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La Cinor dévoile "un symbole mémoriel, le buste d’une Marianne noire"

Lutte contre commémorer les mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition

vendredi 19 mai 2023


Maurice Gironcel, président de la Cinor, a convié le président des Intercommunalité de France, Chère Sébastien, les représentants de la Région et du Département, le président de Lofis la lang kréol La Rényon et les élèves de l’Ecole de Musique Intercommunal de Beau Séjour, à commémorer "ensemble et à notre manière, les mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition".


En effet, la Cinor a exposé le vendredi 12 mai 2023 "un symbole mémoriel, le buste d’une Marianne noire" et s’est engagée à accueillir ses usagers également en créole.

Retrouvez ci-dessous le discours du président de la Cinor, et maire de Sainte-Suzanne, Maurice Gironcel :

L’abolition de l’esclavage est commémorée principalement lors de la journée nationale du 10 mai, elle est issue de la loi Taubira qui reconnait, par la France, la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.

C’est parce que nous sommes des citoyens français, c’est parce que nous sommes des Réunionnais citoyens français, et que nous avons conscience que notre peuple est né d’un crime contre l’humanité, que nous avons le devoir d’assumer les conditions historiques de notre naissance et de commémorer cette date de manière forte et avec fierté.

Notre fierté s’exprime également ce soir par le dévoilement tout à l’heure d’une Marianne noire pour la première fois en France au sein d’une intercommunalité.

Si La Marianne trône dans toutes nos mairies, c’est chose beaucoup moins courante au sein d’une communauté d’agglomération.

Marianne qui représente la permanence des valeurs qui fondent l’attachement des citoyens à la République et qui s’est construite par l’adhésion progressive de l’ensemble des citoyens à la devise de la République "Liberté, Égalité, Fraternité".

La nôtre, notre Marianne Noire représente un pan de notre histoire, celle qui a connu l’esclavage, celle qui a combattu pour la liberté, celle qui mémorise et archive le combat des hommes comme Aimé Césaire, Paul Verges et la reconnaissance des luttes de nos esclaves tel que Furcy, Cimendef, Héva ou encore l’esclave Eli.

Une marraine de l’histoire de La Réunion, qui porte le nom de toutes les maronnes, de toutes les femmes qui qui ont participé aux côtés des hommes à construire cette île ou la pluralité signe notre unité dans un vivre ensemble unique pour demain mieux faire ensemble.

Notre Marianne noire, installée ce 12 mai 2023 à la CINOR et réalisée par le sculpteur Henri MAILLOT, s’inscrit dans cette démarche commémorative et symbolise à la fois la fin du combat du peuple noir pour sa liberté et les valeurs intangibles de la République.

C’est tout naturellement qu’elle ornera désormais le hall de la première intercommunalité des pays dit d’Outre-Mer.

Nous avons choisi, dans ce même événement, de formaliser la décision prise par notre conseil communautaire du 9 décembre 2022, de faire de la CINOR une collectivité bilingue français-créole.

Une dynamique pour la promotion et la reconnaissance de notre langue créole initiée par l’association Lofis la lang kréol La Rényon dont nous saluons le travail et la présence ce soir.

Je vais avoir ce soir le plaisir de rendre formel cet engagement et concret car vous pouvez déjà voir les premières signalétiques bilingue, en cosignant avec son président Axel Gauvin, la charte « collectivité bilingue ».

Déclarer notre intercommunalité, collectivité bilingue créole-français, c’est d’abord, au quotidien, accueillir et reconnaître l’expression, en créole, d’une partie de nos administrés et supprimer la barrière de la langue qui peut entraver la communication.

Il me parle en français, je lui réponds en français.

Li koz ek moin en kreol, mi répond ali en kreol ! Lé osi simp ke sa !

L’administré est accueilli, sa demande formulée est entendue et c’est le service public qui est en sort grandi.
Déclarer notre intercommunalité, collectivité bilingue créole-français, c’est aussi reconnaître qu’au fil du peuplement de l’île, des populations d’origines et de cultures diverses (colons, esclaves, engagés, migrants...) ont, par la force des choses et la nécessité de coexister, pu et su construire du commun.

Un commun qui a vraisemblablement contribué à l’instauration de ce vivre-ensemble dans lequel une grande partie de la population réunionnaise se reconnaît aujourd’hui.

Un commun que l’on peut décliner par exemple en pratiques culinaires multiculturelles, démarches culturelles, musicales mélanzé et, fondamentalement, usage du créole.

Mon manzé, mon misik, mon kozé, troi zarboutan mon lidentité !

Cette identité, si riche, si complexe et en constant rééquilibrage de ses part d’ombres et de lumière. Qui fait que la décision de l’un peut être outrage pour l’autre. Prenons du recul. Dépassionnons. Privilégions l’intérêt public. Nous avons tout à y gagner.


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