintenir des contacts permanents entre les étudiants et la communauté comorienne présente dans l’île pour favoriser les échanges culturels, sportifs, etc...". Depuis sa création, l’association ne cesse d’organiser ou de participer à différentes activités culturelles (festivals, expositions, tournois sportifs, conférences, etc...) que ce soit à l’Université de La Réunion, ou ailleurs dans l’île.
"Nous avons pu renforcer nos liens avec les autres associations du CROUS, ainsi que d’autres associations culturelles et éducatives, sans oublier les associations comoriennes existant sur l’île et des partenaires commerciaux", observe Sidi, ancien président de l’AECR.
Membre fondateur de la FADER (Fédération des associations des étudiants de La Réunion), l’Association des étudiants comoriens de La Réunion est représentée au niveau national par la fédération nationale : FAGE (Fédération des associations générales étudiantes). Et il faut dire que les relations avec les administrations du CROUS et de l’Université se sont nettement améliorées. Et nous sommes désormais dans le rang des "grandes associations" du CROUS et de l’Université de La Réunion, c’est-à-dire ceux qui travaillent dans le cadre de l’amélioration de la vie dans le campus ainsi que l’animation.
Révéler la richesse culturelle des Comores
La jeune présidente Julia revient sur son propre parcours et nous raconte comment s’est passée sa mobilité en France et son expérience au sein de l’Association des étudiants réunionnais de Montpellier qui lui a permis un retour sur son identité et sa culture. Et elle poursuit : "À La Réunion, la population comorienne ainsi que sa culture sont généralement mal connues. Ces 5 dernières années, l’AECR a tenté de pallier cela par l’organisation de diverses manifestations culturelles à travers la Semaine culturelle comorienne qui, cette année, avait pour thème “La Littérature comorienne : hier et aujourd’hui”".
"Bien que la littérature écrite apparaisse tardivement aux Comores, il existe depuis des temps immémoriaux une littérature orale riche et surabondante non négligeable", nous fait remarquer Sidi.
Révéler cette richesse culturelle, souvent ignorée ou totalement inconnue, au monde étudiant était le but de la 5ème édition de la semaine culturelle. Le projet de cette 5ème édition était aussi de présenter les aspects de la diversité culturelle au sein de l’Université de La Réunion et de contribuer à l’harmonie des associations étudiantes, culturelles et éducatives.
Younous Jonas
An plis ke sa
o Pour faire connaître la culture et littérature comoriennes
Les écrivains comoriens ayant fait spécialement le déplacement depuis les Comores, Mayotte ou encore Marseille ne tarissent pas d’éloges envers les jeunes étudiants qui ont organisé cette 5ème édition de la Semaine culturelle comorienne :
L’écrivain-conteur Salim Hatubou est aujourd’hui la référence en matière de littérature comorienne. Non seulement il vit de sa plume, mais il est le seul qui publie régulièrement. Son œuvre prolifique est le reflet d’une société, de son histoire tumultueuse et de ses traditions. "Tout ce que j’écris, c’est sur la mémoire et l’identité. Je suis par conséquent très heureux que les générations partagent. Et je tiens vraiment à ce que la culture comorienne s’ancre dans la mémoire universelle, ce que l’action de l’AECR contribue à réaliser efficacement".
L’écrivain Baco compte aussi parmi les précurseurs de cette jeune littérature. Il souhaite que "notre jeunesse ne suive pas notre exemple, celui des aînés, mais qu’ils resteront eux-mêmes, dynamiques et fidèles à leurs aspirations".
Pour sa part, Sambaouma A. Nassar nous confiera : "Je suis fier que cette association persévère dans ses efforts à présenter la culture comorienne à La Réunion". Ce talentueux poète vient de publier son dernier recueil de poésie. Poèmes parlés en marge du jour, il est devenu une nouvelle révélation pour notre jeune poésie d’expression française.
L’Association des étudiants comoriens de La Réunion lance un appel à tous les étudiants et autres désireux de connaître la culture comorienne à prendre contact avec l’AECR en appelant le 06-92-06-92-53.
L’occasion de découvrir de nouveaux talents
Cette Semaine a été l’occasion de découvrir de nouveaux talents. Parmi eux, Ezidine Saïd Hassan (1) , photographe amateur. Ce jeune Comorien étudie actuellement le management à l’Université de La Réunion (L1 M.E.S). À la demande de l’Association des étudiants comoriens de La Réunion, il a préparé une exposition sur le thème de la Littérature de son pays.
Son art ne laisse pas indifférent par sa qualité technique et le pragmatisme de la réflexion associée. Son talent est particulièrement édifiant lorsque l’on connaît le matériel sommaire utilisé (budget oblige).
De ces aveux, il a toujours rêvé exposer. Il raconte qu’il est rare de le voir sur les albums de famille car lors des rassemblements, il est plus souvent derrière l’objectif.
C’était là sa première exposition personnelle. Une photo a particulièrement retenu notre attention : “L’indifférent” .
"C’est le gamin qui reste derrière", nous explique-t-il. Voici des extraits de l’interview qu’il nous a accordé.
"Pour moi, c’est cette photo qui représente le plus la littérature comorienne. On a l’impression que les autres avancent plus vite, mais lui, il s’en fout. C’est un peu le cas de la littérature comorienne d’expression française".
"Depuis le 18ème siècle, des auteurs transmettent des histoires. Mais il y aura bientôt plus d’écrivains que de lecteurs. En effet, il n’y a pas de culture de la lecture".
"Je me rappelle, lorsque j’étais enfant, j’avais lu Salim Atubou. Je l’ai rencontré, c’est un homme très sympathique, il m’a inspiré pour mon expo. Les photos d’enfants qui sont exposées ont été prises dans une classe de lecture. Les enfants lisaient Atubou, ils étaient comme hypnotisés. Ça m’a facilité le travail (rires)".
"Il ne faut pas délaisser les enfants. Il est vital pour la littérature comorienne que ces enfants considèrent la lecture comme un amusement et non une corvée. Il faut leur donner le goût de lire".
"Et je souhaite que ces enfants fassent la même chose avec leurs enfants".
(1) Contact : [email protected]
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Messages
4 septembre 2007, 11:58
Cela fait plaisir de voir qu’à travers des jeunes de l’ocean indien, des talents se font decouvrir qui, peut-etre, aideront à une meilleure integration et harmonisation au niveau regional.
L’ironie du sort est d’apprendre que, Said Hassane EZIDINE, ce jeune talent, est en instance d’expulsion par la prefecture de la Reunion. Pour dire que les prerogative de la Republique Française sont loin d’avoir l’integration de la region au coeur de ses préoccupations.
Un enseignant de l’Université des Comores