Loi du 23 février 2005 : table ronde à l’Université

La colonisation ? Parlons-en ici même !

22 février 2006

Demain à l’Université de La Réunion se tient une table ronde intitulée “Écrire l’histoire coloniale après la controverse sur la loi du 23 février 2005”. Le but recherché est de permettre la plus large expression sur la manière dont les Réunionnais et les Réunionnaises perçoivent ce phénomène qui s’est achevé officiellement il y a 60 ans, à peine, et qui a modelé une grande partie du monde actuel.

23 février 2005 - 23 février 2006 : un an que la loi "portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés" a été votée. Un an que pétitions et contre-pétitions ont circulé. Le 16 février est paru au Journal officiel le décret (signé par le ministre de l’Éducation nationale) qui abroge l’article 4 de cette loi, à la suite d’une intervention personnelle du Chef de l’État. Un article qui demandait que les "programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord."
Est-ce à dire que tout est réglé ? Non, reste à penser la colonisation, à évaluer ses diverses formes historiques et ses traces actuelles, y compris dans les mensonges officiels ou les dénis individuels et collectifs. Un travail à mener en France, ancienne puissance colonisatrice, et, en ce qui nous concerne directement, à La Réunion, terre colonisée sur une longue période de son histoire, qui elle-même n’a pas échappé, brièvement, à la tentation colonisatrice...

Diversité des interventions

D’où la table ronde “Écrire l’histoire coloniale après la controverse sur la loi du 23 février 2005”, à l’invitation du Président de la Région Réunion et du Président de l’Université de La Réunion, en préfiguration des actions de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise.
Professeur émérite à l’Université Paris VII, Claude Liauzu rappellera pourquoi et comment lui et d’autres historiens ont lancé dès mars 2005 la première pétition contre l’article 4. Ghislaine Bessière (Rasine Kaf) évoquera l’action des associations impliquées dans une démarche culturelle sur le vécu de la colonisation et ses traces. Sudel Fuma, titulaire de la chaire de l’UNESCO, apportera son éclairage d’historien réunionnais. Carpanin Marimoutou, professeur de l’Université de La Réunion et chargé de mission pour la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise posera la question de la mémoire dans le cadre de la MCUR. Enfin, Françoise Vergès, professeur au Goldsmith College en Grande-Bretagne et vice-présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage, explicitera le lien entre l’esclavage et la colonisation.

Demain à Saint-Denis

Au-delà de la diversité des interventions, le but recherché est de permettre la plus large expression sur la manière dont les Réunionnais et les Réunionnaises perçoivent ce phénomène qui s’est achevé officiellement il y a 60 ans à peine, et qui a modelé une grande partie du monde actuel.
Cela se passera à l’amphithéâtre Lacaussade, à l’Université de La Réunion, au Moufia (Faculté des Lettres), le jeudi 23 février, à 17h 30. Un débat qui n’épuisera sans doute pas toutes les questions et qui annonce un approfondissement nécessaire.

B. C.


Chikungunya : Huguette Bello interrogera le gouvernement aujourd’hui

Séance interrompue à l’Assemblée nationale

Hier, la députée de La Réunion Huguette Bello devait poser une question au gouvernement sur l’épidémie de chikungunya qui touche notre pays. Mais, fait rarissime, la séance a été interrompue, ce qui n’était arrivé précédemment que deux fois depuis 1982. C’est donc aujourd’hui que la députée PCR interrogera le gouvernement.


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Témoignages - 82e année


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