“L’œil nu” de la Compagnie Amoros et Augustin

L’image sur scène, les yeux dans les yeux

2 juin 2004

Le théâtre privilégie souvent le texte. La Compagnie Amoros et Augustin se concentre, elle, sur l’image. Créée il y a deux ans, la pièce “L’œil nu”, écrite et mise en scène par Luc Amoros, marque une nouvelle étape pour la compagnie. La pièce fait partie d’un cycle d’images fugaces qui mise sur la simplicité et le dépouillement. Un contrepoint au spectacle “360 degrés à l’ombre”, que les Réunionnais ont pu voir à Saint-Leu lors d’un du Leu Tempo Festival.
Un seul comédien, Solo (joué par Stéfane Marquès), porte cette pièce qui se présente à son début comme "un cadre sans toile, un atelier de peinture vide" qui attend le public. Pour Luc Amoros, le fondateur de la Compagnie Amoros et Augustin, il s’agit cette fois-ci de "voir comment avec rien du tout on peut exprimer autant de chose qu’avec une multitude de médias". La compagnie parle de l’image en tentant de trouver "le point de conjonction entre les regards, le point de convergence entre le désir de l’image et le désir de délivrer une parole avec l’image".
Quelques bribes de textes évoquent le regard, l’œil, la construction de l’image mise en scène par quelques gestes basiques. La compagnie souhaite la "bienvenue à ceux qui sont prêts à s’inventer eux-mêmes", refusant le pré-mâché.

Un spectacle hybride

“L’œil nu” n’est pas une performance d’arts plastiques portée à la scène. C’est bien du théâtre. Il sollicite le pouvoir d’imagination du spectateur. Peu à peu, un dialogue autour de l’image s’installe.
Stéfane Marquès, le comédien, s’est testé à la vidéo, à la peinture, à la danse au sein de cette compagnie. "C’est peut-être parce que nous ne sommes pas des spécialistes d’une discipline qu’on a pu en créer une autre", explique-t-il pour présenter ce spectacle hybride. Pour lui, "ce qui produit l’image sur scène c’est le corps", ici, "la main est prolongée par le pinceau".
“L’œil nu” vous propose un spectacle les yeux dans les yeux, au Théâtre du Grand Marché à Saint-Denis vendredi 4 juin à 20 heures. Deux séances à 15 heures sont également programmées au tarif unique de 5 euros, demain et samedi 5 juin.

Eiffel


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