Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
32 ème anniversaire
9 juillet 2007

L’Archipel des Comores fête cette année le 32ème anniversaire de son indépendance. La diaspora comorienne de La Réunion organisait samedi soir une soirée culturelle afin de mieux faire connaître la richesse culturelle comorienne et sortir de l’oubli la Fête de l’indépendance.
Le 6 juillet 1975, la Grande Comore, Mohéli et Anjouan deviennent indépendantes. Mayotte, elle, reste sous administration française, sûrement pour raison géostratégique dans le Canal du Mozambique. Les Mahorais voteront toutefois à 64% contre le référendum d’indépendance de l’Archipel des Comores. « Le 20ème siècle comorien a été marqué par des bouleversements sociopolitiques. Les Comores ont traversé le siècle sans jamais réussir à trouver un véritable équilibre, un véritable consensus politique ou même social », écrit Mahmoud Ibrahime, chercheur au Centre de Recherches sur l’Océan Indien (CEROI-INALCO), spécialiste sur l’histoire politique des Comores. Comme le relève la communauté comorienne de La Réunion, « le bilan de l’indépendance des Comores n’est pas, hélas, réjouissant. Les tensions sociales rajoutées au manque de compétences des dirigeants comoriens gangrènent le pays, à tel point que la population semble oublier la Fête de l’indépendance, y compris une bonne partie de la diaspora comorienne ». Est-ce seulement possible qu’un jour, les Comores puissent profiter d’un climat serein, afin que s’épanouissent ses jeunes générations ?
Quand la France colonise ...
À lire des anciens manuels d’Histoire proposés par des historiens profondément colonialistes, la présence française était salvatrice pour les populations de l’archipel, n’hésitant pas à exagérer les batailles entre chefs comoriens, pour justifier la colonisation et la pérenniser. Les Comores furent d’ailleurs appelés “l’Archipel aux sultans batailleurs” par un certain Urbain Faurec, autrefois conservateur du musée de Tananarive, qui n’a effectué qu’une mission ethnographique en 1936 dans l’archipel, lui permettant d’établir, manifestement, que des préjugés infondés. C’est à partir de cette mission qu’il a rédigé et publié en 1941 un ouvrage intitulé “L’Archipel aux sultans batailleurs”, longtemps tenu pour référence en matière de l’histoire des Comores. La bataille est tout autre aujourd’hui, « sur fond de jalousie avec Mayotte », me confie un ami comorien. N’oublions pas que les autres îles de l’Archipel des Comores ont été officiellement colonisées 70 ans après que ne le fut Mayotte. En fait, loin de vouloir sauver les Comores d’une « guerre fratricide », la France s’est surtout montrée de marbre face au devenir de l’archipel. Elle s’intéresse davantage à Madagascar et souhaite par-dessus tout empêcher toute autre grande puissance (Angleterre, Allemagne) de s’installer dans la région. La colonisation n’arrange pas le sort des Comoriens, puisque l’État colonial se désintéresse de l’archipel, s’alliant même aux colons pour les soumettre. Dès 1915, au Nord de la Grande Comore, l’Administration française doit faire face à une révolte. Elle ne réussit pas à y mettre fin, ni par les menaces, ni par les armes. Elle y parvient enfin par la médiation des notables. Une méthode classique sous la colonisation, et qui sera reprise par l’État comorien indépendant. On pourrait dès lors se demander - et la réponse vient d’elle-même - si la France n’est pas responsable du chaos qui s’installe dans les îles de l’Archipel des Comores ?
La question comorienne en suspens
A quand la sérénité sur l’Archipel des Comores ? Les Comoriens ne le savent pas. Ils espèrent à chaque élection du changement, de la stabilité, du développement. Ils souhaitent aussi de la France une attention particulière pour les leurs, restés aux pays. Quand on demande ce qu’ils pensent de la situation des clandestins comoriens à Mayotte, les mots se font rares. De peur de trahir un des leurs ? Il est surtout difficile de décrire l’incompréhension, et surtout de décrier les méthodes de la France sur un territoire qu’elle revendique, et qui est « profondément comorienne », entendrais-je. Pendant l’occupation française, nombre de fois ont été décriées l’attitude française, les humiliations, les provocations aussi. Aujourd’hui, il suffit de se rendre dans les rues de Mamoudzou pour se rendre compte d’une autre humiliation, celle presque volontairement passée sous silence. Et si cela avait un lien ? Les Comoriens fuient la situation de leur pays pour trouver à Mayotte un semblant de “meilleures conditions de vie”. Ou encore, comment le développement de Mayotte est-il perçu dans l’archipel ? La diaspora comorienne s’implique, comme elle le peut, dans le développement des Comores. Mais on n’en est pas à un dispensaire près. C’est une politique générale de développement qu’il faut mener à bien et non plus seulement des actions ponctuelles. Certes, promouvoir la culture comorienne est indéniablement important, et notamment à La Réunion, qui voit apparaître des slogans des plus haineux à l’encontre de la communauté comorienne. Mais sommes-nous seulement concernés ? Cela, même si nous sommes partie prenante pour un co-développement dans le cadre de la coopération régionale ? Et puis, est-ce à nous d’insuffler le développement des Comores ou est-ce aux Comoriens de mener leur développement ? Doit-on seulement se baser sur le bilan de l’indépendance des Comores pour agir ? Et si on en parlait avec la communauté comorienne ? Nous fêtons volontiers l’indépendance de l’Inde, de l’Afrique du Sud, de Madagascar. L’année prochaine, notre île fêtera-t-elle unitairement l’indépendance des Comores ?
Willy Técher
Pour la petite histoire
965 av J.C : Le Roi Salomon aurait visité l’archipel selon la légende.
Avant le 15è siècle : Les îles Comores ont été habitées par des bantous.
16è siècle : Débarquement des portugais, instauration des sultanats et de l’islam.
En 1819 : Le gouverneur de Bourbon (aujourd’hui La Réunion) remet au Commandant du Lys des « instructions secrètes » en vue de la colonisation des Comores. On peut y lire : « M. Lelieur appareillera, dès ce soir, pour se rendre à l’île d’Anjouan, dans le Canal de Mozambique. En quittant Anjouan, il visitera les îles Comores, Mohéli et Mayotte et, afin d’être bien accueilli des Arabes qui les habitent, il se fera donner des lettres de recommandation par le souverain d’Anjouan ».
1841 : La France occupe Mayotte.
1886 : La Grande Comore, Anjouan et Mohéli deviennent des protectorats français.
1912 : Annexion formelle de l’archipel par la France et rattachement à l’administration de la colonie de Madagascar.
9 juin 1946 : Autonomie administrative et politique vis-à-vis de Madagascar.
24 septembre 1946 : Les Comores deviennent Territoire d’Outre-mer.
15 juin 1953 : Déclaration commune sur l’accès des Comores à l’indépendance.
22 décembre 1974 : Referendum favorable à l’indépendance. En Grande Comore, à Moheli et à Anjouan, 96% des suffrages exprimés sont favorables à l’indépendance. A Mayotte, le “non” l’emporte à 64%.
6 juillet 1975 : Déclaration unilatérale d’indépendance par les représentants comoriens. Si la Grande Comore, Anjouan et Moheli sont automatiquement concernées, Mayotte est maintenue sous administration française.
8 juillet 1975 : Ahmed Abdallah est élu premier Président du pays.
3 août 1975 : Coup d’État par le Front national uni.
2 janvier 1976 : Ali Soilihi arrive à la tête du gouvernement
12 mai 1978 : Coup d’État avec l’appui des mercenaires, menés par Bob Denard.
22 octobre 1978 : Election d’Ahmed Abdallah comme président.
1978 : Deuxième constitution à connotation fédéraliste, naissance de la République fédérale islamique des Comores.
Novembre 1989 : Nouvelle constitution approuvée par referendum.
26 Novembre 1989 : Assassinat du Président Ahmed Abdallah.
1990 : Election de Saîd Mohamed Djohar, reconnaissance officielle des partis politiques.
Septembre 1995 : Nouveau Coup d’Etat par les mercenaires.
Octobre 1995 : Retour de Saïd M. Djohar au pouvoir jusqu’aux élections en 1996.
Mars 1996 : Mohamed Taki Abdoulkarim est élu Président des Comores.
Juillet 1997 : Anjouan et Mohéli annoncent leur sécession à la République.
Novembre 1998 : Mort du Président Taki, Tadjidine Ben Saïd Massounde devient Président par intérim et nomme Abbas Djoussouf Premier ministre.
23 Avril 1999 : Accords d’Antananarivo sous l’initiative de l’OUA, la délégation anjouanaise ne signe pas et cherche d’abord à consulter la population de l’île.
30 Avril 1999 : Coup d’Etat et prise du pouvoir par le colonel Azali Assoumani.
6 Mai 1999 : Charte constitutionnelle énonçant que chaque île est placée sous l’autorité d’un gouverneur nommé par le chef de l’Etat.
26 Août 2000 : Signature des Accords de Fomboni par les 3 îles. Relance du processus de réconciliation nationale.
23 décembre 2001 : Referendum sur la constitution de l’Union des Comores, qui mettra fin à la République Fédérale Islamique des Comores.
7 avril 2002 : Election des présidents des îles autonomes de Mwali et de Ndzouani.
14 avril 2002 : Election du président de l’Union des Comores.
19 mai 2002 : Election du président de l’île autonome de Ngazidja.
IEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Mézami pou sak la viv lontan dann nout péi La Rényon-dizon pou sak la konète la loi disnèf mars 1946 kan l’arivé, zot téi panss sirman la fain (…)
Plusieurs millions de personnes supplémentaires en insécurité alimentaire
Vote unanime d’une loi à l’Assemblée nationale à Paris
IEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient » Économie réunionnaise : le calme avant la tempête Kansa (…)
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture
Messages
5 juillet 2011, 16:58, par faveto
je suis comorien , j aurai aimé venir , etre avec vous mais , on ne sais ou sa se passe merçi de nous presiser ou ; merçi aux organisateurs