L’interculturalité. Richesse, utopie ou hypocrisie ?

29 mai 2008

Le mercredi 21 mai Journée mondiale de la diversité culturelle décrétée par l’O.N.U (Organisation des Nations Unies) est le fruit d’une pensée universelle qui conceptualise l’interculturalité pour une pluralité existentielle. Le socle commun qui abrite la culture est l’Homme et la nature. Une association qui construit les identités pour dépasser la ghettoïsation des êtres. L’interculturalité est née dans les années 70, une période d’articulation à l’horizon d’une mondialisation sauvage où la société industrielle/plantation est mise sous tutelle des règles arbitraires de la société moderne. Une destruction des cultures, un pillage des valeurs planétaires. Un début d’appauvrissement d’une économie de proximité, c’est-à-dire la solidarité, le partage, la mutualisation des compétences, pour subsister, voir exister. Donc, l’interculturalité développe cet esprit d’unification pour éviter “d’être seul”.
L’interculturalité non seulement pose le problème du dialogue des cultures, l’interaction des civilisations et l’existence des êtres dans une harmonisation sociétale. Lui et moi, nous retrouvons-nous en concorde dans “l’universalisme fondamental” ?
A La Réunion, nos institutions, nos élus, les médias, notre système éducatif, les opérateurs touristiques prônent ostentatoirement les valeurs “du vivre ensemble” made in Réunion. Sommes-nous réellement conscients des enjeux planétaires qui entourent l’interculturalité économique, politique, environnementale, éducative, familiale, identitaire etc... L’interculturalité est-elle réellement une chance pour que les peuples sortent des stéréotypes négationnistes ?
La plus-value de la citoyenneté dans l’interculturalité est la dimension d’élever le débat sur les effets néfastes de la discrimination “institutionnalisée”, du racisme de couleur, gangrène de cette société. En parler, c’est informer. Ecouter, échanger, c’est prévenir. Dommage, très peu d’écho médiatique sur la mise en valeur de cette journée à La Réunion, sauf la table-ronde organisée par l’association EPI (Espace pour Promouvoir l’Interculturalité) à la Médiathèque Benoît Boulard au Port. Que doit-on retenir de cette déconsidération, le cycle de l’interculturalité à La Réunion arrive-t-il à sa fin ?
Les intervenants et le public ont partagé un débat constructif qui met un éclairage, une volonté de mieux se comprendre dans une interculturalité d’interprétation à la fois cultuelle et culturelle. Le processus de l’interculturalité est complexe socialement et personnellement.
Le vivre ensemble réunionnais est-il le fruit d’une interculturalité vécue sainement par tous, ou bien une multi-culturalité non conventionnée ? Si l’interculturalité est une valeur commune de notre société réunionnaise, alors pourquoi autant de disparités de traitement, surtout envers les Noirs ?
Le CRAN Région Réunion (Conseil Représentatif des Associations Noires) croit que les trois institutions capables de maintenir une harmonisation culturelle à La Réunion sont la famille, l’école et l’éducation spirituelle au-delà de sphères religieuses. Alors, déterminons nos objectifs pour une interculturalité vécue et non subie.

Le Président du CRAN Région Réunion,
Erick Murin


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