Saint-Denis

La fête de Guan Di 2007 fédère les curiosités

6 août 2007

L’édition 2007 de la fête de Guan Di a connu ce week-end une forte affluence, surtout samedi matin lors de la parade inaugurale. Le temps fort de ce lundi est l’anniversaire des temples de la rue Saint-Anne : les 110 ans du temple Thiaw Law Tong et 111 ans pour le temple Chane.

Le peintre et chercheur Wu Duochao fait une démonstration de son art devant des jeunes Mauriciens captivés. Il est l’inventeur, depuis 1941, d’un procédé de peinture et gravure par photoexposition. Wu Duochao est l’un des invités formant la délégation chinoise, avec d’autres artistes : montage de tissu, gravure sur écorce de bouleau, assemblage d’écailles et calligraphie ancienne sont les animations présentes dans sous pavillons de toile. (photo PD)

L’édition 2007 de la fête de Guan Di est marquée par un effort particulier pour accentuer la dimension culturelle et spirituelle de la présence chinoise à La Réunion. Il y a d’abord eu le cycle des conférences données par Anne Cheng tout autour de l’île, auxquelles ont fait échos les causeries données à l’étage inférieur du “Village des Han” ; l’accent mis sur l’apprentissage de la langue, notamment au pavillon de l’amicale des Réunionnais d’origine chinoise (A.R.O.C), sur la calligraphie ; la nuit du Mah-Jong qui a réuni 20 tablées de passionnés pour une soirée organisée entre 18h et 2h du matin... A 6h le lendemain matin, 7 tablées poursuivaient une partie acharnée !
Pourtant, il faut peut-être méditer l’appréciation portée par l’un des jeunes Mauriciens venus fêter Guan Di à La Réunion pour la 3e année consécutive. Répondant à une question sur la différence entre la fête Guan Di qui a été fêtée hier aussi à l’île Maurice et celle de La Réunion, il a répondu spontanément que « la fête à l’île Maurice est plus culturelle ; celle de La Réunion plus “touristique” ». Le brassage serait-il plus important dans notre île ? Ou est-ce une impression tirée du “Village des Han”, cette galerie marchande aménagée sur plusieurs niveaux du parking de la rue Sainte-Anne, dans laquelle on trouve “un peu de tout” et beaucoup de commerce New age ? Le résultat est un brassage qui témoigne à sa façon d’un mélange prononcé et d’une imprégnation plus importante de la culture chinoise dans la société réunionnaise, comparée aux décennies passées.
C’est ce qu’ont soulligné aussi le représentant du Conseil régional, Rajah Véloupoulé et le député-maire de Saint-Denis, René-Paul Victoria, dans leur allocution inaugurale.
Une exposition rend compte de ce processus culturel d’intégration, dans l’espace des causeries. On y retrouve les “boutik shinoi” - la première serait apparue en 1858 - et les différentes fêtes culturelles chinoise célébrées à La Réunion. Au départ, elles ne l’étaient que par les émigrés chinois ; elles sont aujourd’hui très largement partagées. Dans le même espace, on peut découvrir ou approfondir la connaissance des familles d’origine chinoise, l’histoire et la signification de leur nom, etc.


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Témoignages - 82e année


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