“Ou sa ou sava mon fra”, un recueil de textes signé Jean-Claude Legros

La Réunion en passion

17 décembre 2005

Avec “Ou sa ou sava mon fra”, Jean-Claude Legros signe un superbe recueil de textes bourré de poésie et d’amour pour son pays. Il le dédicaçait, vendredi dernier au Port, en présence de nombreux amis.

Vendredi soir au Kabardock Café au Port, l’écrivain Jean-Claude Legros présentait et dédicaçait un recueil de 15 textes, superbement préfacé par Georges-Marie Lépinay qui, non sans humour, les replace dans leur contexte. L’occasion d’un émouvant “plongeon” dans les années 60 et dans cette Réunion qui continue à se faire. Pour en parler encore, Nathalie Legros - la fille de Jean-Claude, eh oui ! - contient difficilement son émotion en évoquant la vie de son père : "Il étudie au Lycée Leconte de Lisle à Saint-Denis, à la Faculté de la Sorbonne à Paris et à l’École nationale des langues orientales. Il cofonde en 1960 à Paris l’Union générale des étudiants créoles de La Réunion (UGECR) et la revue “Le rideau de cannes”. Il côtoie Madoré et il sauvegarde la mémoire vivante du dernier chanteur de rue" ...

Rideau de cannes

On l’aura compris, Jean-Claude Legros a déjà une longue histoire derrière lui, histoire intimement mêlée à celle de La Réunion. “Ou sa ou sava mon fra” réunit des textes écrits entre 1960 et 2005 : “Bois pays”, “Dans nout pays”, “Blues Ti-Quatorze”... À côté des textes inédits et forcément plus récents, d’autres ont été publiés à l’époque dans “Le rideau de cannes”. "Notre moyen d’expression et de liaison de si mauvaise réputation dans les milieux “officiels” et “bien pensants”, ici, certains, toujours bien intentionnés, l’appelant par dérision “Rideau de fumée” ou “Rideau de bambous”", explique Georges-Marie Lépinay qui, pour cette soirée, troquait ses fameuses savates pour des baskets. D’autres textes ont fait l’objet d’une publication dans une autre revue progressiste de l’époque : “Réalités et perspectives réunionnaises”.
Des textes, encore des textes, revisités par Dominique Carrère ou par Patrice Treuthardt, mis en musique par Max Labonté ou Christian Adois, et qui nous transportent dans un passé, ô combien toujours présent.

Jean-Fabrice Nativel


Zenfant Bourbon

Na un peu i sorte Zanzibar
Deux trois i sorte Madagascar
Un peu i sort en Asie
Deux trois i sorte en Normandie
Un peu i sorte en Malaisie
Et comme qui dirait Madoré
Deux trois i sorte dann Fantaisie
Et comme qui dirait Madoré
Un peu zenfant sénégalais
Moin mi sorte dann pays Bourbon
Amoin Zenfant la Réunion

(Extrait d’un poème écrit en 1992)


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