L’Europe et La Réunion : la fin des illusions
18 juin, parDe la reconnaissance de la spécificité à sa remise en cause : quel avenir pour La Réunion dans l’Union européenne ?
Visite ministérielle (1)
25 octobre 2021, par

La Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, est actuellement à La Réunion. Ce dimanche, elle était reçue par la Maire du chef lieu, Ericka Bareigts, entourée de son conseil municipal.
Un groupe d’artistes d’Ilet Quinquina avait préparé une mise en scène, mêlant histoire du peuplement et musique traditionnelle. Nono, plus connu comme le père du jeune Soan, vainqueur de The Voice, avait collaboré à cette émouvante représentation.
C’était une petite démonstration qu’à Saint-Denis la politique culturelle réunionnaise est très vivante. A travers les équipements et les résidences d’artistes ou encore dans les écoles, avec les activités périscolaires à la pause méridienne et le soir après les cours. La collectivité porte une attention très particulière à ce que les associations culturelles vivent et fassent connaître leur art. La Maire a eu l’occasion de donner plus de précisions, dans le discours d’accueil de la Ministre.
Après cette séquence de démonstration culturelle, la parole était donnée aux artistes pour un moment d’échange en direct avec la Ministre. Le constat est unanime : le maloya, malgré sa reconnaissance au niveau mondial, n’est pas (plus) suffisamment connu ou développé dans notre île. Par exemple, dans les écoles primaires, cette musique n’est pas connue par les enfants et trop souvent reléguée au rang de folklore. De plus la population est désormais noyée dans un bain de musique et de cultures importées dominants. La revendication principale était donc de renforcer le dispositif pour l’instruction du maloya dans les Écoles, ce qui semble tout à fait naturel.
A cette revendication de fond, la ministre a évoqué le « Pass culture », un dispositif gouvernemental, qui devrait se généraliser à tous les élèves à partir de la 4e. Même si cette mesure est louable, on peut regretter qu’il ne commence qu’en 4e, a regretté une chanteuse présente.
En écoutant cet échange, on ne peut s’ empêcher de penser que l’Ecole ne pourra à elle seule jouer ce rôle pour la survie et la transmission du maloya. Il faut bien plus que cela.
Le Parti Communiste Réunionnais, aux côtés des autres Réunionnais engagés (artistes, intellectuels d’ici et d’ailleurs, religieux,…) s’est longtemps battu pour que le Réunionnais soit fier de sa langue, de son histoire et de sa culture. A la fondation du PCR, ces hommes et ces femmes ont posé le principe de l’existence d’un peuple Réunionnais, avec une identité propre. A l’heure où il y a cette reconnaissance et cette acceptation, il est absolument nécessaire d’avoir une structure dédiée qui fasse le lien entre les acteurs culturels, les défenseurs de la langue, les garants de l’histoire et de notre identité, les écoles, le monde populaire…
La MCUR (Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise) avait cette vocation et aujourd’hui nous constatons combien une telle structure manque dans notre pays.
Julie Pontalba
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