En lisant Paul Vergès...

L’exceptionnelle biodiversité des îles indianocéaniques.

20 septembre 2008

Pour Paul Vergès, « la biodiversité de nos îles représente un atout inestimable » (’Du rêve à l’action’, page 288). En effet...

... nos îles indianocéaniques présentent une biodiversité exceptionnelle. La superficie totale des RUP et PTOM est d’environ 1,5 millions de km2, sans compter les îles australes françaises. Grâce à ces territoires de l’Océan Indien, l’Europe possède un immense domaine maritime. La gestion d’une telle étendue est complexe car il faut prévenir les pollutions et protéger la flore et la faune marines. Les formations coralliennes ont une surface relativement limitée à l’île de La Réunion. Par contre, Mayotte, les îles Éparses et l’archipel des Chagos possèdent une diversité corallienne particulièrement riche. Phénomène rare, une double barrière de récif est présente à Mayotte. Les Chagos est par ailleurs le plus grand atoll du monde. L’Océan Indien est aussi un haut lieu pour la reproduction des tortues marines. Europa, qui fait partie des îles Éparses, est un des sites de ponte de Tortue verte les plus importants au monde. Ces territoires accueillent également une grande variété de mammifères marins dont plusieurs espèces de dauphins, le Cachalot et la Baleine à bosse.
Cet éventail d’îles volcaniques possède de hauts sommets sujets à des cumuls de précipitations considérables et qui sont couverts de forêts tropicales. A contrario, les îles coralliennes ont une végétation moins diversifiée et un climat plus sec, mais sont remarquables pour leur avifaune très abondante. Madagascar et les îles occidentales de l’Océan Indien forment l’un des 34 "hauts lieux" (hotspot) de la biodiversité mondiale reconnus par l’organisation "Conservation International". Ainsi, Madagascar a un des taux d’endémisme parmi les plus importants de la planète, avec une multitude de genres ou de familles animales et végétales spécifiques.

Net-Biome a été confiée à la Région Réunion.

La destruction directe des habitats naturels est sans nul doute la pression majeure que connaissent les écosystèmes terrestres de Mayotte et de La Réunion. A Mayotte, la végétation primaire a été presque entièrement détruite. A La Réunion, au XIXe siècle, la déforestation pour la plantation de canne à sucre, puis plus récemment le développement des infrastructures et l’urbanisation due à l’expansion démographique ont détruit près des deux tiers des écosystèmes naturels.
Le 6ème programme cadre pour la recherche et le développement technologique (PCRDT) de l’Union Européenne a mis en place un projet intitulé Net-Biome. Celui-ci associe autour d’un même objectif la plupart des pays et territoires d’outre-mer des zones tropicales et subtropicales appartenant à cinq pays européens (Espagne, France, Royaume-Uni,Pays-bas, Portugal) et les sept régions ultrapériphériques. Ces territoires disposent d’une biodiversité marine et terrestre exceptionnelle qui est effectivement un atout fondamental pour assurer durablement leur développement économique (valorisation et gestion de la biodiversité dont pêche, agriculture, tourisme,...). Néanmoins, leurs environnements sont plus exposés aux conséquences des changements climatiques, des risques naturels et des activités humaines que le reste de l’Europe. La responsabilité de la coordination du projet Net-Biome a été donc confiée à la Région Réunion. De toute évidence, une telle confiance de la part de l’U E couronne le fort engagement de Paul Vergès pour la défense de nos milieux naturels.

Rémy Massain

Climat et biodiversité

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