Festival Artkenciel 2008

La fête... la fête

31 mars 2008

Le Festival Artkenciel 2008 entre dans la catégorie culturelle « à ne surtout pas rater ». Cette année encore, le spectacle sera grand. Grand comme chaque invité de cet événement, dont Johnny Clegg, Maalesh, le ballet national mozambicain, et tant d’autres surprises. Nos artistes réunionnais ne sont pas en reste non plus. Ce sera la fête, la découverte, l’ouverture sur les cultures de l’Océan Indien.

Prévu en novembre 2007, le festival Artkenciel a été reporté au mois d’avril prochain, « afin de réunir les meilleures conditions d’une réussite qui est essentielle pour la pérennité de cet événement », explique l’Office départemental de la culture (ODC). Malgré la qualité de la programmation, ce festival a mis du temps pour faire adhérer le public réunionnais. Aujourd’hui, avec une telle programmation, le public réunionnais ne peut manquer l’événement. Allez réserver vos places, mounoir ! Le coup d’envoi est prévu le 8 avril à 20 heures au théâtre de Champ Fleuri. Et c’est Johnny Clegg et ses danseurs zoulous qui ouvrent le rond. Oui, c’est en semaine, et c’est un mardi. Mais le spectacle sera grand, vous le savez déjà. On ne présente plus le zoulou blanc, à qui l’on doit les plus fervents textes anti-apartheid, et son "Asimbonanga", vibrant hommage à Nelson Mandela et son combat contre la ségrégation raciale. Bref ! Ce tube planétaire vibrera dans le théâtre dionysien, mais ne sera sûrement pas oublié le jeudi 10 avril. Le festival se poursuit au théâtre de plein air de Saint-Gilles, avec un plateau entre l’Afrique du Sud et La Réunion. Zorkri Maloya, Johnny Clegg et Kozman Ti Dalon. Le plateau est plus que relevé, et notre maloya n’aura pas à rougir devant la puissance scénique sud-africaine. Entre la poésie sonore de Zorkri Maloya, et le détonant groupe saint-louisien Kozman Ti Dalon, la tradition réunionnaise aura tout l’espace pour s’exprimer. Notre jeunesse sait se tenir sur scène, et faire danser les ouailles du maloya.

Un voyage culturel

Ce festival se déroule en soirée, à partir de 18 heures 30. Avant les concerts, qui débutent à 19 heures, les festivaliers auront tout le loisir de découvrir les expositions de sculptures, de photographies. Le PRMA tiendra un stand, pour faire découvrir son travail de mise en valeur patrimoniale du répertoire musical de l’Océan Indien. Et les chais de Cilaos et la société Castel présenteront leur meilleur cru. N’oubliez pas : entre boire et conduire, il faut choisir. Et l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Comme ça, c’est dit, même si l’on ne peut nier toute la qualité de ce breuvage péi. Mais non, le slogan sera : musique pour seule drogue. A consommer avec excès. Tenez ! le vendredi 11 avril, ce serait un crime que de louper ce petit voyage culturel dans l’Océan Indien. Imaginez-vous voguant entre Les Comores, Zanzibar, l’Inde, pour mieux revenir à La Réunion et finalement danser un Bal Séga avec Ousanousava. Tout ça, un verre de bon vin à la main. Je m’en fous, je ne conduirais pas. Maalesh est un ami, du temps de « 30 rue, deux goyaves », et du mythique bar-concert L’Escobar. C’était maloya tous les soirs, et un jour, ce musicien est venu gratter six cordes à la maison. Sans comprendre le shikomori, tout le monde a été bluffé par la lumière sonore de sa musique, devenue je crois un modèle chez lui, et partout où il a posé les pieds d’ailleurs. C’est une étoile qui va filer dans ce festival. Tout le monde à son téléscope ! Parce que parlant d’étoile, il y a aussi la comète Zanzibar. Culture Musical Club et son orchestre Taarab vont faire résonner violons, cithares, flûtes, violoncelles et contrebasses, chœurs de femmes, et solos authentiques, pour nous faire rappeler que l’Océan Indien s’illustre par sa diversité culturelle, un cheminement entre tous les continents, dans un esprit de partage, de réunion, allez ! disons de créolisation. Après avoir mouillé près des côtes africaines, nous partons pour une escale en Inde, avec Sidi Goma, de fidèles passeurs entre l’Afrique et l’Inde, deux continents aux cultures millénaires. Peut-on parler de transe pour cette troupe de musiciens et de danseurs ? Basées sur des chants religieux, leurs créations témoignent de l’apport ancestral, et de l’envie de conserver une part de l’Afrique sur le continent asiatique. C’est un peu de l’esprit créole, quoiqu’il s’agit d’une toute autre affaire. Les Sidis du Gujarat en Inde transmettent une musique traditionnelle, comme pour nous rappeler les nuances de l’interculturalité. Fin de soirée : après un parcours dans les cultures « matricielles », ceux qui ont contribué au devenir de notre propre culture, nous redécouvrons le bal séga avec Ousanousava, le “lontan” pas si loin derrière, où jeune homme invitait demoiselle, dans le rond du bal goudron, bal macadam, bal la poussière.

Dernière soirée defé

Hop hop hop ! Ce n’est pas fini. Samedi 12 avril est soirée de clôture, avec autant de musiques, de traditions, de nouveautés, de modernité. Après le détour traditionnel vers les stands du parc culturel du festival Artkenciel, c’est Lo Griyo qui déboule sur scène, avec le génie enviable, et les complaintes d’un fonnkézèr en devenir. Sami Pageaux-Waro, Luc Joly, deux incontournables qui ne manqueront pas leur cible. Vous admirerez la performance, parce que c’est de cela qu’il s’agit. Sami à tout faire, c’est percussions, marmite, cordes, et vent aussi. Luc Joly souffle comme jamais, à vrai dire, et donne de l’eau au rouleau compresseur. Lo Griyo, c’est la folie des grandeurs,scéniques, sonores, et un orchestre en duo. Zanzibar sera une nouvelle fois à l’honneur avec le Culture Musical Club, et Bi Kidude. Mais surtout, ne loupez pas le ballet national mozambicain. Ce sera détonant ; les percussionnistes apprécieront. Après, dois-je présenter le groupe malgache Wawa ? Ce jeune prodige de la Grande île produit un salegy endiablé, qui usera des reins, je vous le dis. La communauté malgache de La Réunion pourra vous le dire : « i fo le kor po suiv la kadanss ». J’espère que vous avez l’eau à la bouche. J’en connais qui salivent d’avance. Rendez-vous donc le 8, 10, 11, et 12 avril, pour le festival Artkenciel 2008.

Babou B’Jalah


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