Culture et identité

La langue régionale bien intégrée dans les programmes scolaires

Corse : prise en compte des spécificités

Témoignages.re / 9 juillet 2007

Des classes bilingues corse-français, un enseignement possible dès la maternelle et trois heures de corse par semaine : dans le primaire en Corse, l’enseignement de la langue régionale est pleinement intégrée dans les programmes. Les modalités de son enseignement doivent être présentes dans le projet d’école.

L’apprentissage d’une langue autre que le français ou le corse à partir du CE1 ne doit pas remettre en cause la place importante de la langue régionale, soutient la circulaire rectorale relative au "Dispositif académique d’enseignement des langues étrangères et régionale dans le premier degré".
Dans l’Académie de Corse, l’enseignement de la langue régionale a des résultats positifs. Le Rectorat souligne que « l’enseignement du corse depuis l’Ecole maternelle permet en effet aux élèves un contact précoce avec une langue autre que le français et une gymnastique intellectuelle de nature à faciliter l’apprentissage ultérieur d’autres langues ». C’est encore plus vrai dans les classes bilingues, où le corse est une langue d’enseignement, au même titre que le français.
Tout ceci se passe dans une région insulaire de la République, peuplée de moins de 300.000 habitants, dont les effectifs scolaires étaient l’an dernier inférieurs à 50.000 élèves.
Il est à noter qu’en Corse, pour le Rectorat, l’enseignement des langues doit tenir compte des spécificités du pays. Cela se traduit donc par la place importante accordée à la langue régionale. Cela se révèle également dans les choix préconisés des langues étrangères. « La nécessité d’apprendre l’anglais à un moment de sa formation n’impose nullement qu’il soit la seule langue étudiée dans le Primaire comme en LV1 », explique l’Académie de Corse qui souligne que l’italien ou l’espagnol sont préférables pour les jeunes issus des classes bilingues. Force est de constater qu’en Corse, l’adaptation à la réalité du pays est fortement prise en compte dans l’élaboration des programmes. Le bilinguisme est d’ailleurs une priorité définie dans la convention signée entre l’État et la Collectivité territoriale corse.

M.M.


À l’école primaire en Corse

La langue régionale enseignée dans toutes les classes

Dispositif académique d’enseignement des langues étrangères et régionales dans le premier degré - année scolaire 2006-2007, extraits de la circulaire rectorale de l’Académie de Corse. Son objectif : permettre aux jeunes corses d’acquérir une « langue de communication aisée ».

La loi de janvier 2002 relative à la Corse indique, en son article 7 : « la langue corse est une matière enseignée dans le cadre de l’horaire normal des écoles maternelles et élémentaires de Corse ». La convention Etat-Collectivité territoriale de Corse, signée le 30 octobre 2003, précise : « Un enseignement de trois heures hebdomadaires figure à l’emploi du temps de toutes les classes du premier degré. Les modalités pratiques sont précisées dans le projet d’école ». Par ailleurs, l’enseignement bilingue connaît une forte progression. Enfin, la généralisation de l’enseignement d’une langue étrangère est prévue par les textes nationaux. Il apparaît indispensable d’harmoniser, au plan académique, la mise en œuvre de ces différentes dispositions.

Impérativement trois heures par semaine

L’enseignement de la langue corse doit impérativement être organisé à raison de trois heures hebdomadaires à partir du cycle 1. Sa continuité est garantie durant toute la scolarité. Les modalités concrètes de cet enseignement, définies dans le cadre du projet d’école, sont transmises à l’Inspecteur d’Académie qui les arrête. Ce projet, établi pour trois ans et pouvant faire l’objet d’avenants annuels, indique les horaires et les modalités prévus.
L’objectif visé par cet enseignement est l’acquisition par les élèves d’une langue de communication aisée. Cet enseignement peut être assuré par : le maître de la classe ; un autre maître de l’école dans le cadre d’échanges de services ; exceptionnellement, un intervenant extérieur habilité, en présence du maître et sous sa responsabilité pédagogique.
Les familles feront connaître leur choix en début d’année par les modalités habituelles de correspondance.
A ce dispositif concernant la langue corse vient s’ajouter, à partir du cycle 3, un enseignement "de langue étrangère ou régionale". Dans l’Académie, l’enseignement du corse et celui d’une langue étrangère doivent être offerts tous deux de manière harmonieuse.
L’enseignement des deux langues (langue corse et langue étrangère) doit être au total de 3 heures (enseignement de type "langue objet d’étude"), auxquelles s’ajoutent, à compter du cycle 3, des activités en langue corse à raison de 1h30.

Faciliter l’apprentissage d’autres langues

À compter de la rentrée 2007, les textes nationaux prévoient que l’étude d’une langue vivante étrangère débute en CE1. Il convient ici de prendre en compte la spécificité de l’Académie de Corse. L’enseignement du corse depuis l’Ecole maternelle permet en effet aux élèves un contact précoce avec une langue autre que le français et une gymnastique intellectuelle de nature à faciliter l’apprentissage ultérieur d’autres langues. Ce constat vaut plus encore pour les élèves suivant une filière bilingue, notamment pour l’apprentissage d’une langue étrangère romane (NDLR - espagnol, italien).
Le début d’un enseignement de langue étrangère en CE1, quand les moyens humains le permettent ou dans le cadre de classes à plusieurs niveaux, ne saurait en aucun cas entraîner une diminution de l’horaire de corse, fixé à 3 heures hebdomadaires.
Un effort particulier de soutien à l’enseignement du corse est fait, tant dans le cadre des plans départementaux de formation que dans celui des ateliers de pratique individualisée du corse. Pour lui donner sa pleine efficacité, il est bon que chaque circonscription et chaque école définissent avec précision leurs besoins de formation.


Le corse au collège et au lycée

« Se libérer des stéréotypes et effectuer de vrais choix »

Dans le Secondaire, le Rectorat de Corse met en œuvre une carte des langues dans laquelle le corse tient une large place. Le Rectorat explique que l’information des familles joue un rôle clé. Il s’agit en priorité de penser à l’avenir des jeunes, dans le contexte socio-économique de la Corse.

La carte des langues, dont la mise en place est une obligation dans toute Académie, a pour objet la structuration académique de l’enseignement des langues avec pour objectifs la cohérence dans le suivi des études des élèves, la prise en compte de la diversification et une gestion efficace des moyens.
La logique qui doit y présider est la recherche du suivi inter-cycles, du cycle 1 du premier degré à la Terminale, dans le cadre d’une approche systémique, en particulier par la mise en œuvre d’une politique de bassin. Cela est encore plus vrai en ce qui concerne le suivi des sections méditerranéennes et européennes.
Le maintien des enseignements suppose des effectifs raisonnables. Il est souhaitable que pour une langue donnée, deux écoles au moins approvisionnent un collège, deux collèges au moins nourrissent un lycée.

Informer les familles

L’information des familles est essentielle pour leur permettre de se libérer des stéréotypes et effectuer de vrais choix prenant en compte la motivation réelle des élèves et leur avenir, en termes de citoyenneté et d’emploi, dans le contexte socio-économique de la Corse.
La nécessité d’apprendre l’anglais à un moment de sa formation n’impose nullement qu’il soit la seule langue étudiée dans le Primaire comme en LV1. L’apprentissage d’autres langues est offert en fonction des choix des familles et de l’importance du vivier. Si ces conditions ne sont pas remplies, l’anglais s’impose.
L’apprentissage des langues dans le premier degré constitue désormais un véritable enseignement qui doit trouver son suivi en 6ème. Dans le souci du suivi pédagogique et de l’utilisation rationnelle des moyens, il est souhaitable que la langue commencée dans le Primaire soit suivie en 6ème. L’offre de sections bi-langues au collège peut aider au maintien de la diversité dans le premier degré.

Deux langues pour tous dès la 6ème

L’enseignement du corse doit être, selon la loi, offert à raison de trois heures hebdomadaires dans tous les établissements primaires et son suivi assuré dans tous les collèges puis lycées en option LV2 ou LV3. Sa présence permet d’ores et déjà l’offre de deux langues à tous les élèves dès la 6ème.
L’enseignement bilingue doit être mis en place dans suffisamment de sites du premier degré pour assurer un nombre d’élèves conséquent dans les collèges.
Selon les lycées, le suivi peut prendre la forme de sections européennes ou bilingues. La logique, déjà souvent appliquée dans le premier degré, conduit à préconiser que l’italien ou l’espagnol soient choisis en LV1 par les élèves issus de l’enseignement bilingue.