De l’océan Indien et d’ailleurs

“L’œil du cyclone” frappe une 2ème fois

30 novembre 2005

Auteurs, metteurs en scène, comédiens, musiciens, performers... Ils viennent des Comores, de La Réunion, de Mayotte, de l’Île Maurice, de Madagascar, d’Afrique du Sud, de France, du Mozambique, d’Australie, de Suisse, de l’île Rodriques, et tous s’engouffrent dans l’œil du cyclone, au Théâtre du Grand Marché.

Qu’est-ce que “l’œil du cyclone”, sinon l’enclos au milieu de la tempête créatrice, dépression artistique qui a déjà possédé le Centre dramatique de l’océan Indien, l’année dernière à la même époque.
Plus d’une cinquantaine d’artistes des 2 hémisphères se rassemblent autour de l’écriture, du théâtre, de la musique, des performances, du cinéma, pour débattre entre eux et avec nous, qui sommes bien embarrassés devant une programmation qui démarre jeudi et se poursuit jusqu’à mercredi, alternant lecture, lecture scénique, spectacle, rencontre, projection... (voir encadré pour les 2 premières journées).

"D’autres paroles sur le monde"

"Que des artistes expriment d’autres paroles sur le monde, d’autres façons de le penser et de le représenter, qu’ils soient déclencheurs de rêves, de spectacles, de visions singulières, de points de vue différents, voilà ce à quoi “l’œil du cyclone” s’acharne modestement mais avec passion", indique Ahmed Madani, directeur du Centre dramatique de l’océan Indien.
Ces journées permettent à chacun de sortir de son isolat et de se rencontrer. “L’œil du cyclone” est un événement unique en son genre, car il offre réellement à tous les artistes la possibilité et même l’obligation de travailler ensemble. De ces rencontres naissent des amitiés, de ces amitiés des projets, et c’est ainsi que se tisse, comme avec le chantier "l’improbable vérité du monde", non seulement des relations humaines Sud-Sud, mais aussi Nord-Sud. Tout le monde affirme que la coopération régionale ne peut se faire sans prendre en compte la dimension culturelle. Ici, maintenant, les mots prennent chair et les rivages d’ailleurs se rejoignent.

Eiffel

Voir www.cdoi-reunion.com


Ça commence demain

14 heures : Lecture de pièces inédites d’auteurs de l’océan Indien dans le cadre du Concours Beaumarchais : “Le rêve qui songe” de Jean-Luc Raharimanana, “La phobie du caméléon” de Shenaz Patel, “Le pays resté loin” de Lolita Monga, “Piridjas, le magnifique” de Sœuf Elbadawi.
18 heures 30 : Lecture scènique “Épilogue des noyés” (Épilogue des noyés du kwassa-kwassa sur la plage où pourrit leur viande) de Alain Kamal Martial. Pour renforcer le sens des récits - pour ne pas chasser de notre mémoire les milliers de noyés échoués sur les rives de Mayotte.
20 heures : “La nuit malgache”, une carte blanche à Madagascar avec de nombreux artistes malgaches (poètes, musiciens, stylistes, acteurs) auxquels se joignent des fonnkézèrs réunionnais pour un hommage poétique à la Grande Île.


Ce vendredi

14 heures : Lecture de pièces inédites d’auteurs de l’océan Indien dans le cadre du Concours Beaumarchais : “Monsieur de Rontaunay” d’Axel Gauvin, “Hermaphrodite” d’Alain Kamal Martial, “W 2 Wiktwar” de Francky Lauret.
20 heures : lecture scénique “Le pays resté loin” de Lolita Monga qui invente à partir du mythe de Médée, l’histoire d’une apatride pour parler de La Réunion d’aujourd’hui, du choc entre tradition et modernité.
21 heures 30 : Spectacle “The house of the holy afro”. Brett Bailey et sa troupe déjantée transforment le temps d’un soir la scène du Grand Marché en un night-club sud-africain. Le spectacle mêle mélodies spirituelles et rythmes acharnés de la house avec la poésie très hip d’Odidi Mfenyana. Un mélange d’afro-kitch du plus grand style pour une plongée dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui avec ses blessures et ses espoirs.


Tarifs
Lectures, rencontres : entrée libre
Lectures scéniques : 5 euros

Spectacle
Plein tarif : 20 euros (pass 2 spectacles : 22 euros)
Tarif réduit : 12 euros (jeunes, étudiants, demandeurs d’emploi, groupes et adhérents des autres salles)
Tarif adhérent : 10 euros
Tarif super réduit 8 euros (érémistes, intermittents du spectacle)


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Témoignages - 82e année


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