La coopération artistique avec l’île rouge

30 juillet 2008

Qui est en quête de résidence d’artiste ? Il y a ceux qui veulent soigner leur press-book, et partager des ateliers exclusivement avec des artistes européens. Je vous recommande Madagascar. On y fait des rencontres plus qu’enrichissantes, déterminantes.

Un artiste réunionnais est bien évidemment attiré par les potentialités de l’Europe. Il est vrai qu’à Paris, on rencontre tous les genres, tous les peuples, toutes les musiques. On a déjà cela chez nous. Notre île est riche en couleurs, en cultures. Nous pouvons alors nous tourner vers des pays de la zone, les “îles sœurs”, qui ont longtemps partagé notre histoire. Madagascar est sûrement celle qui gagne mon affection. Authentique, rouge, sa terre a donné vie à nos ancêtres. Sortis de Fort Dauphin, ou de je ne sais où encore sur les côtes malgaches, ses fils ont construit notre société créole. L’artiste réunionnais serait surpris de voir des lanbrokin sur quelques varangues malgaches. Tenez ! l’épopée des Réunionnais de la Sakay reste dans les mémoires non seulement pour le courage de certains pionniers, non sans oublier la dureté de certains vis-à-vis des “employés” malgaches, mais aussi parce que des bal la pousièr se tenaient pour divertir les Réunionnais “nostalgiques”. Nous avons à partager avec la Grande Île. De grands noms du répertoire musical réunionnais ont côtoyé les Salons tananariviens, Luc Donat entre autres. Aujourd’hui, des groupes de musique comme Lindigo s’approprient entièrement ce pays, s’inspirent. On nous parle de coopération régionale. Mais force est de constater qu’il est difficile de nouer un lien permanent avec une île si proche. Comment développer la relation entre nos deux pays ? Et pas seulement dans le sens Réunion-Madagascar !

Coopération artistique

Jules Hermann avait, lui, contribué à la mystification de l’île, avec un mythe qui ralliera bon nombre à travers l’océan Indien. La Lémurie fait encore rêver des Réunionnais, des Parisiens, des Mauriciens, des Malgaches. Aujourd’hui, des artistes malgaches tels que Xhi&M’aa continuent à faire vivre l’œuvre d’un auteur réunionnais. Bref, il y a bien longtemps que nos deux îles nourrissent des liens “culturels”. A Tananarive, aujourd’hui, on peut se prélasser au café du zoma, où se rencontrent les artistes “branchés” de la haute ville malgache. Le lieu est plus communément appelé Rarihasina. Lerka a déjà ouvert la voie, en invitant des artistes réunionnais, dont Jakomaron, à travailler avec d’autres artistes. C’était un peu la volonté de Richard Razafindrakoto, plasticien disparu trop tôt. Il fut un pilier de l’art contemporain malgache. C’est peut-être en sa mémoire qu’il m’importe de promouvoir des actions de coopération artistique entre nos deux îles. Il faudrait créer des expositions collectives, organiser des rencontres littéraires, exporter la musique réunionnaise.
Le festival de Donia à Nosy Be peut être une belle façon de montrer ce qui se fait de mieux à La Réunion, mais Madagascar est si grand ! Allez ! sac à dos, carte, plumes, papiers, crayons, ou votre instrument de musique, pinceau pour qui veut, il est temps de nous tourner vers les pays de la zone. Aujourd’hui, Madagascar, demain Maurice, l’Inde, la Chine, l’Afrique. Allons coopérer...

Bbj


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Témoignages - 82e année


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