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4 juin, parNos peines
Limazinèr, zistoir shëmin
13 octobre 2004

Envahir l’espace publicitaire et remplacer les slogans par de courts poèmes, c’est le concept de Limazinèr depuis 2001. Affiches, dépliants, recueil, mais aussi site internet et kabar sont au programme de cette cinquième édition.
C’est la cinquième édition de Limazinèr. Qui, depuis 2001, développe un concept : envahir l’espace publicitaire et remplacer les slogans par de courts poèmes. Pour les précédentes opérations, des photographes, des plasticiens et des poètes ont été sollicités pour conquérir l’espace public avec leur création.
Cette année, Lerka (espace de recherche et de création en arts actuels) s’est tourné vers la poésie en proposant à 8 poètes de réinterpréter des noms de rues de Saint-Denis. Pour le coordinateur Antoine Duvignaux, passionné de poésie, il s’agit "de donner la possibilité de trouver la poésie dans les endroits les plus différents et de rassembler des écritures poétiques différentes qui témoignent de la richesse et de la variété des approches de chacun".
Le commando rassemble sept auteurs réunionnais, Claire Karm, Barbara Robert, Patrice Treuthardt, Christian Floy Jalma, Francky Lauret, Babou B Jahla, Nicolas Gerodoux et Julien Blaine, poète français d’avant-garde tombé amoureux de La Réunion.
Ils sont donc partis en dérive au hasard des noms de rues de la ville avec pour seul engagement de "tracer un plan de déplacement de la mémoire nous emmenant vers d’insoupçonnés points de vue". Car pour répondre à cette commande de la Ville et de Lerka, chaque fonnkézèr a son approche propre.
Si Babou redécoupe les mots pour multiplier les sens, Nicolas s’est tourné vers les rues du vagabondage de son adolescence. Jalma a voulu dire merci à la rue qui l’a vu naître et aussi faire un clin d’œil à la rue des Sables, ancien lieu de prostitution.
Patrice, lui, s’est emparé de la rue Alain Peters, à Sainte-Clotilde, pour rendre hommage à ce poète sans domicile fixe. Barbara s’est intéressée à la configuration de la rue de l’Abattoir... Un autre relève le patrimoine légendaire et surnaturel de la rue Rontaunay.
Claire Karm a repris entre autres la rue qui donne le titre d’un de ses romans, la Rue d’Après. Julien Blaine est le seul à avoir également utilisé la photo, qu’il considère comme un objet d’écriture, au même titre que son propre corps.
Des démarches variées pour des déambulations de langue, en français ou en créole, qui, avec le soutien de partenariats multiples, vont être dispersées partout dans La Réunion à la double occasion de la semaine créole et de Lire en fête.
Tout au long du mois d’octobre, 30.000 petits dépliants de 8 pages seront diffusés dans une cinquantaine de restaurants grâce à Restocom, qui pourra tenir un décompte précis des lecteurs en fonction du nombre de repas.
Les différentes propositions poétiques sont aussi publiées sous la forme d’un recueil, soigné par l’illustratrice Elsa Lauret et intitulé “Limazinèr, zistoir shëmin”. Le travail de création ne s’arrête pas et s’ouvre même à l’international grâce à l’ouverture d’un site internet. Huit séries de 150 affiches, une pour chaque poète, seront diffusées à partir de la fin de la semaine jusqu’au 25 octobre à travers les 1.200 panneaux du réseau Caféïne. Tous les partenaires sont heureux de faire œuvre de mécénat et d’ouvrir l’espace publicitaire à la création contemporaine.
Eiffel
Site internet : www.limaziner.com
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